Dimanche : Rock'n'Roll dominical !
Dernière ligne droite avant le retour à la vie normale…
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Loin de nous, la ville....
Sous un soleil de plomb, la troisième et dernière journée des Solidays s’ouvre par un hommage aux associations sous la houlette du directeur-fondateur de Solidarité Sida Luc Barruet (ci-dessous à droite). Sur la scène Paris, des acteurs associatifs représentent tous les organismes qui travaillent en collaboration avec l’association française. Trois d’entre eux prendront la parole pour dire des choses qu’on a tendance à oublier… se protéger, faire des dépistages, donner l’accès aux soins à tous, combattre les idées reçues et la discrimination. Ce sont des mots, des expressions qui ont besoin de devenir des actions concrètes et puissantes. Notons le discours du mauricien Ataoula de l’association PILS dont le discours était particulièrement fort. Il n’a pas hésité à faire crier au public « Boycott de l’île Maurice » en raison de la politique d’immigration de cet État. Là-bas, être atteint du Sida est une raison valable pour être expulsé…Autre intervention marquante, celle du représentant burkinabé. Son message, axé sur la dénonciation des industries pharmaceutiques pour qui l’intérêt financier prime sur la vie, est celui d’un homme déterminé : « Nos vies ne valent pas moins que des euros ». Le public même s’il est plus clairsemé que pendant les concerts est attentif et réceptif. Le genre de moments poignants qui rappellent que l’engagement n’est pas une utopie.

Hommage aux associations
15h, Scène Paris. Dans la famille Kuti, je voudrais le fils aîné ! L’hériter de Fela, père de l’afro-beat nous a offert un concert coloré. Accompagné de danseuses-choristes énergiques et de musiciens au swing impeccable, Femi Kuti a exécuté son répertoire avec brio. Alors que l’ambiance avait un peu de mal à décoller, le maître armé de son saxophone a donné l’exemple en faisant preuve d’une énergie débordante. Un mélange explosif de jazz, de funk et d’Afrique.


Femi Kuti
En attendant la suite de la programmation, arrêt obligé au Village Solidarité. Sous un immense chapiteau, associations et ONG présentent leur travail et rencontrent les passants pour les sensibiliser à leurs actions. Discussions plus ou moins sérieuses, jeux de questions-réponses, jam improvisé autant de possibilités de joindre l’utile à l’agréable. Je continue à errer sur la pelouse de Longchamp pour finalement arriver devant les restaurants : 60 saveurs du monde au menu pour refaire un plein d’énergie. Cuisines libanaises, sénégalaises, argentines ou encore japonaises, les Solidayres ont l’embarras du choix. J’aurai bien fait une pause gastronomique, mais la nourriture musicale me mets plus en appétit !

Le village Solidarité
18h, scène Domino. Décidément, l’afro-beat est le roi du week-end. Tout droit venus d’Ottawa (Canada), le combo Soul Jazz Orchestra nous a servi une prestation démente malgré une chaleur vraiment étouffante. Des spectateurs à perte de vue bougent leur corps sur les rythmiques endiablées du groupe. Tout sourire, la formation distille une musique jazzy teintée de sonorités latines. La section cuivre dans une osmose parfaite épice encore un peu plus le set et séduit définitivement les premiers rangs. Le nouvel album Rising Sun prend une dimension plus intense, plus festive ce qui n’est pas pour me déplaire. A voir !




Soul Jazz Orchestra
20h, scène Paris. Du haut de la scène principale, une voix douce aux accents soul envoûte les Solidays. La belle Nneka et ses acolytes prennent les commandes pour une heure de sensualité. Entre titres intimistes et morceaux dansants flirtant avec le ska, la chanteuse germano-nigériane sait jouer de son charme. Le très beau jeu de lumière qui passe du rouge orangée au rose mauve ne fait qu’accentuer l’impression d’être dans un rêve.

Nneka
21h, scène Bagatelle. Des riffs acérés, de la puissance vocale, un feeling dément : Izia ou le rock’n’roll à l’état pur. Lorsque son album éponyme est sorti l’année dernière, il m’avait coupé le souffle. Un diamant brut. En concert, je ne savais pas vraiment pas à quoi m’attendre. Saurait-elle garder une maîtrise parfaite de sa voix en live ? La réponse est OUI !! Perchée sur des talons (très) hauts, toute vêtue de noir, la nouvelle perle de la famille Higelin se fait féline. Dès les premiers accords, le public est en transe. Il faut dire qu’elle est impressionnante, époustouflante. Habitant totalement la scène, jouant avec ses musiciens, excitant le public, Izia se fait plaisir et nous fait partager ce moment. La batterie très punk de « Hey Bitch », troisième morceau sur la set list, place définitivement le concert parmi les meilleurs que j’ai vu. Du ROCK’N’ROLL, vous dis-je !

Izia
22h, scène Paris. C’est un final explosif auquel nous aurons eu droit. Matthieu Chedid nous a invité dans son univers et nous ne nous sommes pas fait prier pour accepter ! Quand Mister Mystère entre en scène, ce sont des milliers de personnes qui hurlent de joie. Coiffé de plumes, accompagné de musiciens complètement déjantés et impressionnants par leur maîtrise technique et leur énergie, Mathieu Chedid converse avec son public avec aisance. Et il n’hésite pas à le faire participer au spectacle. Il nous demande de pousser des petits cris stridents, de faire des pas de danse et…de nous asseoir…pour mieux sauter après ! En quelques secondes, tous les festivaliers s’exécutent : la vision est folle, le moment intense. Mister Mystère laisse finalement la place à M ; les tubes s’enchaînent. Après une heure, le talentueux chanteur-guitariste nous fait ses adieux…il ne faut pas attendre plus de deux minutes avant qu’il enchaîne avec le rappel. Des invités surprises prennent part à la fête : SMOD, Winston Mc Annuf et Ariane Mofatt mettent eux aussi le feu entourés de personnes du public montées sur scène. J’ai le sourire jusqu’aux oreilles et des frissons. Ce concert de clôture est exceptionnel. Luc Barruet se joint à ce joyeux bazar pour remercier les Solidayres qui étaient 168 000 cette année !! M ne se lasse pas et continue son show pour terminer sur un « Mama Sam » festif accompagné des bénévoles de Solidarité Sida. C’est bel et bien fini cette fois, les lumières s'éteignent, il est malheureusement temps de rentrer...


Matthieu Chedid
« Restez solidaires, rester ouverts et surtout sortez couvert ! » lance le Directeur-fondateur de l’association en guise d’au revoir. Malgré la fatigue, la chaleur, les petits bobos, c’est avec une petite pointe de tristesse que je m’éloigne de l’hippodrome de Longchamps…Lundi sera un dur retour à la réalité.

Merci Solidays et à l’année prochaine !!



28.06.10 16:49:25,
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