28 Juin 2009 - Solidays jour 3
Le festival a très bien commencé dimanche. Dans la navette qui nous emmenait de Porte Maillot à l'Hippodrome de Longchamp j'ai fait la causette avec Périne (c'est bien ça ton prénom ?), une punkette fan de Guerria Poubelle venue comme bénévole pour une asso qui fait de la prévention auprès des toxicomanes. C'est agréable de pouvoir faire des rencontres, causer avec des inconnus comme si on se connaissait depuis toujours.
Ah, je suis bien content de vous avoir planté au milieu de mon post sur la journée d'hier. Ok, c'était pas très poli. Mais, hé, je me suis rattrapé. Et d'un. Et de deux ça m'a permis de voir Che Sudaka. C'est pas souvent qu'on a l'occasion à Paris de voir ces groupes issus de l'excellente scène métissée Barcelonaise.
Au passage, je conseille à tous les internautes curieux de télécharger deux excellents albums mis en ligne par des artistes qui savent faire la fête : La Pégatina (qui récidive, c'est leur 2ème album qu'ils mettent en ligne) et la Troba Kung Fù. C'est gratuit et c'est légal et si on est suffisamment à leur demander des concerts dans nos villes sur leurs forums, ils viendront peut-être nous visiter..jpg)
Dès le début du concert j'ai su que ce ne serait pas un concert comme les autres. Un concert avec ce plus qui fait qu'on s'en souviendra. Ils sont entrés sur scène un par un, sur le sample de leur première chanson « Ciego » : Batterie, basse, clavier/accordéon, guitare sèche/chant, et un deuxième chanteur.
Originaires d'Argentine pour la plupart, Che Sudaka signifie « les gars d'Amérique du sud ». Sudaka étant un terme péjoratif pour désigner les immigrants d'Amérique du sud en Espagne. Ils ont choisi leur nom de groupe comme un pied de nez à l'Espagne conservatrice et nationaliste qui, comme la droite au pouvoir en France met sur le dos de l'immigration la responsabilité de tout un tas de fléaux. Venant d'horizons différents, ils ont fait leurs armes dans différents groupes a travers la galère des maquettes, des concerts non payés pour finalement se retrouver ensemble dans la rue. C'est en jouant dans la rue pour les touristes et les Barcelonais qu'ils se sont construit leur identité.
Cette urgence on l'a retrouvée intacte pendant le concert, l'envie de jouer de la musique coûte que coûte aussi. Une énergie punk au service des rythmes métissés parmi lesquels la cumbia, la salsa, le reggae ou le ska. Un moment fort de ce concert a été la reprise de English Man in New York de Sting en espagnol qui devient « Sin Papeles » : « Soy un immigrante illegal en Europe ». Sur tous les morceaux, même les plus calmes, les deux chanteurs sautaient dans tous les sens comme des lutins énervés.
Ils ont fini le concert en nous faisant scander « Che Sudaka » histoire que tout le monde se souvienne d'a qui ils ont eu a faire, puis ils sont revenus alors que l'heure de concert était passée pour chanter une dernière chanson, quasiment en acoustique, comme un généreux cadeau au public des Solidays.
Et puis ils ont vendu leurs disques et leurs t-shirt devant la scène. Ce qui est une excellente idée étant donné le mal que j'ai eu à avoir leur CD à la régulière. Les prix défiaient toute concurrence : 5 euros le CD ou le t-shirt, 10 euros le dernier CD+DVD. Les autocollants et les affiches étaient gratuits, je leur ai pris leur premier CD sur lequel je n'avais pas encore eu la chance de mettre la main.
Le temps d'acheter le CD, les T-Shirts, de retrouver Patrick qui à hérité de la place que je m'étais achetée pour ce dimanche. On est passé devant Piers Faccini qui faisait ses balances.
En continuant notre promenade, on est arrivés tout doucement près de la première des deux grandes scènes à temps pour voir la toute fin du set de Pep's. C'est de la chanson française inspirée de reggae. Ça avait l'air plutôt sympathique, mais après Che Sudaka, ça nous a paru un chouilla fade. On en a profité pour siroter notre bière au calme en profitant de la musique.
En arrivant aux Solidays on nous donne un petit fascicule qui présente les plus grosses associations partenaires du festival, qui donne le programme des concerts jour par jour, scène par scène et qui donne un petit descriptif aussi succint qu'approximatif de chaque groupe. Quand j'y ai lu que la fille de Jacques Higelin faisait du rock, je me suis bien marré et j'ai critiqué avec Adrien ces fils de... qui font de la musique au rabais sous prétexte que leur papa est connu. J'ai aussi lu quelque part que ça serais la nouvelle Janis Joplin française, là encore je me suis gaussé, souvent les filles qui se réclament de Janis Joplin aiment bien Janis Joplin mais sont bien trop polies pour lui ressembler.
Ben là, quand on a entendu les première accords de guitare en provenance de la grande scène à côté de celle ou a joué Pep's, j'ai cru que c'était les Wampas qui jouaient. Qu'ils avaient changés les horaires.
En s'approchant on s'est aperçu de notre méprise : Izia à une bien plus jolie voix que Didier Wampas !!! Et honte sur moi, elle mérite effectivement la comparaison avec Janis Joplin. Avec son groupe elle joue un gros rock d'influence fin 60's début 70's. Et sa voix bien posée, pleine d'énergie et de rage, je vais jusqu'à dire que ça m'a fait penser à Led Zeppelin. Elle a 18 ans, elle tient la scène avec désinvolture, elle a ce grain de folie adolescent indispensable pour faire du rock'n 'roll. Ses chansons sont en anglais.
Pendant tout le concert, elle sautait partout, donnais de grands coups d'épaules à ses musiciens, elle se roulait par terre à la fin de chaque morceau. C'était un concert donné à cent a l'heure, bourré d'énergie, joué dans l'urgence, elle m'a vraiment bluffé.
Ça fait plaisir de voir une femme, jeune, chanter,sauter et se rouler par terre et jouer du rock'n'roll à fond les guitares. Elle donne la preuve qu'une femme peut faire du gros son qui tache. Et sans rien perdre de sa féminité : quand elle se redressait d'un coup en projetant sa crinière rousse en arrière, je ne pense pas que j'étais le seul à être émoustillé!
Il faisait si chaud dans le public, entre la musique et le soleil de plomb qu'ils ont sorti les lances à eau pour arroser le public! L'eau sur l'herbe et la paille sur le sol, une chaude odeur d'écurie envahissait le public.
Elle s'est faite rappeler et ils ont joué une reprise de Little Richards endiablée. C'est sur qu'elle à dû s'arrêter près du carrefour elle...
Moi je suis parti vite, vite pour rejoindre l'espace presse où débutait la conférence de presse de Mouss & Hakim dont je ferais la retranscription plus tard.
J'ai été un peu déçu par Ayo. Je l'écris tout de suite pour pas froisser les fans, un blog c'est pas du tout un truc qui doit être objectif, j'essaie depuis le début du festival de retranscrire ici ce que j'ai ressenti pendant les Solidays. C'est sûr qu'entre Izia et la fête à Mouss & Hakim, il fallait avoir la super pêche pour tenir la route face à de telles bêtes de scène.
Elle nous a dit qu'elle sortait de l'hôpital. Et c'est vrais qu'elle avait l'air toute frêle, toute fragile sur scène. La deuxième moitié du concert était quand même plus chaude. Ils ont joué une reprise de Michael Jackson, puis une chanson inédite en français qu'Ayo a écrit juste à sa sortie de l'hopital. Elle a fait l'impasse sur son tube « Down on my Knees » pour plutôt jouer son nouveau single « Slow, Slow ». Ils se sont quand même un peu lâché sur ce dernier titre, mais bon, il a fallu attendre la fin du concert...
19 heures FÊTE A MOUSS & HAKIM
Pendant la conférence de presse j'ai appris que ça ne serait pas un concert des Origines Contrôlées comme celui que j'avais pu voir il y a quelques mois, mais plutôt un florilège des morceaux joués par Mouss et Hakim en 20 ans de scène.
Ils ont commencé très fort par « Hasta Siempre » de Carlos Puebla en hommage à Che Guevara. Puis « Bella Ciao », « L'Estaca », chanson anti-franquiste de Lluis Llach a été l'occasion de nous montrer qu'on peut jouer en ternaire sans être pompier. Parce que les deux frères, ceux qu'on a découvert avec Zebda, ils ont une pêche énorme, mais ceux qui les accompagnent, non seulement ils ont la patate, mais en plus ce sont d'excellents musiciens. Jean-Luc Amestoy à l'accordéon et Serge Lopez à la guitare Flamenco. Quand même... (allez voir les liens il y a des trucs à écouter!) Et ça tourne, et ça chante, et ça semble si facile. Ils n'ont même pas à inviter le public à chanter avec eux, ça part tout seul, ça part du ventre, des cuisses et sans s'en apercevoir, on se retrouve tous dans les bras les uns des autres ou les mains en l'air à chanter avec eux. Ça fait plaisir quand on a une conscience politique ancrée solidement vers la gauche, de voir ces chants de luttes et de résistances dépoussiérés et transmis de génération en génération.
Cette fête a aussi été la chance de retrouver des chansons de Zebda qu'on avais pas entendues depuis 2002 (Oualalaradime)... Heureusement que depuis 2002 ils ne sont pas restés à rien faire, ce spectacle en témoigne avec des reprises de chanteurs populaires de l'immigration Algérienne. Notamment « Thalt Ayam » d'Aït Menguellet. Sonia qui était derrière moi pendant le concert m'a dit après le concert que ça lui a fait tout bizarre et plaisir à la fois d'entendre la chanson préférée de son père jouée comme ça devant 30 000 personnes et reprise en chœur par le public... Ça montre que comme disent Mouss et Hakim, ces chants que ce soit ceux des immigrés Algériens, ou les chants de la résistance amenés en France par l'immigration espagnole, ont aussi leur place sur l'empreinte culturelle de la France. Au même titre que des chansons du répertoire comme « La Butte Rouge » de Montehus ou du « Chant des Partisans » du duo Kessel/Druont.
J'ai dû quitter le concert au milieu car une conférence de presse avec Manu Chao était annoncée. Malheureusement elle n'a pas eu lieu. Le bon coté c'est que j'ai pu retourner dare-dare au concert de Mouss & Hakim. Je ne me souviens plus du prénom de la photographe fanne de Manu Chao avec qui j'étais à ce moment, mais elle a mon e-mail!
C'est sur « Le Chant des Partisans » que le concert s'est terminé, tout le monde scandais « motivé-e-s, motivé-e-s, soyons motivé-e-s » (avec les -e-, c'est important) en chœur avec Mouss et Hakim qui nous haranguaient, debout sur les amplis au bord de la scène, en tenant leurs pieds de micro à bout de bras.
Dès la fin du concert je suis retourné au premier rang où m'attendait Patrick, on s'y était installés dès la fin du concert d'Ayo, pour être surs d'être bien placés pour le concert de Manu Chao... C'était tout planifié!
À moins d'une heure du concert de Manu Chao, la tension commençait a monter, debout contre la barrière de sécurité, on commençait à sentir que ça allait être un grand moment.
De loin on entendait les riffs de guitare du concert des Wampas, ce groupe punk-rock français qui a traversé les années 80, 90, et 2000 sans se départir de sa folie, de son indépendance, ni de la voix de son chanteur. Pendant ce temps sur la scène « Paris » devant laquelle nous étions, le matériel pour le concert de Manu Chao était mis en place, les musiciens sont passé les uns après les autres pour faire eux-même le sound-check avec Chuco, le sonorisation de la Radio Bemba.
David à la batterie, Julio aux claviers, Garbancito aux percus, Angelo à la trompette, Madjid à la guitare et Gambeat à la basse. C'est Gambeat qui a fait les tests pour Manu. Avant même le début du concert, la sécurité doit évacuer des premiers rangs les gens qui se sentent mal.
22 heures MANU CHAO
Dès le premier kick de grosse caisse, on est collés contre les barrières de sécurité. Le public est chaud-bouillant. J'ai le droit de prendre des photos pendant les trois premières chansons. Mais là, c'est le drame... Plus de place sur la carte SD de 2Go que je m'était prévue pour la journée. Juste pour le concert que j'attendais le plus de tout le festival des Solidays. Il y a des fois comme ça où on se sent maudit, où on à bêtement l'impression que le monde est contre vous. J'efface dans l'urgence quelques photos au hasard. De toute façon je suis bousculé à droite, à gauche, je ne sais pas ce que vont donner les photos. A mon avis ça doit être tout flou!
Le concert Commence par « El Oyo », avec une longue intro sur laquelle les musiciens se mettent en place. Ils font évoluer le morceau entre mouvements rock, d'autres plus reggae. C'est marrant d'entendre à quel point les chansons sont transcrites sur scéne. C'est tout a fait différent de ce que l'on entend sur disques. Même « La Primavera », cette ballade sur l'album « Proxima Estacion... » devient un brûlot rock quand elle est transposée sur scéne.
J'ai du mal à retrouver des souvenirs précis de ce concert. J'étais trop dedans. Trop plongé dans l'univers que Manu Chao nous proposait sur scène. Trop compressé par la foule contre la barrière. Trop en train de chanter les paroles en même temps que Manu, la main en l'air. Et j'ai trop de souvenirs de concert de la Radio Bemba depuis 2001... ils se mélangent un peu dans ma tête.
Même si l'ambiance devant la scène est assez violente, on se prend des coups, on se bouscule, l'ambiance reste toujours bon enfant. C'est à dire qu'on se donne des coups d'épaule et qu'on se jette les uns sur les autres, mais toujours avec le sourire, dans la bonne humeur, et on fait attention les uns aux autres. Tout ceux qui se sentaient mal ou étaient fatigués, on les aide à se reculer. Si quelqu'un tombe par terre, on retient les copains pour pas qu'ils le piétinent,... J'ai conscience que de loin c'est impressionnant, mais de l'intérieur on rigole bien et on fait attention les uns aux autres. Si le lendemain on a deux trois bleus, c'est pas pire que les crampes que peuvent ressentir pendant des semaines les mecs qui courent un marathon. On est là pour être ensemble, et pour en prendre plein les oreilles, plein la vue. Pour ce qui est des oreilles je mets quand même des bouchons d'oreilles. Ça fait quelques années que je vais régulièrement voir des concerts et ça me ferait mal de devoir arrêter a cause d'acouphènes...
Le concert avançait, j'étais comme sur un nuage, Gambeat faisait du human beat-box sur « the Monkey », Madjid et Angelo nous ont offert de magnifiques instrumentaux à la guitare et à la trompette sur « Desaparecido ». « Rumba de Barcelona » a été l'occasion pour Manu de dénoncer ce qui se passe dans les rues de Barcelone où la police confisque leurs instruments aux musiciens des rues et leur infligent de lourdes amendes. Ces artistes sont pourtant mentionnés sur les dépliants publicitaires édités par les voyagistes et l'office de tourisme de Catalogne. Je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec ce qui se passe sur les quais de scène, au pied de l'institut de monde arabe, a coté de Jussieu où depuis des années des mecs se retrouvent pour jouer de la cornemuse, de la vielle-à-roue, de l'accordéon diatonique et tenter de garde
r vivant tout un répertoire de musiques, de rythmes et de danses de la France d'avant la guerre de 14, avant qu'ils ne tombent dans le folklore et que ça devienne des pièces de musée. Et bien ces gens qui ne demandent rien qu'à jouer de la musique gratuitement les mardis soirs d'été, on leur demande maintenant des tas de justificatifs administratifs. Précipitez-y vous cet été.
Après quelques chansons plus acoustiques, Madjid a repris sa guitare électrique pour jouer une version allongée de « Raining In Paradize » du dernier album. C'était super chaud dans le public, on s'était un peu reposés pendant les chansons plus calmes.
A la fin du concert, on a assisté à un truc assez surréaliste : Manu qui était obligé de négocier le droit de jouer de la musique pendant son propre concert. La chanson « Volver, Volver » à été avortée, ils ont enchainé sur « les Rues de l'Hiver » du livre album « Sibérie m'était contéee ». L'organisation du festival leur a coupé le son. Pendant que Radio Bemba jouait sur leur scène, après avoir fait tout un tapage autour de la participation de Manu Chao à leur festival, ils lui ont coupé le son! On voyait Manu donner de grands coups de pieds dans ses retours pour demander à ce qu'on lui remette le son. Finalement ils peuvent jouer leur morceau. Ils enchaine avec Pinocchio la chanson que tout le monde reprend en chœur et qui fait « Lôlô Lôlô Lôlôlôlô ». Les bénévoles des Solidays ont envahi la scène Les musiciens de la Radio Bemba sont restés en place, on a bien essayé de demander des rappels, mais rien à faire, les organisateurs ne voulaient décidément plus que Manu Chao joue pour eux. Il y avait certainement de très bonnes raisons techniques à ça, mais sur le coup, qu'est-ce qu'on étais frustrés... Surtout que je sais que le Manu Chao est capable de jouer des concerts de trois heures, comme à Bercy l'année dernière.
Petit à petit la foule s'est dirigée vers la sortie. Grâce a mon passe presse, je suis sorti par la sortie technique. On chantait encore « Lôlô Lôlô Lôlôlôlô » avec les bénévoles tout le long du chemin du retour.
A me la jouer VIP comme ça j'ai raté un truc assez marrant. C'est de la seconde main, mais je l'ai entendu de deux personnes différentes. A côté de l'entrée au site il y avait des lapins en plastique coloré rouge et orange d'à peu prés un mètre de haut. Il font partie d'une œuvre d'art apparemment, il y avait de la doc là dessus dans l'espace presse, mais j'ai pas pris le temps de la lire. Bref, des mecs se sont emparés des lapins et toute la foule a porté les lapins fluos en scandant « Libé-rez les-La-pins, Libé-rez les-La-pins »!!!
27 Juin 2009 - Solidays jour 2 - Les concerts
19 heures AMADOU & MARIAM
Le premier véritable concert de la journée fut celui d'Amadou et Mariam. C'était un vrai dilemme pour moi. Amadou & Mariam jouaient en même temps que La Phaze, un groupe qui mêle drum'n'bass et punk. On m'a raconté que ça a été un super concert. Mais comme j'ai déjà vu La Phaze quelques fois depuis leur dernier album alors que je n'ai pas encore vu les chansons du dernier album d'Amadou & Mariam en live, j'ai choisi d'aller voir les Maliens. Et puis je pouvais d'autant moins les rater que c'est grâce a un post sur mon blog a propos de SMOD, le groupe de leur fils, Sam, que j'ai été sélectionné par Mondomix pour aller blogger aux Solidays.
Les musiciens se sont mis en place puis des gens de l'organisation ont aidé Amadou & Mariam à s'installer. Amadou a passé sa magnifique guitare dorée, on a donné son micro à Mariam et le concert à commencé. Ils ont commencé par un « Welcome to Mali » emmené par une rythmique implacable, les voix d'Amadou et Mariam se répondaient, soutenus par deux choristes. Ils ont joué un morceau qui collait très bien avec l'ambiance du festival, « Africa » : « En Afrique, il n'y a pas que la guerre / En Afrique, il n'y a pas que la famine / En Afrique, il y a la solidarité ». J'adore leurs textes naifs. Je dit naif, mais pas dans le sens niais, attention, plutôt dans le sens du courant artistique. Comme les toiles du Douanier Rousseau.
Il n'y avait pas de second guitariste, contrairement à ce que j'avais vu sur la précédente tournée, là c'était Amadou qui jouait toutes les parties de guitare. A un moment le bassiste s'est jeté à genoux au pieds d'Amadou qui lui se tord dans tous les sens. Il pause comme un rockeur, tel un Jimi Hendrix en boubou. Pendant ce temps Mariam nous exhorte à faire la fête : « chauffe, chauffe !!! ». Tu parles si ça chauffait à l'ombre du chapiteau!
J'ai pas vu le temps passer, ils étaient déjà en train de faire la présentation des musiciens. On se rapprochait déjà de la fin du concert. L'ambiance est montée d'un cran quand ils ont joué « triste réalité », un des tubes de leur précédent album. Le public était dans un délire. Ça dansait, ça chantait, tout le monde tapait dans les mains, et pourtant, tous les festivaliers les plus agités étaient au concert de La Phaze! Vraiment le public était superbe : métissé, attentif, énergique, presque fervent.
Pendant le jam final, le bassiste a fait un hommage discret à Michael Jackson dont on venait d'apprendre de décès en jouant le riff de Billie Jean. Puis c'est le percussionniste qui à fait son solo, avec les choristes, l'un jouait pour les autres qui dansaient. Pfiou, quelle énergie sur scène! Elle se sont démenées, nous étions époustouflés.
Et finalement, toujours ces horaires à respecter pour un festival, le concert s'est fini au bout d'une heure trop courte.
Aprés ce nouveau très bon concert, j'ai eu la flemme d'aller jusqu'à la scéne où se produisait Kesiah Jones, j'ai mangé un morceau en écoutant d'une voix distraite la voix charmante d'Alela Diane et son folk américain.
21 heures SEFYU
J'ai découvert Sefyu vraiment par hasard en surfant sur internet, je m'attendait à tomber sur un clip bien glauque où des mecs mimeraient des relation sexuelles avec des filles à moitié nues. Hé bien non, à mon grand étonnement, rien de tel. Par contre c'est sûr qu'il se la donne! Sefyu ne fait pas de slam! Il porte bien haut le drapeau du rap hardcore. On ne fait pas passer des messages aux adolescents en le leur présentant sous la forme d'un truc chiant.
Il cultive sa réputation de bad boy en arrivant sur scène masqué d'un foulard sur le sample du claquement d'un chargeur de kalashnikov. Ça m'a fait super plaisir de m'éclater sur un son aussi radical. L'ambiance était super chaude, comme dans un concert de punk! Et ça m'a fait encore plus plaisir de m'éclater sur un son pareil sans avoir un arrière goût amer dans la bouche à cause de paroles auxquelles je n'adhèrerais pas. Ses textes sont bourrés d'argot et d'insultes, mais toujours conscients, toujours politiques, et jamais moralisateurs, jamais racistes ni sexistes.
Sur scène ils sont 4. Un Dj et trois MC, Sefyu, RR et Baba. Les chansons sont entrecoupées de saynettes pendant lesquelles les trois rappeurs font mine de se clasher pour illustrer la chanson a venir. C'est un show super bien rôdé, ils occupent toute la scène, en se poursuivant d'un bout à l'autre.
Une partie du public est constitué de bénévoles qui portent des t-shirts du conseil général d'Île de France. Ils connaissent les chansons par cœur, ce sont eux qui mettent l'ambiance sous le chapiteau. Ils terminent leur set par le tube Molotov 4 et son refrain qui zonzonne grâce auquel j'avais découvert Sefyu.
22 heures FRIENDLY FIRES
Pour le coup, entre 22 heures et 23 heures samedi, le choix était limité. Bénabar d'un coté. Mais la chanson, c'est pas ma tasse de thé. Friendly Fires que je ne connais pas mais qu'il m'ont dédicacé une affiche dans l'après midi... Allez je leur doit bien d'aller voir leur concert.
Ils jouent une pop anglaise dynamisée par une section de cuivres. Ça donne un coté disco a l'ensemble... D'ailleurs le chanteur qui arbore une somptueuse chemisette à fleurs passe le concert à se déhancher. A le voir, on se croirait dans une boite de nuit à Londres où ils ne passeraient que des tubes disco des années 70. A voir le public on se croirait plutôt au lycée.
Je passe quand même un très bon moment, je trouve ça agréable de passer du rap de Seyfu au rock-disco en quelques secondes... C'est certain en plus que si ça n'avait pas été a l'occasion d'un festival, je n'aurais jamais vu ni l'un ni l'autre des concerts.
23 heures ANTHONY JOSEPH
J'avais tellement aimé le concert de Tony Allen hier que j'ai immédiatement décidé d'aller voir Anthony Joseph quand j'ai appris qu'il se laisse influencer par l'Afrobeat. Anthony Joseph slamme. C'est de ce style qu'il se réclame. Mais attention, il ne slamme pas comme Grand Corps Malade ou Abd al Malik. Il slamme plutôt comme Saul Williams par exemple. En tout cas s a plus grande influence viendrait certainement de Gil Scott-Heron, ce vétéran qui a enregistré en 1970 le brulot « The Revolution won't be Televised ». A l'époque on ne parlait pas encore de slam. Mais de chanson/poème, plus tard on le classera dans le spoken word... Mouais bon les étiquettes, hein...
Anthony Joseph quant à lui est accompagné sur scène par le Spasm Band, un backing band aux sonorités très funk composé d'une basse, une batterie minimaliste, une guitare, un percussionniste et un saxo/flutiste. Ils semblent tous venir d'horizons différents. Mais le tout est fantastique. C'est vrai qu'il y a un peut d'afrobeat dans ce qu'ils font. Surtout qu'ils font durer les morceaux.
Anthony Joseph ne tient pas en place, il parcourt la scène de long en large à toute vitesse. Pas de gimmicks hip-hop, Anthony Joseph est plutôt dans un registre funk. Les longues impros du groupe colorent le tout d'une sonorité psychédélique des plus agréables.
Keziah Jones qui assistait au concert depuis l'arrière de scène a été invité a jouer de la guitare sur un morceau. Il est venu jammer avec Anthony Joseph. Très pro, le reste du groupe a su se mettre plus en retrait afin de laisser une belle place à Keziah Jones. Déjà que je me satisfaisais du concert d'Anthony Joseph, mais là, voir une star de l'envergure de Keziah Jones jouer pour le plaisir, juste histoire de partager un moment sur scène avec un ami, j'ai eu l'immense chance d'assister à un de ces moments privilégiés où la musique est vecteur d'une énergie particulière.
Ça a été pour moi une très agréable façon de finir la journée. J'étais au premier rang à me trémousser avec la musique, à me déhancher sur les rythmes funkys. Mais c'était déjà la fin du concert.
J'aurais bien voulu voir les Buraka Som Systema, mais il fallait les attendre plus de trois heures. En bon père de famille je suis rentré à la maison.
26 Juin 2009 - Solidays jour 1
Programme 2009
Pour ne pas me retrouver à la fin du festival avec des regrets j'ai fait la liste des 3-4 concerts par jour que je ne veux SURTOUT pas rater. En espérant qu'ils ne seront pas programmés en même temps : il y aura cinq scènes quand même.Vendredi
L'incertitude n'en finit pas de planer quand a la participation ou non de NTM... A part ça, il n'y a, a priori, personne pour qui je me boufferais les doigts de programmé ce jour là. Je vais profiter de l'ambiance du festival, faire un tour des stands du village associatif, j'espère quand même faire de belles découvertes. Par exemple l'afrobeat de Tony Allen dont on m'a dit plein de bien et que j'ai envie de découvrir depuis que Doctor L, son producteur, en a parlé dans une interview avec une ferveur réservée d'habitude à un père.
Samedi
Je vais tout faire pour assister au concert (qui sera forcément bruyant) de La Phaze. J'adhère a leur style depuis le début, un mixe de jungle et de punk qu'ils ont baptisé eux même pungle. Dans un style finalement pas très éloigné, j'espère ne pas raté les Buraka Som Sistema qui sont en train de faire connaître au monde entier le kuduro, un mixe de house et de rythmes angolais accélérés. Avec ces deux groupes là, ça devrait me faire les cuisses, ça va guincher!!! Samedi, ça sera aussi l'occasion de découvrir ce que donnent les titres du dernier album d'Amadou & Mariam sur scène.
les programmateurs des Solidays ont dû venir piquer les meilleurs cd de ma discothèque pour faire la programmation du dimanche...
Les deux frères Amokran : Mouss & Hakim de Zebda, de 100% Collègues, de Motivé-e-s. Ils présentent Origines Contrôlées, un concert composé de chansons de l'immigration algérienne.Le groupe barcelonais Che Sudaka qui métisse influences colombiennes, argentines et punk. Emir Kusturica a prévu de venir faire la fête avec son groupe de rock serbo-croate bigarré, the No Smoking Orchestra. Et, en guise de grand final, le concert de Manu Chao.
En route pour Longchamp
Le festival Solidays à lieu tous les ans depuis 1999 sur l'hippodrome de Longchamp, dans le bois de Boulogne à Paris. Solidays est organisé par l'association Solidarité Sida qui s'est donnée pour mission de lutter contre le sida et de sensibiliser les jeunes contre ce virus.Et, énorme surprise pour moi, j'y vais cette année, invité par Mondomix afin de tenir le blog du festival pour eux. Là, il faut absolument que j'écrive à quel point je suis honoré et flatté de tenir ce blog pour eux. Mondomix est ma référence en matière de musiques du monde. Chaque mois je ne manque pas d'écumer les bars dans le sobre seul but de trouver le Mondomix papier du mois. Je ne compte pas les cd de ma discothèque (ni les fichiers mp3) que j'ai achetés après avoir lu une critique ou un portrait d'artiste dans les pages du "magazine des musiques en couleurs". Surtout parmi les chroniques "6ème continent". Et puis je suis flatté parce que j'ai été choisi pour partir blogger aux Solidays après leur avoir envoyé un post du blog que je tiens avec ma moitié (qui est un hamster, moi je suis une frite... bonjour le mélange).
Même si j'habite pas bien loin, ça fait un bout de temps que je suis pas allé aux Solidays. Fin juin/début juillet est une saison favorable aux concerts à Paris. Le genre de quinzaine pendant laquelle je ne sais plus où donner de la tête, pendant laquelle je dois choisir entre trois ou quatre concerts à ne rater sous aucun prétexte par soir. Le genre de quinzaine pendant laquelle je pose des congés pour pouvoir me reposer un peu entre toutes ces soirées. Alors prendre des places plusieurs mois en avance pendant cette période, j'évite. Ou alors il faut que ça soit vraiment un super concert d'annoncé. Cette année, dès que Manu Chao a été annoncé, j'ai pris un billet pour les Solidays.
C'est vrai, c'est vrai, j'avais prévu d'aller aux Solidays 2009 avant d'apprendre que Mondomix m'invitais pour aller y blogger!
J'ai de très bon souvenirs des Solidays. J'y étais allé en 2001 et 2002. Je me souviens d'une scène reggae/ska en 2001... on avais pogoté au soleil pendant des heures. Puis on s'était faufilés au premier rang de la grande scène pour voir Iggy Pop. Quel souvenir! Iggy Pop torse-nu qui se lance dans le public et qui tombe juste sur ma tronche... j'étais a moitié assommé... Plus tard on a fini la soirée à danser la salsamuffin avec le Sergent Garcia.Ce n'est que l'année suivante que j'ai pris le temps de faire le tour du village associatif. Comme je fais partie de la "génération sida", on avait bien compris qu'il faut se couvrir, se protéger et tout. Par contre, lycéen, la galère c'était que le budget préservatifspouvait facilement entamer le budget concerts... On est parti des stands avec des dizaines de capotes de toutes sortes dans les poches!
Coté concerts, en 2002, je me souviens m'être fait mettre la main au collet par un gars de la sécurité alors que je slammais pendant le concert de Dionysos... Sur le coup j'avais pas trop compris ce qui ce passait. Surtout que juste avant, les furieux de Marcel et son Orchestre nous encourageaient à le faire, navigant eux-même sur la foule du public dans un canot gonflable. Un autre souvenir unique des Solidays quand on s'est endormis pendant la Nuit du Zapping et qu'on a été réveillés au petit matin seuls sur le site du festival par les voitures-balais de la propreté de Paris. En 2002 côté musique on avait vu UB40, Saian Supa Crew, Les Rita Mitsouko, Tarmac,... Vraiment, je n'ai que d'excellents souvenirs des Solidays.
Alors y être invité en 2009 pour tenir ce blog... Avec la programmation prévue cette année... Wouah, vraiment ça me fait très très plaisir.




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30.06.09 00:29:52,
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