Samarra


Catégorie: En kiosque

Books : le pouvoir de la musique.

par vservat Email

C'est l'été, enfin du temps devant soi pour lire et donc bronzer intelligent. Une première piste : le magazine Books. Pour ceux qui ne l'auraient jamais feuilleté, le principe en est le suivant  :  réunir sur un thème une série d'articles parus dans la presse spécialisée traitant des meilleurs livres qui abordent le sujet choisi.

 

Ce numéro spécial aurait mérité de s'intituler  "Les pouvoirs de la musique" en raison du spectre très large que couvrent les articles réunis. La partie introductive est constituée d'un entretien avec Jacques Attali. L'expérience mené en 1952 par John Cage qui composa un morceau de 4"33' de silence, étudié par Kyle Gann, compositeur et musicologue, lui succède, prenant le sujet à contrepied. 

 

Les passionnés de sciences se plongeront dans la deuxième partie du dossier qui aborde successivement les liens entre la musique et l'évolution de l'homme, l'utilisation thérapeutique de la musique et la stimulation qu'elle provoque sur le cerveau humain.

 

En toute subjectivité, la troisième partie est LE morceau de choix du magazine. Elle débute par la traduction du premier chapitre d'un ouvrage du journaliste spécialiste du Gospel, Robert Darden. Son livre, "People Get ready ! A new history of Back Gospel Music", traite du pouvoir émancipateur des negro spirituals et de leur forme discographique : le Gospel. Travaillant sur des sources parfois étonnantes, tels les enregistrements de negro sprituals a cappella par le musicologue Lomax, en Alabama, dans les années 30, ce premier chapitre retrace la genèse, l'utilisation et la trasmission du patrimoine chanté des Afro Américains jusqu'au tube mondial de Moby "Trouble so hard". On y découvre comment certains spirituals permettaient aux esclaves de prendre la fuite en se constituant une carte chantée du parcours à suivre vers la liberté. On y lit aussi la retranscription de l'émouvant témoignange de Mme Brown, esclave de Nashville, dont le père s'est mis  à chanter "Trouble in Mind" après avoir été violemmet fouetté par son maitre. Le livre n'est pas encore traduit en français mais si le reste de son contenu est aussi riche que son premier chapitre, l'investissement risque d'être  icontournable.

 

On trouvera également dans cette partie la chronique d'une biographe de Bob Marley publiée en 2006 par CJ Farley, dans la New york Review of Books. Elle est l'occasion de suivre le chemin de cet artiste fondamental du XX siècle, des faubourgs de Kingston à l'interprétation de "Redemption Song" à Pittsburg lors de son dernier concert. Un portrait très émouvant et éclairant qui cite des textes forts, ceux de "Slave driver", de "No woman, no cry" ou de "Get up, stand up" qui devint l'hyme d'Amesnesty international. Une biographie qui interroge aussi les trajectoires historiques et identitaires du peuple Noir.

 

On glisse ensuite doucement vers la fin des 70's et le début des années 80 pour une nouvelle démonstration de la force émancipatrice de la musique. Alice Echols publie en 2010  "Hot Stuff, disco and the remaking of american culture". Chroniqué dans le New York Times, on comprend, par son étude historique, comment le disco contribua à l'affirmation et la libération des identités gays à cette époque.

 

Avant de s'achever sur un portrait d'Eminen le rappeur blanc, le magazine reprend un article de The Nation s'interrogeant, à la faveur de la sortie du livre "Can't stop, won't stop" de Jeff Chang, sur l'évolution de la culture hip-hop, de son statut constestaire et menaçant l'ordre établi, à sa récupération et son intégration dans le business musical dans un pacte funeste avec "l'hypercapitalisme". Un papier aussi captivant que désolant sur la trajectoire d'une forme extremement riche et complexe de contre-culture qui s'est transformée et pervertie, au fil de sa pénétration par l'argent, et de la disparition tragique de ses figures emblématiques.

 

Le dernier volet du dossier est également assez convaincant, abordant les liens souvent forts et paradoxaux entre la musique et le pouvoir politique. Quelques articles retiennent particulièrement l'attention. Les relations entre Prokofiev et le pouvoir stalinien sont présentées dans toutes leur complexité par l'historien de la musique Simon Morrisson dans une étude intitulée "The People's artist. Prokofiev's soviet years" chroniquée dans la NY Review of Books. 3 articles abordent  les phénomènes d'instrumentalisation du 4° art dans le contexte des camps de concentration (à la fois moyen de survie et outil de propoagande et de d'asservissement pour les SS), dans le cadre des nouvelles conflictualités (Irak/Guantanamo) et dans celui des activités de Muzak Corporation, firme productrice de musiques d'ambiances destinées soit à stimuler (la production des vaches laitières ou la productivité des employés de Black et Decker!) soit à anesthésier (ce quon appelle la musique d'ascenseur ou de supermarché).

 

Au détour de ces questionnements éclairants, la chronique de la biographie de l'artiste Nigérian Fela par John Collins dans The Observer Music Monthly, est l'occasion de découvrir, (ou de se remémorrer), la personnalité à la fois provocante, iconoclaste, engagée et terriblement talentueuse de celui qui s'était autoproclamé "The Black President".

 

Bonne lecture!

La petite bibliothèque du rappeur

par Aug Email

 
Vous aimez le rap (ou pas d'ailleurs...) et vous voulez comprendre son histoire, ses origines, ses codes, son évolution, sa géographie. Voici ce que vous pourriez trouver sur les rayons de la bibliothèque du parfait b-boy ou de la parfaite fly-girl (l'autre nom pour les fans de rap) :
 
  • Il faut commencer par l'ouvrage indispensable de l'américain Jeff Chang, Can't Stop, Won't Stop, Une histoire de la génération Hip-Hop, paru en français chez Allia en 2007. C'est un livre indispensable pour comprendre l'émergence du rap dans son contexte géographique, politique et social. J'ai personnellement adoré ce livre. Il est disponible intégralement sur Google books.

 

  • Côté français, l'auteur incontournable est le journaliste Olivier Cachin. Que ce soit à la télé (Rapline) ou dans la presse spécialisée (L'Affiche), il écrit sur le rap depuis plus de vingt ans. Pour commencer, vous pouvez dévorer son Découvertes Gallimard : L'offensive Rap, paru en 1996, réédité en 2001. Je vous recommande également son Dictionnaire du Rap paru chez Scali en 2007. C'est une mine de renseignements sur le rap US et français. C'est un outil indispensable pour qui s'intéresse à l'histoire du rap. On y voyage au fil des notices entre hier et aujourd'hui. Un petit reproche cependant, rien sur DJ Kool Herc... Signalons enfin son livre sur Les 100 albums essentiels du rap paru chez Scali en 2006.

 

  • Manuel Boucher, sociologue, a publié en 2002 chez L'Harmattan Rap, expression des lascars. Le livre étudie les significations et les enjeux du Rap dans la société française mais comporte une première partie qui étudie en détail les origines musicales du rap.

 

  • Jean-Claude Perrier, critique littéraire et musical, a publié en 2000 aux éditions de la Table Ronde une Anthologie intitulée Le rap français. Vous y trouverez les textes des chansons les plus fameuses des années 1990. Une édition actualisée Le rap français. Dix ans après est sortie en janvier 2010. Il y a en effet quelque chose de frustrant dans l'absence des paroles dans la plupart des pochettes de disques de rap. Les rappeurs ne seraient-ils pas toujours fiers de leurs textes ?

 

  • Les journalistes Thomas Blondeau et Fred Hanak ont publié en 2007 des entretiens avec des rappeurs américains. Ils sont regroupés avec une présentation très intéressante et tdans un style très percutant dans Combat Rap. 25 ans de Hip-Hop, chez Castor astral. Signalons que Thomas Blondeau ont également sorti en septembre 2008 chez le même éditeur et dans la même veine Combat Rap, 20 ans de Rap français.

 

  • Travailler sur les origines du Hip-Hop est extrêmement difficile. Les sources écrites sont plutôt rares (quelques flyers...). Les sources orales sont nombreuses mais parfois contradictoires. Le musicien et producteur Bruno Blum, excellent connaisseur des musiques jamaïcaine, a sorti en 2009 un très instructif Le Rap est né en Jamaïque chez le très bon éditeur Castor music. A la lecture de son ouvrage qui défend la thèse que les Jamaïcains, notamment King Stitt, U Roy ou Dillinger avaient déjà tout inventé à l'aube des années 1970, on est tenté de le croire et de crier à l'injustice. Pourtant, il semble que Blum connaisse bien mieux les musiques jamaïcaines que le Hip-Hop. Du coup, il sous-estime à mon avis les autre sources musicales du rap en voulant réhabiliter (à juste titre) l'apport de la Jamaïque au Hip-Hop. Autrement dit, le mouvement de balancier va peut être un peu trop loin.... On peut mettre en évidence la voie ouverte par les deejays jamaïcains (paradoxalement l'équivalent des MC en Jamaïque) et souligner l'origine jamaïcaine des pionniers comme DJ Kool Herc sans pour autant enlever sa spécificité au rap tel qu'il émerge dans le bronx des années 1970.

 

  • Un livre sur le rap est paru en 2009 dans la très saine collection Idées reçues du Cavalier Bleu. Son auteur, Anthony Pecqueux, ethnologue, revient sur les idées reçues concernant les origines du rap, son langage et sa musicalité, ses rapports à la morale et à la politique. ça se lit très bien.

 

  • Pierre Evil s'intéresse au Gangsta-Rap et nous livre avec Gangsta-Rap, paru chez Flammarion en 2005, un livre essentiel sur l'émergence du style West Coast. En retraçant l'histoire de la ville de Los Angeles, de ses mythes, de sa musique, il nous conduit jusqu'aux années 1980 et à la naissance du G-Funk à Compton autour des NWA. Il construit son ouvrage en chapitres centrés autour des personnalités à l'origine du G-Rap (Ice-T, Eazy-E, Ice-Cube, Dr Dre, 2Pac Shakur, Snoop Dogg), ce qui est parfois un peu perturbant car on envisage plus difficilement la dimension collective et l'évolution. C'est un détail mais Pierre Evil use et abuse du mot "séminal", très souvent utilisé en anglais, mais qui n'a pas tout à fait, à mon avis, le même usage en français. Quoi qu'il en soit, l'ouvrage séduit par son érudition et sa pertinence. 

 

  • Un livre passionnant et dans un anglais tout à fait abordable a été publié en 2009 sur la poétique du Hip-Hop. Avec Book of Rhymes. The poetics of Hip-hop , Adam Bradley convainc ceux qui ne le sont pas encore que la poésie est au coeur de la démarche du rap. En fin connaisseur des paroles du rap américain, Adam Bradley analyse tour à tour le rythme, la rime, les jeux de mots, le style, les histoires et la compétition verbale.

 

  • Pas facile de comprendre l'anglais utilisé dans certains raps.... Pour vous aider dans cette tâche ardue, je vous recommande un ouvrage formidable de Jean-Paul Levet : Talkin That Talk. Le langage du blues et du Jazz, Kargo, 2003. Il est d'abord centré sur le jazz et le blues, mais n'hésite pas à s'aventurer également dans le rap. Il s'agit d'un dictionnaire qui définit les mots et donne à chaque fois un ou plusieurs exemples de titres ou de paroles de chansons.Si vraiment vous ne trouvez pas, vous pouvez consultez Slang (dictionnaire bilingue de l'argot d'aujourd'hui) édité par Pocket ou alors explorer le site de l'Urban Dictionnary, une véritable mine collaborative.

 

  • Le  magazine Rap Mag consacre chaque année plusieurs hors-séries aux grandes villes américaines et à leur scène rap. Bien qu'inégaux, ces numéros offrent toujours une plongée intéressante sur les origines et l'évolution du rap dans ces métropoles. Parmi les numéros déjà publiés, signalons New York, Los Angeles, Atlanta, Chicago, Détroit, Philadelphie, Miami et  Las Vegas.

 

  • Un numéro passionnant d'Art Press était consacré en 2000 aux Territoires du Hip-Hop. Vous y trouverez des articles sur le rap aux Etats-Unis, en France et ailleurs (Sénégal notamment). Voici la liste des thèmes abordés par les articles : Technologie et savoir-faire humain - Du flow au cash-flow - le Bomb-Squad - la foi du graffiti - Hip-hop et danse contemporaine - Cinéma et hip-hop - Dakar, du griot au rappeur - Géopolitique rapologique - Quinze bonnes raisons de croire en l'avenir du hip-hop.

 

Anthologies :

 

 

  • Une anthologie des premiers enregistrements de rap sur disque avec un petit livret très intéressant qui reproduit de nombreux flyers des parties organisées dans le Bronx et à Harlem au début des années 1980 (un exemple ci-dessous). L'anthologie ne propose pas les morceaux les plus connus mais donne un aperçu intéressant de ce tournant qu'a connu le rap à la charnière des années 1970-1980. On y retrouve notamment Spoony Gee, Xanadu, Cold Crush Brothers, T Ski Valley, Brother D. Big Apple Rappin'. The Early Days Of Hip-hop Culture In Nyc 1979-1982.(Soul Jazz Records). Big Apple ("la grosse pomme") est le surnom de New York.

  • En 2009, le fameux label Def Jam a sorti une compilation pour ses 25 ans avec quelques uns de ses interprètes les plus connus des années 1980, 1990 et 2000 : T La Rock, LL Cool J, Public Enemy, DMX, Jay Z, Ludacris, Rick Ross, Method Man, Redman, Kanye West.

 

Au rayon BD :

  • Si vous êtes plutôt West Coast et Gangsta Rap, vous adorerez la BD Mutafukaz de Run dont les deux premiers volumes sont parus chez Ankama (image ci-contre : un membre d'un gang de L.A., les Bloods, dont la couleur est le rouge, interpelle les deux héros (ou plutôt anti-héros...) Angelino et Vinz). Le tome 0 et le tome 3 sont annoncés pour la rentrée...

 

  • Autre BD imprégnée de l'univers rap, en particulier du Gangsta, The Boondocks d'Aaron Mc Gruder. Il s'agit au départ d'un comic strip paru dans les quotidiens à partir de 1998 et qui est devenu un dessin animé. Les dessins de Mc Gruder sont tout ce qu'il y a de plus politique, dans le sens "incorrect" du terme, n'épargnant personne, noirs et blancs. C'est l'histoire de deux gamins noirs qui passent d'un ghetto du Southside de Chicago à un quartier résidentiel blanc de Los Angeles. Ils incarnent deux personnages caricaturaux de la communauté noire. Huey est le révolutionnaire noir alors que Riley est le futur gangster. Parmi leurs nombreux sujets de conversation, le rap.

  • Une Bd originale et autobiographique retrace la vie de MF Grimm., ça s'appelle Sentences et nous raconte l'histoire cahotique de Percy Carey aka MF Grimm. Une BD passionante.
  • Je vous ai parlé dans le prélude de la petite histoire du rap du délabrement du South Bronx dans les années 1970. Si vous voulez comprendre comment ce quartier en est arrivé là, je vous recommande la lecture de la BD de Will Eisner Dropsie Avenue (parue en 1994, rééditée récemment chez Delcourt). Le dessinateur américain (1913-2005) y raconte la vie et la mort d'un quartier du South Bronx autour d'une avenue imaginaire (je ne crois pas qu'il existe d'avenue portant ce nom à New York). L'histoire démarre à la fin du XIXème siècle, alors que le Bronx n'est encore qu'une vaste prairie où vivent quelques Hollandais. Elle est centrée sur la question de l'immobilier et des relations entre les différents groupes ethniques, religieux ou raciaux. (Lire la suite...)

 

Des films :

  • Beat Street. Une fiction musicale pour voir d'admirables battles de breakdancers au Roxy. Un film réalisé en 1984 par Stan Lathan sur des musiques produites par Harry Belafonte et Arthur Baker (producteur du "Planet Rock" d'Afrika Bambaataa).

  • West Coast Theory, un documentaire pour  comprendre les raisons du succès de la Côte Ouest. Réalisé par les Français Maxime Giffard et Felix Tissier en 2009. Edité par Agnès B. DVD et Potemkine.


Retrouvez l'ensemble des articles de Samarra sur le rap dans le dossier sur l'histoire et la géographie du rap.

 

Le foot raconté avec humour et pertinence

par Aug Email

Saviez-vous qu'à Samarra on aime le foot ?

Et quand en plus le foot nous permet de voyager dans le temps et dans l'espace, on adore. C'est ce que nous propose le hors-série du très décalé magazine So Foot qui réussit à parler du foot avec humour et pertinence. Au programme de ce hors-série, 50 légendes. on y croise des noms connus (Maradona, Di Stefano, Puskas, Romario,Garrincha...), des moins connus (Lutz Eigendorf par exemple), des matches historiques (défaite de l'Italie contre la Corée du Nord en 1966), des évènements tragiques (accident d'avion de Superga en 1949, le  Heysel en 1985). Bref, c'est passionnant et c'est le genre de magazine que l'on dévore du début à la fin en franchissant allègrement les époques, les pays, les styles de jeux et de joueurs.

Je vous le recommande donc vivement !

Quelques titres d'articles pour vous donner envie :

  • René Higuita, le nez dans la schnouf
  • Le Dynamo Kiev nucléaire de Valeri Lobanovski
  • Le penalty le plus long du monde
  • La Lazio de 1974, fasciste et armée jusqu’aux dents
  • Lutz Eigendorf, la Stasi aux trousses
  • Bob Marley, Jah footballeur
  • Entre le Salvador et le Honduras, la guerre du foot n’a pas eu lieu
  • Le Honved Budapest fait le Mur

 

Consultez ici le sommaire complet sur le site de So Foot.

Je vous conseille également un autre site passionnant si vous vous intéressez à l'histoire du foot : Wearefootball (parce que le football dure plus que 90 minutes). Il est alimenté par des professeurs d'histoire passionnés de foot.

Quelques lectures géographiques pour l'été

par Aug Email

Et oui. Ne croyez pas que les profs ne font que buller au soleil pendant leurs vacances. Dîtes-vous bien qu'ils préparent la rentrée ! Rassurez-vous, les quelques livres que je vous propose sont plutôt courts et peuvent être lus par morceaux.

 

Ils font en effet partie de la collection Que Sais-je ? des PUF fondée en 1941. Depuis peu, elle propose des ouvrages intitulés Les 100 mots de ... Quelques uns concernent donc la géographie :

 

Les 100 mots de la géographie par Jérôme Dunlop

 

A mi-chemin entre le dictionnaire de géographie et le petit manuel d'introduction aux différentes branches de la discipline, cet ouvrage est utile pour une première approche comme pour l'état des connaissances sur une notion. Le principe de la collection n'est pas de faire le tour de la question mais de mettre sur de bons rails. Le spécialiste en quête d'informations plus précises sur un sujet se devra de poursuire par d'autres lectures (parfois citées en note de bas de page).

L'ouvrage est plutôt bien construit. Un index permet de s'y retrouver aisément. Je note néanmoins une erreur concernant la partie sur les réseaux. (p. 43) : Le mot spoke est considéré comme désignant un pôle secondaire d'un réseau organisé autour des hubs. Les hubs sont ces lieux de concentration et de redistribution des flux (aériens, maritimes,...) donc les aéroports ou ports autour desquels sont organisés le trafic à l'image d'Atlanta, premier aéroport mondial. Les spokes ne sont donc pas les pôle secondaires mais les "rayons" qui les relient aux hubs (d'après le mot anglais qui signifie moyeu).

 

Les 100 mots de la géopolitique et Les 100 lieux de la Géopolitique

 

 

Voici deux ouvrages très utiles pour comprendre les enjeux du monde contemporain. Ils sont tous les deux dirigés par Pascal Gauchon et Jean-Marc Huissoud et se veulent complémentaires. Le premier balaie les notions et acteurs permettant de comprendre les relations internationales. Le deuxième évoque les lieux d'où rayonne la puissance (notion centrale du programme de géo de terminale), les espaces qu'organise la puissance, les lieux dont le contrôle donne  la puissance et enfin les lieux d'affrontement de la puissance et donc qui concentrent les tensions (détroits, îles,...).

Juste histoire de faire mon pénible.... je signale deux coquilles :

  • L'île disputée entre le Japon  (que ceux-ci appellent Takeshima) et les Corée est appelée par les Coréen Tokdo (ou Tokto) et non Todko.[Plus d'infos]
  • Le traité de paix entre Israël et la Jordanie a été signé en 1994 et non en 1984.[Plus d'info]

 

Géographie urbaine et La ville autrement

 

 

128, c'est le nombre de pages d'un Que Sais-je ? mais c'est aussi le nom d'une collection des éditions Armand Colin qui présente des petits ouvrages de synthèse. Je vous conseille celui écrit par Jean-Paul Paulet. On y trouve une présentation synthétique des notions de géographie urbaine et des enjeux de l'urbanisation du monde qui compte actuellement une bonne moitié d'habitants dans les villes. Voyez la présentation et le sommaire.

Vous pouvez complétez cette lecture par le Hors-série que consacre le mensuel Alternatives Economiques à la question urbaine et notamment au développement durable dans les agglomérations. Voici le sommaire.

 

 Bonne lecture !

Staff Benda Bilili: "Très très fort!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!".

par blot Email

 

Coup de projecteur aujourd'hui sur la musique jubilatoire de ce groupe congolais composé de huit Kinois malmenés par l'existence: le Staff Benda Bilili ("regarde au-delà des apparences" en lingala). Depuis une dizaine d'années, ces handicapés animent les nuits de Kinshasa grâce à leur musique survoltée, savant mélange de rumba zaïroise, de funk jamesbrownien et de mélodies cubaines.

 

Ricky, le meneur-chanteur du Staff, Koko, le guitariste aérien, Théo, Djunana, Kabosé, Cavalier, Zadis et le benjamin Roger (18 ans),connaisent la capitale de la RDC comme leurs poches. Ils sillonnent la ville sur leurs improbables motos customisées et adaptées à leurs handicaps respectifs. Mis à part, leurs activités musicales, ils continuent de survivre grâce au système D et à des activités plus ou moins licites (trafics de cigarettes ou de boissons..). Mieux vaut en tout cas ne compter que sur soi dans cette métropole qui s'est développée de manière anarchique. A l'indépendance, en 1960, la ville comptait 400 000 habitants, 1 million dix ans plus tard et huit fois plus aujourd'hui. Dans une récente enquête menée par Médecins du monde, on peut lire: "Elle (Kinshasa) exerce un énorme pouvoir d'attraction et continue à absorber les populations rurales à un rythme soutenu, mais il semble que la seule chose qui se soit développée soit le sous-développement lui-même." La ville, en état de désagrégation continuelle, manque de tout: routes asphaltées, eau courante, électricité, égouts...

 

Entre 30 000 et 50 000 enfants abandonnés sillonnent la ville, en quête de moyens de survie, enchaînant les petits boulots (cireurs, gardiens de voitures, vendeurs à la sauvette) ou les menus larcins. On les appelle les shégués. L'origine du nom n'est pas claire. Pour certains, il s'agit d'une contraction de Che Guevara, qui enrôla de nombreux enfants soldats dans son armée lorsqu'il vint, avec quelques barbudos, tenter de créer un foyer révolutionnaire au Congo. Pour les autres, c'est une référence ironique à l'espace Schengen, qui a bloqué l'accès à l'Europe pour de nombreux Congolais. Roger, le plus jeune membre du Staff, était un de ces shégués lorsqu'il fut repéré par Ricky, en 2005. Ce dernier prit l'ado sous sa protection et fut immédiatement séduit par sa maîtrise d'un instrument de son invention, le Satongué, composé d'une corde, d'une boîte de conserve et d'un arc en bois.

 

Par chance, le groupe fut repéré par deux jeunes Français vivant à Kinshasa, fondateurs d'une société de productions vidéos, la Belle Kinoise. Ils convainquirent Crammed discs, un label indépendant belge, de signer le Staff. Aussitôt, les musiciens enregistrèrent leurs chansons avec du matériel de fortune dans le zoo de Kinshasa. Ainsi, il nous est désormais possible d'écouter leur disque "Très très fort" en Europe (le cri de ralliement du Staff). De fait, rarement un album a aussi bien porté son nom. Loin de tout misérabilisme, il propose une poignée de titres bourrées d'invention et d'énergie. Une musique tout bonnment irrésistible.

 

Sources:

- Article de Yann Plougastel pour Le Monde 2 du 11 avril 2009.

 

Liens:

 - le site Myspace du Staff.

- Présentation de l'album sur Crammed discs.be.

- Africamix: "Staff Benda Bilili, stars de Kinshasa la déglingue".

- Africamix: "benda Bilili, perles musicales des rues de Kinshasa".

Samarra au Moyen Orient et en Asie Centrale (Histgeobulles 3)

par Aug Email

 Ce dossier recense les Bande-dessinées, les mangas, les films, périodiques et livres qui abordent l'histoire et la géographie de l'Asie centrale (y compris l'Afghanistan) et du Moyen Orient (y compris l'Iran). Pour les pays de l'Asie orientale et méridionale, voir notre dossier spécifique sur cette région.

 

Des BD qui sont parfois aussi des films (à moins que ce ne soit l'inverse...)

 

 

  • Zeina Abirached, Mourir Partir Revenir. Le jeu des hirondelles, Cambourakis, 2007. Beyrouth en 1984. Une jeune fille raconte le quotidien d'une famille dans le Beyrouth en guerre du début des années 1980.
  • Les auteurs de manhwa (la BD coréenne) n'hésitent pas à s'aventurer hors de leurs frontières. Un exemple avec Naplouse de Kim Bo-Hyun qui raconte l'histoire d'une jeune coréenne qui part retrouver son petit ami photographe américain en mission en Palestine. Elle découvre la vie des Palestiniens et part sur les traces du dessinateur de fresques qui ornent les murs de Naplouse. Le premier tome est paru chez Hanguk.
  • L'un des auteurs de BD israéliens les plus connus, Uri FInk, livre régulièrement ses chroniques. Il raconte dans Israël-Palestine entre guerre et paix (Berg International) la vie d'un Israélien qui veut la paix mais "qui est entrainé dans des logiques qui le dépassent".
  • L'Américain Joe Sacco avait consacré plusieurs BD-reportages à la Palestine dans les années 1990, au moment où les premiers espoirs de paix liés aux acoords d'Oslo semblaient mettre fin aux abus les plus criants de l'occupation. Sa plongée pleine d'humour et d'intelligence dans le quotidien en Cisjordanie et à Gaza est très instructive. Joe Sacco, Palestine. Une nation occupée et Palestine. Dans la bande de Gaza parus chez Vertige Graphic en 1996. Retrouvez l'article consacré sur ce blog à un autre album de Joe Sacco sur la guerre en Bosnie, Goražde.
  • Comment devient-on terroriste ? (2) Shahidas. Des femmes terroristes en Egypte. Un entretien avec le scénariste Laurent Galandon.
  • L'italien Paolo Cossi nous offre un récit graphique pour comprendre le génocide arménien de 1915. La BD vient de paraître chez Dargaud. Cela s'appelle Medz Yeghern.
  • Ted Rall a plusieurs qualités, c'est un très bon reporter qui sait dessiner et qui a de l'humour. Illustration avec Passage Afghan, paru en 2004 et La route de la soie en lambeaux, annoncé pour août dernier et qui paraît enfin à La Boîte à Bulles. Rall est américain et a voulu se rendre compte sur place des effets de la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan après le 11 septembre 2001.
  • Kaboul Disco ou l'histoire de Nicolas Wild, dessinateur qui se retrouve à Kaboul en 2005. 2 tomes parus à La boîte à bulles.
  • Stéphane Clément. Chroniques d'un voyageur. L'engrenage turkmène par Daniel et Paûle Ceppi.

 

  • Faisons une place à part à la BD-reportage photo Le Photographe de Guibert, Lefèvre et Lemercier récemment rééditée en édition intégrale dans la collection Aire Libre chez Dupuis. Le photographe DIdier Lefèvre y raconte merveilleusement bien son voyage en Afghanistan  à l'été 1986, alors que le pays est envahi par les Soviétiques depuis 1979. Il accompagne une équipe de Médecins Sans Frontière encadrée par des moujahidines.

 

De la musique

 

  • "La Guerre du Golfe a eu sa (belle) part de désinformation (si, si, je vous jure, n'en déplaise aux journalistes qui trouvent qu'ils ont fait honnêtement leur travail), le chanteur Jean Leloup en a aussitôt fait une chanson érotico-sarcastique..." En 1990, c'est l'heure de la "conscientisation" par Jean Leloup
  • Médine, le rappeur du Havre, a consacré un titre de son album Jihad à Malcolm X et à Massoud, héros de la lutte contre les Soviétiques en Afghanistan : "Du Panshjir à Harlem"L'Algérino  reprend un concept proche dans son titre "Etoile d'un jour" sur son album Les derniers seront les premiers.
  • Une chanson du Colonel Bagshot sur la guerre des Six-jours de 1967.

 

 

  • Le groupe de rock russe DDT s'est rendu célèbre en 1980 par son titre  "Не стреляй!" ("Ne tire pas").  Iouri Chevtchouk et son groupe DDT deviennent alors célèbres... et suspects avec ce titre qui invite les jeunes soldats soviétiques à ne pas tirer ! Nous vous en parlons plus en détail sur l'histgeobox où vous pouvez écouter ce titre emblématique.
  • L'Afghanistan est également évoqué dans la chanson "Washington Bullets" des Clash en 1981. Plus de détails sur l'histgeobox.

 

    Des films

     

    La terre est un des enjeux essentiels du conflit qui oppose depuis plusieurs décennies Israël et les Arabes. Bien sûr, il y a également des enjeux symboliques non négligeables, ils se superposent et s'enchevêtrent sur cette terre que chacun s'accorde à penser comme sienne. Face à la complexité de ces enjeux, une approche trop manichéenne est souvent de mise. Le cinéma offre parfois, mieux que la télévision et internet, la possibilité de se plonger dans un univers qui nous est inconnu quand bien même il fait partie de notre univers médiatique.
    Deux films réalisés par des cinéastes israéliens nous permettent cette plongée.

     

    En kiosque

     

     

    Nous retenons pour ce dossier une conception très large de la notion de Moyen Orient incluant tous les pays suivants :

    Egypte, Israël, Palestine, Jordanie, Liban, Syrie, Turquie, Irak, Iran, Koweït, Arabie Saoudite, Qatar, Barheïn, Emirats Arabes Unis, Oman, Yemen, Afghanistan, Asie centrale (Kazakhstan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan) et Caucase (Arménie, Géorgie, Azerbaïdjan).

    Pour le reste de l'Asie (orientale et méridionale), retrouvez la sélection de BD, mangas, manhwas et manhuas sur l'Asie.

     

     

Samarra aux Etats-Unis

par Aug Email

 
 
Dossier sur la Nouvelle-Orléans  :
 
 
 
Des livres :

 

Des BD et mangas :

 

Des films :

 

A la télé :

 

Des photographies :

 

 

En images :
 

 

En kiosque :

 

 

 

En musique :


Sur le bues :

 

 

De nombreux titres sur l'histgeobox :

 

 

Retrouvez également sur les Etats-Unis nos dossiers sur :

L'histoire et la géographie du Rap

La lutte pour les droits civiques des noirs américains

 

 

 

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