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"Les chroniques de Jérusalem" de Guy Delisle.

par vservat Email

L'annonce de la parution de nouvelles chroniques de Guy Delisle est toujours synonyme de grande excitation (autant que quand approche le Tour de France pour Blot, à dire vrai). Ce dessinateur québéquois, issu du monde de l'animation, suit depuis plusieurs années sa compagne qui intervient aux 4 coins de la planète humanitaire en tant que volontaire pour l'ONG Médecins Sans Frontières. Après Shenzhen en Chine  et Pyongyang en Corée du Nord, vinrent en 2007 les "Chroniques Birmanes".

 

Cette année, Guy Delisle pose avec sa femme, son fils et sa fille, ses valises pour une année à Jérusalem-Est, partie arabe de la ville de tous les dangers. Et là l'excitation n'en est que décuplée car chacun, en se procurant cette dernière livraison, se demande comment cet auteur aussi truculent que clairvoyant dans ses façons de croquer des situations humanitaires et géopolitiques vives va s'en sortir avec Jérusalem. La réponse est : mieux que tout à fait bien, merci, c'est, sans doute, son meilleur volume à ce jour.

 

 

Guy Delisle parviendrait presque à nous faire croire qu'il est totalement naïf dans cette affaire, mais on sent qu'il a l'oeil et l'esprit aiguisés sur l'analyse de situations internationales tendues, voire inextricables, qu'il questionne de façon souvent inattendue. Il arrive aussi bien à rendre le dramatique de certaines situations (l'expulsion des arabes par les colons), que leur côté totalement suréalistes (le père de famille qui se promène armé de son fusil dans le dos au Zoo, tout en poussant son gamin dans son landau).

 

Capable en quelques pages de restituer l'insupportable tension des checkpoints ou des contrôles à l'aéroport, de saisir la paranoïa ambiante autour du Mur, ou de traduire l'absurdité de certaines situations nées des préjugés et de l'invasion du religieux dans l'espace public, Guy Delisle dépeint aussi toute la complexité et la variété du territoire dans lequel il séjourne. Animé d'une insatiable curiosité et d'une générosité évidente, il parvient aussi bien à s'infilter dans  Mea Shaerim, le quartier ultra orthodoxe de Jérusalem, qu'à Tel Aviv, capitale moderne et progressiste de l'état tout en nous promenant, comme un bon guide touristique dans tous les lieux saints de la ville, rendant compte de son épaisseur historique, sans se départir d'un humour salutaire face aux diverses tracasseries qui font le quotidien d'un territoire en tension permanente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soucieux de ne pas s'enfermer dans des schémas pré-établis il refait plusieurs fois le même parcours, (à Hébron par exemple, une fois avec les partisans des colons, l'autre fois avec d'ancien soldats qui devenus de l'organisation "Breaking The silence"), explore aussi bien  les traditions religieuses juives que les territoires palestiniens,  le tout avec quelques cartes rendues très lisibles en raison de leur simplification en croquis. A l'humanitaire et aux questionnements géopolitiques se mêle le quotidien d'un père de famille un peu débordé qui navigue assez facilement dans le milieu des expatriés, des ONG, ce qui insère des moments de légèreté dans ses chroniques. La partie centrale du livre s'arrête assez longuement sur l'opération "plomb durci" que l'auteur met en images. Lancée en décembre 2008 au motif de stopper les tirs de roquettes lancées depuis Gaza, elle consiste en une série de frappes aériennes menées par Tsahal (armée israëlienne) contre ce territoire enclavé au sud du pays qui se solde par 1400 morts. On comprend alors avec quelle rapidité les tensions peuvent s'exacerber et la situation s'envenimer en une escalade aussi incontrôlable qu'effrayante. 

 

 

 

 

En attendant la prochaine destination, faites un tour chez votre meilleur libraire et achetez lui un aller pour Jérusalem, façon chroniques de Guy Delisle, cela contribuera à renouveler passablement votre regard sur ces sacrés lieux.

 

 

 

"Juger Eichmann" : exposition au mémorial de la Shoah de Paris

par vservat Email

Pas facile de réouvrir le dossier Eichmann après le travail d'autorité d'Hannah Arendt qui semblait constituer un horizon indépassable sur le sujet si bien que l'idée de "banalité du mal" est aujourd'hui quasi indéfectiblement attachée à cet autre Adolf. Pourtant, depuis plusieurs années les travaux de la recherche historique autour d'Eichmann, de sa personnalité, de son procès ou de ce qui y fit date légitiment, sans renier le travail d'Arendt ,de nouveaux regards et analyses qui rendent celles de la grande philosophe un peu datées (en France elles sont traduites depuis 1966, bien que parues en 1963). De ce fait l'exposition "Juger Eichmann" est l'occasion d'éclairer de nouvelles façons le dossier et de nuancer quelque peu, ce que les travaux d'Arendt avaient durablement installé dans le paysage.

 

 

Le dossier Eichmann.

 

Adolf Eichmann est né en 1906, il grandit en Autriche et revient en Allemagne en 1933 après avoir perdu son emploi au sein d'une compagnie pétrolière. Il fréquente très tôt des organisations de jeunesse d'extrême droite, antisémites et anti communistes, sans leur trouver en Autriche, ni la poigne, ni la force d'attraction du NSDAP (1). Il intègre la S.D.(2) en 1933, s'installe à Berlin, là où est localisé le siège de l'organisation  sous la férule de Reinhard Heydrich (3). Il y rencontre celui qui deviendra son mentor L. Elder von Middlestein, qui dirige la section juive de la SD. Il s'immerge alors complètement dans les théories raciales du nazisme, il en épouse totalement l'idéologie antisémite et nationaliste

 

 

De 1933 à 1938, Eichmann est encore un travailleur de l'ombre au sein de la SD. Il peaufine sa connaissance de l'histoire et de la société juives. Il effectue un voyage éclair en Palestine au cours de ces années. Considéré comme expert sur le sujet, il participe pleinement à cette phase de la politique nazie qui consiste à vouloir "résoudre le problème juif en Europe" par l'émigration des populations concernées hors du Reich. Affecté à Vienne en 1938, son travail est remarqué; il parvient, en effet à faire quitter l'Autriche à 150 000 Juifs en l'espace de quelques mois. Il revient en Allemagne après la nuit de Cristal (9/10 novembre 38), précédé d'une réputation de grande efficacité et paré du titre d'Oberstrurmführer. Sa carrière prend alors un tour nouveau puisque d'une part, avec la guerre, la politique d'émigration n'est plus à l'ordre du jour, et d'autre part l'ancienne SD fusionne avec la gestapo et la Kriminalpolizei dans un nouvel et gigantesque appareil : l'office central de sécurité du Reich, (RSHA). Eichmann dirige la section IVB4 chargé du sort des populations juives vivant sous la dominaition nazie. C'est là qu'il élabore le projet "Madagascar" (sans lendemains) visant à la déportation de 4 millions de Juifs vers cette île, au cours de l'été 1940.

 

 

Le cours de la guerre modifie alors grandement la donne. Depuis septembre 39, la population juive passée sous le contrôle du Reich s'est considérablement accrue. La Pologne, la Belgique, les Pays-Bas, une partie de la France sont, notamment, passées sous domination nazie. Le déclenchement de l'opération barberousse contre l'URSS en juin 41, nécessite de réévaluer la gestion initialement définie par les nazis du "problème juif". Alors que la Shoah par balle (4) expérimentée à l'est de la Pologne, constitue un premier pas vers l'extermination de masse, Eichmann assiste à Chelmno à des expériences de tuerie par le gaz au cours de l'hiver 41-42. En janvier, se tient la conférence de Wansee, qui dessine la "solution finale au problème juif en Europe". Eichmann est au coeur du dispositif, en tant qu'organisateur de la réunion d'abord, puis comme gestionnaire, organisateur, coordonnateur des décisions qu'elle implique. Pour résumer l'efficacité de l'entreprise on reprendra cette donnée "à la mi mai 42, 80% des victimes [désignées, donc juives] sont encore en vie ;  un an plus tard, la proportion s'est inversé" (5). Au cours de cette période, Eichmann supervise la déportation des Juifs du Reich, de France, des Pays Bas, de la Tchécoslovaquie ou encore de la Grèce et de l'Italie. Il y ajoutera en mars 44, la déportation des 437 000 juifs hongrois qui rejoindront les centres de mise à mort de Pologne ou leurs frères les ont précédés  : Treblinka, Sobibor, Auschwitz-Birkenau, Belzec, Chelmö, Majdanek. 

 

 

 

Monument commémoratif dans la cour du mémorial de la Shoah.

[photo vservat, mémorial de la Shoah]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le procès Eichmann : Jérusalem 1961. 

 

Eichmann quitte l'Europe pour l'Argentine après quelques années de clandestinité en Allemagne, puis en Italie, en 1950. Il y réside sous la fausse identité de Ricardo Klément. Il est enlevé en plein Buenos Aires par des agents des services secrets israeliens (MOSSAD), informés par une famille juive vivant dans la capitale, en  mai1960. Constitué de 8 rescapés du génocide, ce commando se saisit d'Eichmann/Klement, lui fait subir un interrogatoire rapide : Klement reconnait qu'il est Eichmann, il est exfiltré vers Israël par avion de la compagnie nationale El Al quelques jours plus tard, totalement drogué et se réveille en Israël.

 

Le procès s'ouvre le 11 avril 1961 dans la salle Beit Haam, la maison du peuple, à Jérusalem, après 1 an ou presque consacré à la recherche et la compilation de documents servant au procès par une unité de la police israelienne spécifiquement chargée de sa préparation. Avner Less, commissaire de police, interroge Eichmann, enregistre ses dépositions au magnétophone, l'accusé, ensuite, en contresigne les transcriptions, y apportant parfois des corrections. 

 

 

 

La transcription des interrogatoires d'Avner Less, corrigés, annotés et contresignés par Eichmann lors de la prépartion du procès. 

[photo vservat, mémorial de la Shoah]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le procès nécessite une organisation gigantesque puisque quelques 110 témoins doivent passer devant la barre. 450 places sont réservées à la presse, pour laquelle on met également à disposition une grande salle de presse en sous sol. Il faut également des places  pour les diplomates, les survivants, les représentants d'associations etc. Eichmann "bénéficie" d'un dispositif de sécurité exceptionnel permettant d'éviter qu'il puisse se soustraire à la justice suite à une agression : il est installé dans une cage de verre pare-balles construite pour l'occasion. C'est de là qu'il répondra des chefs d'accusation de "crime de guerre", "crime de génocide" et "crime contre l'humanité" (6) assisté de son avocat R. Servatius, sous la présidence de 3 juges M. Landau, Y. Halevi et Y. Raveh sous l'oeil des caméras de Léo Hurwitz, peu nombreuses mais judicieusement placées (1 derrière la cage de verre, 1 dans l'axe d'Eichmann, 1 à gauche du balcon et une au fond de la salle). Alors que le télé n'existe pas encore en Israël, Hurwitz filme le face-à-face pour l'histoire des victimes-témoins et de leur bourreau. Le procès Eichmann fut le "procès de la Shoah" (6), médiatisé, offrant la parole aux témoins dans une libération parfois douloureuse (l'écrivain Ka-tzenitk évoquant la "planète Auschwitz" pour tenter de formuler l'indicible s'évanouit en pleine salle d'audience). Il se clôt le 15 décembre 1961. Eichmann est condamné à mort, verdict qui lui est confirmé suite à son appel en mars 62, puis après son vain recours en grâce auprès du président de l'état d'Israël en mai 62. Il est pendu le 1er juin 1962 dans la cour de sa prison. Son corps brûlé, l'état d'Israel respecta le voeu d'Eichmann que ses cendres soient dispersées en Méditerranée, mais elles le furent au-delà des eaux territoirales de d'Israël.

 

 

 

 

Adolf Eichmann durant son procès, enfermé dans sa cage de verre.

[photo vservat, mémorial de la Shoah] 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le renouveau historiographique et l'exposition "Juger Eichmann".

 

Pourquoi aujourd'hui consacrer une exposition au procès Eichmann? La principale raison est sans doute de pouvoir rendre compte des avancées historiographiques récentes, importantes et issues de sources jusqu'alors inexploitées auprès du grand public. L'image de cet homme banal au service d'une machine qui ne semblait pas se rendre "compte de ce qu'il faisait" (8) est aujourd'hui datée. D'autant plus, il faut le rappeler, qu'Arendt en 1961, n'a assité que très peu de temps au procès (3 jours) avant de rentrer aux Etats-Unis, si bien qu'elle ne vit pas la confrontation témoin/bourreau, et porta de ce fait, un regard déformé sur l'homme, le procès et sa portée. 

 

 

Mais ce n'est pas tout. D'abord depuis les travaux d'Arendt, il y a eu ceux de Raoul Hilberg dans les années 70, et les suites du procès Eichmann ont fait entrer l'historiographie de la Shoah dans "l'ère du témoin". Les champs de la recherche historiques se sont ouverts sur de multiples aspects de l'histoire du génocide : des travaux de Browning à ceux du père Desbois sur la Shoah par balle, ou la somme de Friedlander par exemple plus récemment. 

 

Dans le cas Eichmann, en particulier, de nouvelles sources sont aujourd'hui exploitées et déplacent sensiblement la focale jusqu'alors fixée soit dans le sillage d'Arendt, soit dans la parole des témoin. Il est désormais possible de  la poser  sur l'accusé Eichmann et l'homme. En la matière, des matériaux abondants et riches sont entrain d'être étudiés dans le cadre de recherches de l'IHTP (Institut pour l'Histoire du Temps présent) . Aux travaux déjà publiés de D. Cesarini, pour ne citer que le plus célèbre des biographes d'Eichmann, viennent aussi s'ajouter des publications très récentes tel le livre de la philosophe allemande B. Stangneth intitulé "Eichmann avant Jérusalem". Ces travaux s'appuient sur des écrits d'Eichmann abondants, riches, et parfois totalement inédits qui datent soit de son exil argentin, et plus étonnant et crucial encore, du temps du procès. En effet , A. Eichmann a laissé dans son sillage quantité d'écrits, de notes et d'entretiens, de lettres (dont une adressée au chancelier Adenauer) en véritable "gratte papier", animé de la volonté de laisser pour la postérité une image positive, de soutenir le projet nazi tout en se soustrayant lui-même à ses responsabilités en tant qu'acteur de ce projet. Alors que B. Stangneth élabore ses travaux à partir des écrits d'Eichmann en Argentine (l'équivalent 8000 pages de rédaction diverses durant cette période) F. Théofilakis travaille sur le fond Servatius, les notes, billets et pages écrites par Eichmann pendant le procès même. Sur ces notes, Eichmann, en terrain hostile émet des réponses, des justifications, des contestations voire réécrit les faits relatés par les témoins. Découvert en février  2011,  le fond, une fois exploité risque de donner naissance à des conclusions nouvelles et des travaux qui vont considérablement rafraîchir l'historiographie sur la question. Comme le dit F. Théofilakis, ces documents vont permettre de connaître le chainon manquant entre "le Eichmann argentin et celui de la cage de verre".

 

 

 

Ecrits argentins d'Eichmann entre 53 et 56 :  "Mise au point concernant les "questions juives et les actions du national socialiste-allemand en vue d'une solution à cet ensemble durant les années 1933 et 1945".

[photo vservat, mémorial de la Shoah]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ecrits d'Eichmann en Israël à l'occasion de son procès en 1961.

[photo vservat, mémorial de la Shoah]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au mémorial de la Shoah, dans cette courte mais riche exposition, il est à la fois rappelé par une grande frise les principaux travaux des historiens sur la Shoah et les grandes lignes du procès (en chiffres, en images, sa portée, les témoins etc). Il est aussi possible de visionnier différents extraits du procès filmé par les caméras d'Hurwitz. Mais le clou de la visite, ce sont ces multiples documents, écrits avec application par Eichmann qui sont donnés à voir  ;  certains, à l'image de cet organnigramme alambiqué de la bureaucratie nazie  tracé de mémoire en 1961 par l'homme de la cage de verre, étant tout à fait subjugants et édifiants.

 

 

 

 organnigramme du RSHA restitué de mémoire par Eichmann en 1961. [photo vservat, mémorial de la Shoah] 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie :

L'histoire n° 362, mars 2011, "Eichmann , le procès" (dossier)

A. Wieworka , "L'ère du témoin", hachette pluriel, 2002.

H. Harrendt, "Eichmann à Jérusalem", Folio histoire, 1997

D. Cesarini, "Adolf Eichmann", Tallandier 2010

Notes sur la conférence de B. Stangneth, H. Rousso et F. Théofilakis, au mémorial de la Shoah dans le cadre de l'exposition "Juger Eichmann", 15/03/2011.

Dossier de presse de l'exposition "Juger Eichmann" éciter par le Mémorial de la Shoah.

L'exposition se tient jusqu'au 28/09/2011.

Pour plus de renseignements sur le site du Mémorial.

 

Notes :

(1) sigle du parti nazi.

(2) service de sécurité du parti nazi.

(3) Reinhard Heydrich dirige le service de sécurité du Reich qui deveindra le RSHA, il prépare la solution finale, il est assassiné par un commando de 3 résistants tchèques le 4 juin 42. Le terme Aktion Reinhard est une des terminologies euphémisantes utilisées par les nazis pour désigner l'extermination des Juifs d'Europe, en hamooagne à l'un des plus précieux représentants de leurs rangs.

(4) Il s'agit d'opérations de tueries massives contre les populations juives d'Ukraine notamment à l'arrière de l'avancée de l'armée allemande dans le cadre de l'opération Barberousse. Elles sont menées par des unités mobiles de tuerie (Einsatzgruppen). On estime le bilan des tueries à plus d'1 million de victimes, sachant que le massacre le plus meurtrier s'effectua à Babi-Yar (Ukraine) en septembre 41 où 33 000 Juifs osnt exécutés. Sur ce sujet, lire C. Browning "Des hommes ordinaires", 1994. 

(5) "Qui a décidé le génocide et quand ? " l'Histoire n°362, mars 2011.

(6) en fait il y a quinze chefs d'accusation concernant des Juifs d'Europe (meutres, déportation spoliation), des noin juifs (déportation), et l'appartenance à des organisations jugées criminelles à Nuremberg (SD, SS, Gestapo). 

(7) A. Wieworka, in l'Histoire n°362

(8) H. Arendt," Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal", Quarto 2002.

Le jeu des hirondelles, une BD sur Beyrouth en guerre et bien plus encore

par died Email

BEYROUTH, 1984

C'est un peu dans la lignée de Persepolis de Marjane Satrapi que Zeina Abirached a publié en 2007, son magnifique album, Le jeu des hirondelles, mourir, partir, revenir. Le parallèle est bien sûr trop évident entre ces deux femmes : elles dessinent en N/B, une BD sur la guerre et le Moyen-Orient. Pour autant, il me semble que sur la forme et le dessin, il y a bien des différences que nous allons essayer de mettre en exergue ici.


Le point de départ de cette BD est un reportage télévisé datant de 1984 consultable sur le site de l'INA où l'auteur, Zeina Abirached reconnaît sa grand-mère interviewée par un journaliste où elle dit :

" Vous savez, je pense qu'on est quand même, peut-être, plus ou moins, en sécurité, ici". Au moment, où elle prononce ces mots, on entend des déflagrations de mitraillettes.

"Ici", c'est en fait à Beyrouth pendant la guerre civile (1975-1990), il n'est pas question de présenter l'histoire très complexe du Liban. Rappelons, de manière très synthétique que le Liban est un ancien protectorat français et que depuis longtemps, il existe une communauté francophone importante. Indépendant en 1926, le Liban est un Etat où cohabitent principalement quatre communautés : les Chrétiens maronites, les musulmans sunnites, les chiites et les Druzes (musulmans hétérodoxes) qui vont se déchirer pendant quinze longues années. La présence de camps palestiniens et l'intervention des deux grands pays voisins (la Syrie et Israël) n'ont pas arrangé la situation.

 

Le récit de cette BD propose telle une tragédie classique, une unité de lieu et une unité de temps : le lieu est l'appartement à Beyrouth dans lequel, un soir, une petite fille et sa famille attendent le retour de leurs parents partis rendre visite aux grands-parents.

 

L'intérêt de cette BD est de décrire le quotidien d'une ville en guerre dans les années 80, le bruit des bombes, les difficultés quotidiennes (l'absence d'eau courante et de nourriture par exemple), la peur, l'attente, la destruction....
Sans jamais entrer dans le conflit, il se dégage au fil des pages, une universalité du quotidien des civils subissant la guerre qui nous amène à partager et à deviner de l'intérieur d'un appartement ce conflit sans jamais le représenter réellement.


 

 

Si le récit est une sorte de chronique, un peu à la Anne Franck.....la forme en est bien différente : Abirached prend le parti d'une stylisation du dessin : les personnages sont assez naïfs, avec une touche rétro dans leurs traits et des formes simples et géométriques (la chevelure des personnages est particulièrement stylisée). Elle utilise et abuse du noir qui est omniprésent sur les pages et surtout elle multiplie les effets visuels narratifs par des zooms, des gros plans d'objets, des répétitions ....on en arrive parfois à se rapprocher de l'abstraction par le biais de formes géométriques.....un vrai jeu visuel...


En cherchant à comparer, le style de ces personnages....J'ai enfin trouvé une comparaison (qui vaut ce qu'elle vaut) : les personnages me font, en effet, penser au générique d'une vieille émission des années 70 : histoire sans parole....dont voici un extrait.... hélas, je n'ai pas réussi à mettre la main sur le nom du dessinateur.



 

Enfin, je n'ai pas résisté à la mise en illustration de la tirade la plus célèbre de Cyrano...

 
Ainsi Zeina Abirached réussit à nous raconter une histoire avec beaucoup de poésie et de naïveté feinte qui dépeint de l'intérieur le conflit inextricable du Liban comme pour en exhorter tous ses vieux fantômes. D'ailleurs, elle a poursuivi dans ce sens en publiant également : Je me souviens, (Beyrouth) Catharsis et 38 rue Youssef Semaani qui sont présentés sur ce site.




JC Diedrich

 

Augmix # 13

par Aug Email

Voilà un moment que je vous prépare cet Augmix... Il a eu le temps de mijoter tout l'hiver !

 

  • Commençons par remonter le temps avec Yasmin Levy. A la première écoute, vous aurez l'impression d'entendre chanter espagnol, tendance flamenco. C'est presque ça. Il s'agit de ladino. Le ladino est un peu l'équivalent du yiddish pour les juifs séférades originaires de la péninsule ibérique. Après leur expulsion par les Rois Catholiques Ferdinand et Isabelle en 1492, beaucoup ont traversé la Méditerranée et se sont rendus dans l'Empire Ottoman. Salonique, l'actuelle Thessalonique, est ainsi devenue l'une des villes comptant le plus de juifs au monde. La Shoah a quasiment fait disparaître cette communauté ladino dont la plupart des survivants ont alors gagné Israël. Dans ce pays neuf, les nombreuses langues parlées dans la diaspora ont dû s'effacer devant l'hébreu moderne. Le père de Yasmin Levy était chargé des programmes en ladino à la radio publique israélienne. Lorsqu'il est décédé, celle-ci n'avait qu'un an. Elle a décidé de reprendre le flambeau et de faire vivre cette langue en voie de disparition avec le vieillissement de ses locuteurs. Le résultat, une musique très plaisante bercée d'influences espagnoles et orientales. Je vous ai sélectionné deux chansons. La première s'appelle "Mi Korason". la deuxième est une version très réussie du "Hallelujah" de leonard Cohen dont je vous ai déjà parlé jadis. Vous pouvez écouter d'autres extraits de son dernier album Sentir sur son site.

 

 

  • Après la Méditerranée, traversons l'Atlantique, direction Cincinnati. C'est dans cette ville de l'Ohio que s'est formé en 1996 l'ensemble rap Iswhat ? Depuis une bonne dizaine d'années, il associe des sonorités jazz plutô free au hip-hop conscient et vif de Napoleon Maddox. Leur premier album Landmines, est sorti en 1999. Figure It Out a suivi en 2004, puis, en 2009, le très remarqué Big Appetite. Les artistes qui composent le groupe ne sont pas toujours les mêmes. Le dénominateur commun, c'est Napoleon Maddox qui se mue parfois en human beat box et le saxophoniste Jack Walker. Pour Big Appetite, Iswhat ? compte également le batteur Hamid Drake, le contrebassiste Joe Fonda, le saxophniste Cocheme’a Gastelum (à écouter ici avec N. Maddox dans le parking souterrain de Télérama... un vrai régal !) et Killa-O. Je vous ai choisi "Homestead", à mon avis de loin le meilleur titre de l'album.

 

 

  •  Restons dans le Nord-Est des Etats-Unis et dans un rap assez semblable qui a probablement inspiré Iswhat ? Je veux parler de The Roots, le groupe de Philadelphie. Autour du batteur et producteur ?uestlove (il a notamment produit quelques titres pour Al Green) et du rappeur Black Thought, ils ont contribué à développer la scène hip-hop de la métropole de Pennsylvanie. Depuis Organix en 1993, ils ont su produire un hip-hop très jazz et très soul en une dizaine d'albums dont le très réussi Game Theory en 2006. C'est un titre de cet album que je vous ai sélectionné. Il s'agit du magnifique "Don't Feel Right". Black Thought y rappe la difficulté d'être noir dans une grande métropole des Etats-Unis. Rien de très original sur le fond donc... mais la forme me plaît beaucoup ! The Roots devraient sortir un album intitulé How I Got Over en 2010. Depuis l'an dernier, ils sont le groupe invité dans le Late Night Show de Jimmy Fallon sur NBC. Je signale un excellent hors-série de Rap Mag paru en décembre 2009 sur la scène rap de la "cité de l'amour fraternel" aka Philadelphie. Le rôle de The Roots y est parfois critiqué. En-dessous je vous ai mis la troisième partie de cette trilogie au complet.

 

 

Continuons avec deux projets un peu semblables :

  • Rassemblez la fine fleur du hip-hop : Mos Def, RZA, Ludacris, Raekwon, Pharoahe Monch, Q-Tip., et même ODB (décédé en 2004...). Ajoutez des musiciens  plutôt rock, les Black Keys, cela donne le très beau projet Blackroc, sorti le jour du Black Friday. Au programme, beaucoup de spontanéité et des rappeurs qui prennent du plaisir. Les concepteurs du projet  sont  le rappeur Jim Jones et Damon Dash, ex-mentor de Jay-Z. Je vous ai d'abord choisi "Ain't Nothing Like You" (Hoochie Coo) Feat. Mos Def & Jim Jones puis un morceau interprété par RZA et Pharoahe Monch "Dollaz & Sense". Voyez comment Pharoahe Monch écrit son texte puis l'interprète avant d'écouter le titre.

 

     


     

     

  • Music'All rassemble des musiciens, les Illuminés Black Stamp, des chanteurs (Karl The Voice et des rappeurs (Oxmo Puccino, Casey, Busta Flex, Soklak,...), des sonorités jazz, soul, bossa nova. Le résultat est inégal mais quelques morceaux tirent bien leur épingle du jeu comme ce "Vais-je grandir un jour" qui  rassemble "Un rappeur (Casey), un gratteux et un bassiste" . Voyez ensuite ce qu'en disent les participants eux-mêmes.

 

 

  • C'est dans Music'All que j'ai découvert pour la première fois Casey, une rappeuse à la voix si particulière, un peu androgyne. Son morceau "Dans nos histoires" (sorti en 2006) revisite l'histoire des fils d'immigrés :

 

Je voulais également vous parler des Sud-Africains Ben Sharpa et Tumi & The Volume, du Sénégalais Abass Abass, de Rocé et de Disiz, mais je garde ça sous le coude pour la prochaine fois... Bonne écoute !

Dans la peau d'un soldat israélien

par Aug Email

Si la guerre des Six-jours de 1967 est certainement un tournant dans le conflit opposant Israël à ses voisins arabes, l'invasion du Liban en 1982 marque également un changement important dans la société israélienne.

A cette date en effet, une partie de la société se met à douter sérieusement de la légitimité de certains combats. D'autant plus qu'une partie de ces combats a été décidée par des hommes qui ne respectaient pas toujours les volontés de leurs supérieurs. Il en est ainsi du ministre de la défense d'alors, Ariel Sharon, allant plus loin que ce que souhaitait le Premier Ministre Menahem Begin. Idem pour la prise de l'ancien château croisé de Beaufort au sud du Liban en juin 1982. Ce poste avancé israélien était ensuite le seul au nord du fleuve Litani.

 

Deux films récents (disponibles en DVD) évoquent ce tournant en insistant sur le traumatisme des soldats israéliens qui ont dû, sur le terrain, accomplir des missions peu glorieuses malgré les apparences : Permettre aux phalanges libanaises de massacrer les civils palestiniens des camps de Sabra et Chatila à Beyrouth et servir de cibles vivantes au Hezbollah pour éviter une fuite "déshonorante" sur la frontière nord. Au-delà du contexte précis dans lequel ils s'inscrivent, ces films posent des questions universelles que les Israéliens n'ont pa complètement résolues (comme en témoigne la récente guerre à Gaza) : Comment un soldat doit-il se comporter face à des civils ? Le soldat doit-il obéir à ses supérieurs en toutes circonstances ?

 

Valse avec Bashir

 

Le réalisateur Ari Folman était soldat au Liban en 1982, il tente avec ce film d'animation très original, de se rappeler quel rôle il a eu lors du massacre de Sabra et Chatila. Retrouvez l'article que j'avais consacré au film et à cet évènement l'été dernier. (chronolgie, lectures,...)

 

Beaufort

 

Il s'agit au départ d'un roman de Ron Leshem qui évoque la dernière année de la défense de Beaufort avant son évacuation en 2000. Le narrateur est Liraz, un jeune officier plein de défauts et de qualités mais apprécié par ses hommes. La vie quotidienne du soldat est présentée de manière détaillée, les souffrances, les frustrations, l'amitié. L'invisibilité de l'ennemi renforce l'angoisse de ces hommes très différents dans le civil mais soudés  par la situation qui les rassemble.

 

Même si l'action se passe essentiellement dans ce morceau de territoire libanais contrôlé par Tsahal et des supplétifs libanais (la fameuse ALS) de 1982 à 2000, Ron Leshem nous offre une plongée passionnante dans la diversité de la société israélienne, divisée entre Ashkénazes et Séfarades, laïcs et religieux, pacifistes et nationalistes. C'est un très beau roman sur le traumatisme de la guerre, les difficultés de la réinsertion et le peu de considération dont bénéficient les soldats sur le terrain.

 

[Carte du Sud-Liban en 2000 avec la position du cchâteau de Beaufort; source]

Le film de Joseph Cedar ne restitue pas complètement l'atmosphère du livre même si Ron Leshem  a coécrit le scénario. Tout en contemplation, il ne nous plonge pas suffisamment dans les tréfonds de l'âme de l'officier Liraz comme le fait le roman.

 

Retrouvez des BD, des livres, des films, des musiques sur le Moyen Orient dans le dossier de Samarra.

 

 

"Six days war".

par blot Email

Prisonniers égyptiens dans le Sinaï.

 

Avec le colonel Bagshot, retour sur la guerre des Six-Jours, un tournant fondamental de l'histoire contemporaine dont on a encore du mal à mesurer toutes les conséquences. Cette troisième guerre israélo-arabe opposa du 5 au 10 juin 1967 Israël à l'Egypte, la Syrie et la Jordanie.

 

La suite est à lire et écouter sur L'Histgeobox.

Samarra au Moyen Orient et en Asie Centrale (Histgeobulles 3)

par Aug Email

 Ce dossier recense les Bande-dessinées, les mangas, les films, périodiques et livres qui abordent l'histoire et la géographie de l'Asie centrale (y compris l'Afghanistan) et du Moyen Orient (y compris l'Iran). Pour les pays de l'Asie orientale et méridionale, voir notre dossier spécifique sur cette région.

 

Des BD qui sont parfois aussi des films (à moins que ce ne soit l'inverse...)

 

 

  • Zeina Abirached, Mourir Partir Revenir. Le jeu des hirondelles, Cambourakis, 2007. Beyrouth en 1984. Une jeune fille raconte le quotidien d'une famille dans le Beyrouth en guerre du début des années 1980.
  • Les auteurs de manhwa (la BD coréenne) n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplouse. Le premier tome est paru chez Hanguk.
  • L'un des auteurs de BD israéliens les plus connus, Uri FInk, livre régulièrement ses chroniques. Il raconte dans Israël-Palestine entre guerre et paix (Berg International) la vie d'un Israélien qui veut la paix mais "qui est entrainé dans des logiques qui le dépassent".
  • L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux acoords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde.
  • Comment devient-on terroriste ? (2) Shahidas. Des femmes terroristes en Egypte. Un entretien avec le scénariste Laurent Galandon.
  • L'italien Paolo Cossi nous offre un récit graphique pour comprendre le génocide arménien de 1915. La BD vient de paraître chez Dargaud. Cela s'appelle Medz Yeghern.
  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.
  • Kaboul Disco ou l'histoire de Nicolas Wild, dessinateur qui se retrouve à Kaboul en 2005. 2 tomes parus à La boîte à bulles.
  • Stéphane Clément. Chroniques d'un voyageur. L'engrenage turkmène par Daniel et Paûle Ceppi.

 

  • Faisons une place à part à la BD-reportage photo Le Photographe de Guibert, Lefèvre et Lemercier récemment rééditée en édition intégrale dans la collection Aire Libre chez Dupuis. Le photographe DIdier Lefèvre y raconte merveilleusement bien son voyage en Afghanistan  à l'été 1986, alors que le pays est envahi par les Soviétiques depuis 1979. Il accompagne une équipe de Médecins Sans Frontière encadrée par des moujahidines.

 

De la musique

 

  • "La Guerre du Golfe a eu sa (belle) part de désinformation (si, si, je vous jure, n'en déplaise aux journalistes qui trouvent qu'ils ont fait honnêtement leur travail), le chanteur Jean Leloup en a aussitôt fait une chanson érotico-sarcastique..." En 1990, c'est l'heure de la "conscientisation" par Jean Leloup
  • Médine, le rappeur du Havre, a consacré un titre de son album Jihad à Malcolm X et à Massoud, héros de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan : "Du Panshjir à Harlem"L'Algérino  reprend un concept proche dans son titre "Etoile d'un jour" sur son album Les derniers seront les premiers.
  • Une chanson du Colonel Bagshot sur la guerre des Six-jours de 1967.

 

 

  • Le groupe de rock russe DDT s'est rendu célèbre en 1980 par son titre  "Не стреляй!" ("Ne tire pas").  Iouri Chevtchouk et son groupe DDT deviennent alors célèbres... et suspects avec ce titre qui invite les jeunes soldats soviétiques à ne pas tirer ! Nous vous en parlons plus en détail sur l'histgeobox où vous pouvez écouter ce titre emblématique.
  • L'Afghanistan est également évoqué dans la chanson "Washington Bullets" des Clash en 1981. Plus de détails sur l'histgeobox.

 

    Des films

     

    La terre est un des enjeux essentiels du conflit qui oppose depuis plusieurs décennies Israël et les Arabes. Bien sûr, il y a également des enjeux symboliques non négligeables, ils se superposent et s'enchevêtrent sur cette terre que chacun s'accorde à penser comme sienne. Face à la complexité de ces enjeux, une approche trop manichéenne est souvent de mise. Le cinéma offre parfois, mieux que la télévision et internet, la possibilité de se plonger dans un univers qui nous est inconnu quand bien même il fait partie de notre univers médiatique.
    Deux films réalisés par des cinéastes israéliens nous permettent cette plongée.

     

    En kiosque

     

     

    Nous retenons pour ce dossier une conception très large de la notion de Moyen Orient incluant tous les pays suivants :

    Egypte, Israël, Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Irak, Iran, Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Barheïn, Emirats Arabes Unis, Oman, Yemen, Afghanistan, Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan) et Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan).

    Pour le reste de l'Asie (orientale et méridionale), retrouvez la sélection de BD, mangas, manhwas et manhuas sur l'Asie.

     

     

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