Samedi : Solidays ou le marathon des concerts
Comme prévu, cette deuxième journée aux Solidays s’annonce bien chargée : j’ai envie de tout voir...dur de faire un choix ! Armée de mon programme, j’entame une réflexion stratégique digne d’un militaire pour atteindre mon objectif ! Une fois les concerts et les activités du jour définis, l’immersion dans la foule des " Solidayres " peut commencer….
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Les " Solidayres"
Le beau temps d’hier s’est transformé en fournaise mais cela ne semble décourager personne. Il en faudra plus aux festivaliers pour les empêcher de s’amuser et de danser. De toute façon, Fanga ne leur aurait pas laissé le choix ! Le groupe français a ouvert les hostilités dès 16h sur la scène Bagatelle. L’afro-beat façon mandingue séduit le public qui se lâche davantage au fur et à mesure du set. L’ambiance va crescendo, la température monte, la magie afro-beat s’empare des spectateurs et fait son effet. Je suis moi-même saisie par la musique de ce groupe qui doit sa réputation à ses folles prestations live. C’est un peu frustrée que je pars avant la fin…je dois me rendre à l’autre bout de l’hippodrome. Je pense que je n’ai jamais autant marché à un festival ! L’immensité du site est parfois un handicap lorsqu’on veut multiplier les concerts. Direction le César Circus !


Fanga !
17h, César Circus. C’est avec une terrible impatience que j’attends le groupe suivant ! Je trépigne, je suis pressée, j’ai envie de prendre une grande claque (musicale évidemment !). Je ne serai pas déçue. Décidément, Tumi & The Volume continuent à mettre le feu partout où ils vont. Alors qu’une légère brise et quelques nuages s’installent, le hip-hop sud africain en balaie les effets rafraîchissants en à peine trois notes. Dès le début du set, Tumi et ses musiciens sont vraiment à fond. En frontman expérimenté, le rappeur échange avec son public qui se fait un plaisir de lui répondre. A la fin du premier morceau la complicité est déjà là. Tumi sourit et la fosse le lui rend bien. Les titres de Pick a dream s’enchaînent et font jumper l’assistance qui est bientôt toute trempée. Une heure intense qui aurait pu m’achever si je n’étais pas motivée par la suite de la soirée. En tout cas, c’est sûr, Tumi & The Volume sont en passe de devenir des monstres sacrés incontournables.

Tumi & The Volume
En attendant la suite, une petite ballade est nécessaire pour se dégourdir les jambes. Je continue à découvrir toutes les activités destinées aux badauds. Ici, un stand Guitar Hero où des jeunes adolescents en pleine puberté pour la plupart s’affrontent dans un concours de doigté. Les cordes de guitares c’est trop ringard, maintenant on imite ses idoles avec trois boutons. Bon, je suis mauvaise langue, c’est assez impressionnant, mais j’aime mieux les jams ! Je me dirige vers un autre stand devant lequel s’amassent les gens. Un barman fait une démonstration en jonglant avec un shaker et des bouteilles. Pas de Caipirinha ou de Mojito mais…des cocktails à base de lait ! Nous sommes au Milk bar, lieux de dégustation et passage obligé pour cause de cagnard. Direction le marché pour flâner entre les étoffes multicolores, les lunettes et chapeaux excentriques, les bijoux « ethniques » qui ont tous pas mal de succès. C’est déjà l’heure de se remettre en route pour aller rejoindre une diva berbère.




19h, le Dôme. Arrivée 10 minutes en avance, je me fraie tant bien que mal un chemin pour essayer d’être au plus près du podium. L’artiste qui ameute tant de gens n’est autre qu’Hindi Zahra, reine de la folk et du blues façon berbère. Il semblerait que quelques problèmes techniques empêchent le concert de commencer à temps. Avec un quart d’heure de retard, Hindi Zahra arrive enfin et ouvre son set par un « Imik Si mik » qui révèle toute la puissance de sa voix. Les premières notes de « Beautiful Tango » résonnent ce qui a pour effet d’éléctriser la salle. Malheureusement, les problèmes techniques obligent la chanteuse à s’arrêter. Visiblement énervée Hindi Zahra attend que cela se règle et s’excuse auprès de son public qui l’encourage de ses cris. Ca ne s’arrange pas, alors, très pro, elle propose une version acoustique. La magie peut à nouveau opérer…jusqu’au prochain morceau où les larsens sont de retours et où les basses sont beaucoup trop fortes. J'ai trop mal aux oreilles, je décide de partir comme d’autres. C’est vraiment dommage car pour l’avoir vue à l'oeuvre récemment, Hindi Zahra dans de bonnes conditions est vraiment une bête de scène qui envoûte de son charme tout le public…

20h, Scène Paris. Là encore, c’est une prestation dont j’attends beaucoup qui s’annonce. Rodrigo y Gabriela, rien de moins. Lorsque le duo arrive sur scène, on n’a pas le temps de se demander ce qu’il se passe. En deux temps trois accords, le ton est donné : ca va être du grand show ! « Nous sommes Rodrigo y Gabriela from Mexico ! » annonce Gabriela survoltée. J’avoue qu’elle m’a complètement hypnotisé. Elle saute, elle danse, elle fait corps avec sa guitare. Rodrigo est plus discret mais impressionne tout autant par sa dextérité. La complicité entre les deux guitaristes est vraiment perceptible ; ils se regardent, se sourient comme si jouer des morceaux aussi technique devant une foule impressionnante était une évidence. Mention spéciale pour « Santo Domingo » et « Hora Zero » tirés de leur dernier album 11 : 11 et exécutés à la perfection. Le concert devient plus électrique et les mexicains n’hésitent pas à reprendre des bouts de Metallica ! Les riffs ravageurs de « Master of Puppets », « Battery » et d' « Orion » font de l’effet ! Une heure intense qui montre le pouvoir de la gratte quand elle est utilisée avec talent !



Mention spéciale à : Rodrigo y Gabriela !!
Interlude burlesque avant mon dernier concert. J’assiste à la Messe des Sœurs de la Perpétuelle indulgence… !!! Des hommes travestis en nones font le spectacle. Vêtus de coiffes style Moyen Âge et sur fond de chansons kitsh les Sœurs nous rappellent les discriminations que subissent les malades du Sida, jouent des clichés et tapent à souhait sur l’Église et son discours conservateur. C’est frais, drôle, décalé et intelligent !

Les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence
21h, Scène Bagatelle. Après Winston Mc Anuff, le reggae is back avec Toots and the Maytals. Avant le spectacle, une bénévole souhaite donner la parole à Cyprien…Il se présente : acteur associatif au Congo, il souhaitait remercier le public et l’association Solidarité Sida pour leurs engagements respectifs. L’exercice difficile de s’adresser à un parterre de jeunes qui n’attend que le concert est réussi. Les spectateurs attentifs jouent le jeu et encourage Cyprien par ses hourras…Toots arrive quelques minutes plus tard tout en rouge et l’acceuil est triomphant pour cette icône reggae. Après le premier morceau, Frederick Hibbert de son vrai nom ôte ses lunettes de soleil et laisse découvrir un regard malicieux. Il sautille, tourne sur lui même et fait jumper la foule. Les titres plus ska secouent les spectateurs même ceux qui sont loin derrière. Des drapeaux rouge, jaune, vert flottent ici et là dans le ciel. Du début à la fin du concert, l’euphorie domine et c’est une ambiance bonne enfant qui enveloppe Bagatelle.



Toots & The Maytals
Fin du concert et direction la sortie. Mais comme hier, je ne peux m’empêcher de faire un dernier détour. Je me dirige vers la Bodega, petit chapiteau qui abrite le Silent Disco. Un peu antithétique comme expression ? Sûrement, mais Solidays est le lieu de toute les originalités ! Le concept est simple : on se trémousse sur la piste mais à la différence des dancefloor classiques, le silence règne à la Bodega. Tout le monde porte un casque où sont diffusées des chansons connues, funky et groovy. De l’extérieur, voir des gens bouger sans musique est assez étrange. Mais une fois le casque vissé sur les oreilles, c’est très marrant ! A essayer !

La danse en silence
Une longue et intense journée se termine, je rentre histoire de garder des forces pour le final qui promet de grands moments ! Coups de cœur du samedi : Tumi & The Volume et Rodrigo y Gabriela…Excellents concerts pour des sensations uniques !
Et n'oubliez pas, SORTEZ COUVERT !!! ;)



27.06.10 11:43:54,
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