Tags: immigration
Bruce Springsteen chante Ellis Island dans "American Land".
L'histgeobox semble avoir jeté l'ancre sur la côte est des Etats-Unis.
.jpg)
Descendant d'une arrière grand mère italienne qui passa les portes d'Ellis Island en octobre 1900 avec ses 5 enfants, Bruce Sprinsteen rend hommage aux "McNicholas, Posalski's, Smiths, Zerillis" qui ont construit le nouveau monde en s'y installant et en y travaillant, attiré par les perspectives de réussite et d'intégration.
12 millions d'immigrants venus de tous les coins du vieux continent passeront par cette petite île au large de Manhattan, veillée par la Statue de la Liberté, entre 1892 et 1954. Pour en savoir davantage rendez-vous sur l'histgeobox !
"Immigrants", 13 récits d'immigrations.
Vous découvrirez bientôt chez votre libraire cette bande dessinée poignante qui, par des regards croisés de témoins, d'illustrateurs et d'historiens, donne un éclairage humain autant que scientifique sur l'immigration.
Pourquoi plus humain que d'autres ? En raison de l'appel aux témoins dont les paroles furent recueillies par Christophe Dabitch, et aussi du replacement dans le temps long de l'histoire des phénomènes migratoires. La démarche permet ainsi de sortir le sujet du schéma auquel il est trop souvent réduit (eux/nous, adhésion/expulsion), sans parler des amalgames et vocables utilisés à des fins politiciennes. Un volume qui met des noms et des visages là où d'autres gèrent des lignes de fichiers et des places de charters.

Placée sous le haut patronnage de Gérard Noiriel et Etienne Davodeau, entre autres, cette bande dessinée polyphonique alterne un encart historique avec des témoignages d'immigrants légaux ou illégaux, demandeurs d'asile, fils de migrants. Un point scientifique s'insère à un rythme régulier, entre les trajectoires individuelles retraçant l'apport de l'immigration à la France, évoquant ces anonymes qui ont participé à l'essor économique de notre pays, ou faisant une place particulière aux femmes migrantes. Il y est aussi question des stéréotypes relatifs aux migrants asiatiques, ou des relations entre sport et migrations, ou immigration et colonisation.
Vous entendrez ces voix captées par Christophe Dabitch : celle d'Hélène qui a fui la République Démocratique du Congo, celle de Misa, le Rom, qui vit aujourd'hui définitivement en France ou celles de Jamshid l'iranien et d'Embie le Gambien, ancien ministre dans son pays, devenu veilleur de nuit dans un hôtel parisien.
Il y a aussi Naïma qui a rompu avec sa famille après avoir grandi en France et s'être étourdie dans sa littérature. Et Anna, l'Uruguyenne, dont le voisin raciste abandonne ses préjugés en partageant avec elle son intérêt pour la course à pied.
Antoine parle de sa grand-mère, N'Guyen, qui lui sauva la vie au Laos. Un fils raconte Renato, son père portugais qui a fui la dictature et a mené une vie de labeur en France.
Et enfin on écoute Günesh et Buket, kurdes de Turquie, raconter leur épopée vers la France et Hamid, fils de migrant marocain qui a trouvé dans ses activités syndicales au prud'hommes un chemin vers l'émancipation.
On peut goûter de façon différente aux qualités graphiques du volume, et y trouver un intérêt certain à parcourrir les différentes contributions scientifiques. Mais au delà de ces arguments non négligeables, ce sont les témoignages qui apportent l'épaisseur nécessaire à cette production. Elle devient alors, adosséé au triptyque dessin/analyse/témoignage, plus qu'une bande dessinée : une oeuvre militante.
Danyel Waro chante pour les enfants de l'exil.

Entre 1963 et 1982, la D.D.A.S.S. (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) de la Réunion transféra 1 600 enfants en métropole. Ces enfants, abandonnés ou retirés à leurs parents furent arrachés à leur milieu pour être confiés, 9 000 km plus loin, à des familles de régions rurales du Massif Central (principalement en Creuse) ainsi qu'à des orphelinats et autres centres éducatifs. Longtemps, une chape de plomb recouvrit ce transfert. Retour sur cet exil douloureux avec Danyel Waro.
3 films sinon rien !
La Vague, un film choc

On ne sort pas indemne de ce film. Il nous offre un rappel salutaire : la démocratie est le résultat d'un travail de construction permanente et est sans cesse en danger. C'est sans doute l'essentiel du message transmis par l'histoire. De quoi s'agit-il ?
Un professeur plutôt anarchiste dans ses idées comme son mode de vie est chargé par sa direction de traiter pendant toute une semaine du thème de l'autocratie. Malgré sa réticence initiale, il prend le sujet à bras le corps et décide de faire à ses élèves une démonstration par l'absurde. Pour cela, il met en pratique dans la classe certains principes comme la discipline, la solidarité du groupe, la cohésion qui passe parfois par l'exclusion ou la stigmatisation de ceux qui ne se conforment pas aux règles communes. Bien sûr, les élèves semblent tomber un peu naïvement dans le panneau, mais le mérite du film est de montrer comment ce groupe solidaire offre des repères aux plus paumés et un exutoire aux frustrations des adolescents. En analysant le processus de construction du mouvement de la vague (Die Welle), Dennis Gansel nous permet de mieux comprendre comment des circonstances historiques ont permis l'arrivée au pouvoir de régimes totalitaires. Les dialogues entre les jeunes pourraient avoir lieu dans n'importe quel pays pour l'essentiel. Il y a cependant des discussions intéressantes sur la possibilité du retour du nazisme en Allemagne et sur le poids de la responsabilité des générations actuelles dans les crimes du IIIème Reich.
Je ne vous raconte pas la suite pour ne rien gâcher et vous incite fortement à aller voir le film. Précisons qu'il est inspiré d'une expérience menée en 1967 en Californie par un professeur d'histoire. Un roman de Ted Strasser, publié en 1981, a relaté l'expérience. L'histoire est également disponible en BD (illustrée par Stefani Kampmann).Le livre et la BD sont publiés chez JC Gawsewitch éditeur, ou en poche chez Pocket.
En savoir plus ici (infos, dossier de presse) et sur le blog Zéro de conduite.
Welcome, bienvenu ?
Aucun lien avec le film précédent ? Pas si sûr.... Une polémique a d'ailleurs opposé le nouveau ministre de l'immigration Eric Besson et le réalisateur Philippe Lioret sur le parallèle établi par ce dernier entre la situation des Juifs sous l'occupation et celle des clandestins en transit vers le Royaume-Uni dans la ville de Calais. L'histoire : Un jeune kurde irakien de 17 ans (superbement interprété par Firat Ayverdi) tente de passer en Angleterre pour rejoindre la fille qu'il aime. Il est décidé à traverser la Manche à la nage. Pour cela, il prend des leçons auprès d'un maître-nageur de Calais interprété par Vincent Lindon qui se prend de sympathie pour lui. Le mérite du film est de nous rendre concrêt et humain ce que les journaux télévisés évoquent périodiquement. Pas de chiffres mais les histoires personnelles bouleversantes de ces parias des temps modernes que sont les migrants, refoulés des magasins, causant des ennuis judiciaires à tous ceux qui tentent de les aider au nom de la solidarité humaine la plus élémentaire. Je ne sais pas si ce film peut changer quelque chose au débat français sur l'immigration, mais il apporte sa contribution et elle me semble fondamentale. Vincent Lindon, d'ordinaire assez peu engagé, a dit avoir été personnellement choqué par ces lois qui condamnent tous ceux qui tentent d'aider les migrants. Espérons qu'il en sera de même pour beaucoup d'autres.
En savoir plus sur le blog zéro de conduite.
Les Trois Royaumes, dans la Chine du IIIème siècle
Tout autre style avec le film de John Woo inspiré d'un classique chinois du XIV ème siècle écrit par Luo Guanzhong. L'histoire (d'après le site du film) :
"En 208 de notre ère, l'Empereur Han Xiandi règne sur la Chine pourtant divisée en trois royaumes rivaux [Wei, Shu et Wu]. L'ambitieux Premier Ministre Cao Cao rpeve de s'installer sur le trône d'un empire unifié, et se sert de Han Xiandi pour mener une guerre sans merci contre Shu, le royaume du Sud-Ouest dirigé par l'oncle de l'Empereur Liu Bei. Celui-ci dépêche Zhuge Liang, son conseiller militaire, comme émissaire au royaume de Wu pour tenter de convaincre le roi Sun Quan d'unir leurs forces. A Wu, Zhuge Liang rencontre le Vice-Roi Zhou Yu, celui-ci est marié à la belle Xiao Qiao, également convoitée par Cao Cao... Très vite, les deux hommes deviennent amis et concluent une alliance. Furieux d'apprendre que les deux royaumes se sont alliés, Cao Cao envoie une force de 800 000 hommes et 2000 bâteaux pour les écraser. L'armée campe dans la forêt du corbeau, de l'autre côté du fleuve Yangtzé, dans le camp de la falaise rouge, sont installés les alliés. Face à l'écrasante supériorité de Cao Cao, le combat semble joué d'avance, mais Zhou Yu et Zhuge Liang ne sont pas décidés à se laisser faire."

[Les Trois royaumes, source]
C'est un film de guerriers mélomanes, capables des pires violences dans la journée puis de conter fleurette à leur épouse le soir venu. Quelques acteurs sortent du lot comme le japonais Takeshi Kaneshiro et le remarquable Tony Leung, l'une des plus belles gueules du cinéma asiatique. Il figure toujours en bonne place dans les films de Wong Kar-Waï. Je vous en avais parlé pour son rôle dans le passionnant Lust Caution qui se déroulait pendant la Seconde Guerre mondiale à Shanghaï.
Deux scènes mémorables, celle où deux des guerriers font une sorte de "boeuf" en jouant sur des instruments à cordes de l'époque. On a l'impression d'entendre deux bluesmen du delta du Mississippi... Et puis une partie de ballon assez étrange, un sport qui ressemble un peu à du football mais avec plusieurs buts.
Vous pouvez prolonger par la lecture du livre (chez plusieurs éditeurs) ou des différents manhuas et mangas qu'il a inspiré :
- Li Zhiqing, Les trois Royaumes, Toki, 2008 (5 tomes parus en français). Un manhua chinois.
- Buronson et Ryōichi Ikegami, Lord, Pika éditions, 2008 (5 tomes parus en français). Une vision japonaise.
J'aime bien-Avril '09 (Augmix # 8)
Le rap doit beaucoup à la Jamaïque. Certains pionniers du genre, à l'image de DJ Kool Herc, étaient originaires de l'île. Le toasting a ainsi influencé le mceeing naissant dans le Bronx des Block Parties dans les années 1970. En dehors de New York, l'autre ville mondiale où réside une forte communauté jamaïcaine, c'est bien sûr Londres. Rappelons que l'île fut une colonie britannique jusqu'en 1962. C'est dans l'East End de Londres qu'a grandi Roots Manuva, britannique d'origine jamaïcaine. Son rap, en même temps qu'il a un fort accent cockney (celui de l'est londonien avec son propre slang), résonne des sonorités de Kingston, à commencer par le dub et le reggae. Je vous ai choisi deux titres de l'album Slime & Reason, "Again & Again & Again" en version instrumentale. Vous pouvez regarder le clip rien que pour voir Roots Manuva s'essayer au cricket, sans doute l'impact le plus durable de la colonisation britannique (songez à la place de ce sport en Asie du Sud comme dans les West Indies). Voici surtout le très envoutant et très mystique "Let The Spirit" :- Dans la série "chansons sur la crise", voici "Une époque formidable" de Ysae Feat. Anis. Bon, le titre n'est pas formidable, mais j'aime beaucoup le clip, une sorte de collage d'images d'archives du début du XXème siècle à aujourd'hui :
- Positive Black Soul est un groupe formé à la fin des années 1980 par deux MC Sénégalais rivaux, Didier Awadi et Doug E Tee Tee. Ils élaborent un rap africain conscient et qui devient très populaire à l'image du titre "Boul Falé". Une biographie sur RFi musique.
- Dans les années 1990, alors que Los Angeles devient la capitale mondiale du Gangsta Rap (promis je vous en parle bientôt dans le prochain épisode de la petite histoire du rap), plusieurs groupes développent un son particulier à Oakland, la ville des Black Panthers. C'est le cas de The Coup, groupe très politique proche du marxisme. Voici un extrait de leur album Pick A Bigger Weapon sorti en 2006. En 2001, le groupe avait dû modifier la pochette de son album Party Music, celle-ci, imaginée avant les attentats du 11 septembre, devait en effet montrer une explosion des tours du World Trade Center...
Savez-vous ce que des policiers ont trouvé comme technique pour empêcher des manifestants de trouver le sommeil ? De la musique pardi ! Il s'agissait de camper pendant une semaine pour protester contre la construction d'une centrale à charbon l'été dernier. Parmi d'autres musiques comme les Walkyries de Wagner, les policiers britanniques, pleins d'imagination et d'humour, ont diffusé abondamment la nuit avec des parleurs le morceau des Clash "I fought The Law" dont les paroles disent à peu près ceci : "J'ai combattu la loi et la loi a gagné"... En cherchant les paroles de cette chanson sur le net, je suis tombé sur une autre chanson très intéressante des Clash : "Washington Bullets". Julien vous en parle en détail sur l'histgeobox.- Vous avez sans doute remarqué le nombre important de films consacrés à l'immigration, notamment Welcome ou Eden à l'Ouest de Costa-Gavras. Du côté de la chanson, je suis tombé sous le charme de "Bien mérité" de Clarika, qui fait partie de son dernier album Moi en mieux. C'est frais et insolent à souhait. Les paroles sonnent tellement justes que les bras nous en tombent... "T'avais qu'à naître en France" ou "T'avais qu'à tomber du bon côté de la mappemonde, ben ouais !". Le clip est pas mal ficelé.
- Je vous avais déjà sélectionné "Je chante la France" de Roçé, mais je vous la fait réécouter rien que pour entendre cette punchline :
- Direction le Moyen Orient avec Y.A.S. Il s'agit d'un duo électro-arabe composé du producteur d'origine afghane et italienne Mirwais et de la chanteuse libanaise Yasmine Hamdan. Lui a déjà travaillé avec Madonna. au programme, sonorités électro et musiques arabes. Un cocktail plein de pépites à découvrir.Plus d'infos sur Libé next.
-
Oxmo Puccino n'a pas son pareil pour raconter des histoires. Je n'ai pas encore eu l'occasion d'écouter son album L'arme de paix tout juste sorti en dehors de la chanson "365 jours". Par contre je viens de découvrir avec émerveillement l'album Lipopette Bar (sur le label mythique Blue Note). Tout l'album est un régal. Les sonorités très jazz grâce aux Jazzbastards, la voix d'Oxmo et ses paroles nous berçant au fil de l'histoire. Car tout l'album est une histoire, une sorte de polar où l'on croise belles pépés, flingues, malettes et parties de poker. J'adore cet album ! Pour vous mettre dans l'ambiance, allez voir le site. - J'ai pris comme un coup de poing dans le plexus le dernier titre de Kery James "Le retour du rap français". Il est à l'image du rappeur du 94, génial et ambigü... Il nous livre une sorte de rap d'anticipation, imaginant le futur de cette musique, entre tendances gangsta et surveilance policière. A l'image de Médine, on y croise quelques figures du rap conscient dont se réclame Kery. Le titre fait partie de son nouvel album Réel à paraître très prochainement, un an à peine après le succès d'A l'ombre du Showbusiness.
Voici donc ma playlist à écouter :
Découvrez Roots Manuva!





16.11.10 21:23:55, 
Musique et cultures dans le Monde - magazine, actualités, artistes, mp3, agenda, forum || Le Grand Mix de la Planète
Commentaires récents