Suds à Arles


La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (Epilogue, 18 juillet)

par Benjamin MiNiMuM Email

Une belle voiturée quitte le centre d'Arles pour rejoindre la Camargue. A son bord Axel Krygier, son graphiste et sa manageuse, convaincus par mes soins que cette journée buissonnière valait bien le sacrifice d’une grasse matinée dominicale.

Dans la Peugeot il y a aussi Eric, l'un des cameramen qui récoltent consciencieusement, pour les Suds, les images de chaque événement de cette folle semaine, ce qui permet à toute l'équipe du festival d'apprécier enfin, voir de découvrir, ce pourquoi ils ont mis tant d'énergie.

                                           Klezmzer Chinois ou Guimbarde Kezmer ? Quoi qu'il en soit : Yom et Wang Li
                                         Klezmzer Chinois ou Guimbarde Kezmer ? Quoi qu'il en soit : Yom et Wang Li


Première étape et première ivresse, le domaine du château d'Avignon, dont l'on se demande pourquoi il se nomme ainsi si loin de la ville qui lui a donné son nom. A l'ombre de la fière bâtisse, les clarinettes de Yom et les guimbardes de Wang Li unissent leurs sortilèges qui nous grisent et nous guident avec le plus grand soin vers une onirique contrée.                                   

                                

                                 

                                           
                                                      Yom et Wang Li ouvrent de nouveaux espaces à la rêverie  

Après le concert, alors que le stand de disques est dévalisé, je m'assure de la venue des artistes à Salins de Giraud. Mais déjà familiarisés par les rites sudistes, ils s'étonnent presque de ma question tant la réponse est évidente : "On range le matos et on arrive!"

 

                                         Tellines trouvées sur internet
                                                                       Tellines trouvées sur internet


Bon on ne va pas les attendre, je réunis les troupes, réveille doucement notre chauffeur et l'on reprend la route. La distance à parcourir est plus longue que ce que j'imaginais, et un embryon d'inquiétude commence à se former à l'arrière de mon cerveau : "Et s'il n'y avait plus de tellines, lorsque l'on arrivera ?" Il s’est déjà produit, qu'en atteignant tardivement la place des arènes de Salins où se dressent tables, bancs, bar et cuisine et où se fondent villageois et festivaliers, il n'y est plus de quoi remplir la moindre petite barquette de ces délicieux coquillages, amoureusement cuisinés à l'ail et qui trouvent une résonnance quasi symphoniques lorsqu'on les déguste avec une anisette bien fraîche. Sans les tellines à la Tellinade, on se sent dépossédé, ça revient à visionner un film de Laurel sans Hardy, comme lire une histoire de Spirou sans Fantasio, ou d'assister à un concert de Titi sans Robin. Mais nous n'en sommes pas là. Les tellines rigolent dans leurs barquettes et tirent la langue à toutes les cacahuètes du monde.

                                               Soro Solo, le grand spécialiste des musiques africaines découvre une nouvel tribu. Il ne cache pas son enthousiasme
Soro Solo, grand spécialiste des musiques africaines, découvre une nouvel tribu. Il ne cache pas son enthousiasme

Bref tout va bien, le soleil brille, les gens, contents de se retrouver ensemble une dernière fois, rigolent, dansent au son de la fanfare arabisante déjà entendue la veille au repas de quartier.

                                       

             

                                           

                               93 Super Raï Band , musiciens professionnels et stagiaires du festival animent la tellinade. 


L'apéritif fait bientôt place au plateau repas. Cette année la daube de taureau et son riz camarguais ont avantageusement remplacé la traditionnelle paella et les pêches sont tout aussi dures et délaissées que les autres années. 

                                             Un taureau et un gardian
                                                                   Taureau, Gardian et Cheval un trio infernal



Certains doivent prendre un train et partent à regret, d'autres se dirigent déjà vers la plage, d'autres encore s'installent à la terrasse du café des sports, qui ressemble à un saloon, pour siroter une ou plusieurs camarguaises en attendant la course de taureaux.

                                                

Après quelques-unes de ces liqueurs à base de plantes régionales, quand les taureaux, conduits par des gauchos à cheval, s'élancent dans la rue sécurisée par des barricades, certains d'entre nous sont tentés de leur courir après. Ils se donnent le frisson d'affronter une bête demie sauvage, l'illusion de braver le Minotaure.
Oh la ! A ce stade il devient urgent d'aller se rafraîchir les idées!

                                               Pêcheur au bout de sa ligne
                                                                             Pêcheur au bout de sa ligne


                                                Une caravane qui se dort au soleil
                                                                   Une caravane qui se dort au soleil


                                              Une guitare bossa nova friendly
                                                                     Une guitare bossa nova friendly

En quelques tours de roues, on rejoint la plage et retrouve des pêcheurs, des cerfs-volants, des festivaliers des caravanes et des guitares. Axel Krygier revisite le répertoire bossa nova avec un musicien provençal, Yom et Jean-Guillaume nagent jusqu'aux limites de baignade surveillée et Squaaly et moi barbotons plus modestement à quelques mètres de la rive. En plongeant les mains dans le sable, on pêche facilement des tellines, dégustées crues dans leurs sucs naturels.

                                                 Un clarinettiste klezmer (Yom) en plein exercice post baignade
                                                            Un clarinettiste klezmer (Yom) en plein exercice post baignade


En sortant de l’eau, le soleil est encore assez fort pour rapidement nous sécher. On échange encore quelques blagues absurdes et esquisse sur le sable des postures cocasses avant de reprendre la route avant la tombée de la nuit et le réveil des moustiques voraces.

                                               Le solei embrase la Camargue
                                                  Le soleil en se couchant embrase la Camargue


Le chemin du retour est émouvant, sur fond du fado moderne et classieux d’Antonio Zambujo, on longe les marais salants, on admire l'envol des flamands roses et l'on s'aveugle presque en regardant le couchant embraser les buissons, les arbres et le ciel.


Arrivés à Arles on rejoint tous les acteurs de l'organisation des Suds, place Nina Berberova, pour un ultime repas avalé sans faim ni force, conscients de clore ainsi, dans le partage, un magnifique hymne à la vie, en se promettant de tout faire pour remettre ça l'année prochaine.


                      OLÉ !

La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (Episode 4, 17 juillet)

par Benjamin MiNiMuM Email

 

Tout arrive, même la fin des trucs biens, mais aux Suds on sait terminer les choses en beauté.

                                    
                              Lilian Gldstein de la SACEM (hors antenne)
                                              Lilian Goldstein de la SACEM (hors antenne)

Le dernier petit-déjeuner sur un plateau s’étire de façon passionnante. Au programme SACEM et FCM, culture et gastronomie biologique et bien sûr musiques. Au micro Rocio Marquez, Emel Mathloubi et Titi Robin nous servent des propos sincères et l’illustration musicale de leurs riches âmes. Au même moment, de tous les recoins de la ville, les stagiaires, qui ont travaillé dur auprès de musiciens aux fortes vertus didactiques, sortent de leurs ateliers pour démontrer à la face du monde l’élévation acquise durant cette semaine.
 

                               
                                                      Une bonne tablée lors du repas de quartier

A 12H30, place Nina Berberova, dégustation de produits goûtus offerte par le Conservatoire des Cuisines de Camargue. On enchaîne avec le rituel repas de quartier sur la place de la Redoute. Le soleil tape fort, le vin rafraîchit, les victuailles collectées au marché restaurent et les cuivres d’une fanfare constituée pour moitié d’amateurs et pour l’autres de professionnels (le super raï band) entraînent la danse et précèdent la sieste, du moins pour ceux qui comme moi n’ont pas promis de tenir un blog.

                                Séance photo avec Axel Krygier
                                                                         Séance photo avec Axel Krygier

En fin d’après-midi je retrouve Axel Krygier. J’ai proposé à l’Argentin aux faux airs de Charlie Chaplin, de poser devant une vitrine de vêtements de mariage à l’étonnant fond camouflage rose. Il s’y prête avec amusement.

                                Belle inconnue place du Forum
                                                                   Belle inconnue place du Forum

Ensuite on croise le clarinettiste Yom et son manager Jean-Guillaume Selmer, ils sont à Arles pour donner un concert le lendemain matin en compagnie de Wang Li au château d’Avignon. Dès son arrivée Yom à organisé une répétition de deux heures avec son compère chinois et s’accorde un demi avant d’aller se coucher avec les poules (celles qui caquètent et picorent) pour être en forme demain, dès l’aube.
 

                                 Kamilya Jubran et Werner Hasler dans la cour de l'Archevêché
                                             Kamilya Jubran et Werner Hasler dans la cour de l'Archevêché
 

La Cour de l’Archevêché accueille la musicienne palestinienne Kamilya Jubran et l’électro trompettiste suisse Werner Hasler. Poésie arabe, oud inspiré et paysages électroniques abstraits. Leur musique demande une forte concentration, que la fatigue rend difficile à produire et la faim du fils de Marc Benaïche, fondateur de Mondomix, impossible à conserver.

 

                                        
                                                 Kamilya Jubran & Werner Hasler déploient leur univers à nul autre pareil


En compagnie de Marc, Marius et Alice, nous rejoignons le cocktail offert par la SACEM, en préambule à leur copieuse carte blanche au Théâtre Antique. Emel Mathlouthi, Titi Robin et Faiz Ali Faiz devisent avec les professionnels réunis dans la cour ombragée d’un hôtel jouxtant les arènes. Tous sirotent, grignotent voir s’emberlificotent dans les pédigrées : « Ah je croyais que vous travaillez à la SACEM ? Vous êtes maintenant au FCM ? Ah pardon Jean-Louis ! Non moi c’est Pierre-Alain ! »

 

                                   Emel Mathlouthi, début de carrière prometteur
                                                        Emel Mathlouthi, début de carrière prometteur

Pour le concert d’Emel Mathlouthi, je ne quitte pas la fosse des photographes. Aux premières loges je suis impressionné par l’aisance de la jeune chanteuse tunisienne à la voix de diamant d’Orient. Elle est accompagnée par un groupe de jeunes musiciens (violoncelle, basse, percussions, batterie) les arrangements sont modernes, mais hélas pas toujours aussi raffinés que ses compositions, le batteur notamment manque de légèreté. 

 

                                      
                                             Emel Mathlouthi possède une de ces voix qui touchent au plus profond.



Mais ça n’enlève rien à son immense potentiel, une direction artistique un peu plus poussée pourrait sans problème évacuer ses légers défauts. Son charisme rayonne et séduit le Théâtre Antique, avant de conquérir le reste du monde.

                                    Thierry Robin & Faiz Ali Faiz, docteurs es âmes
                                                 Thierry Robin & Faiz Ali Faiz, docteurs des âmes
                              

Thierry Robin est un homme d’ouverture, passionné par les cultures gitanes qui, du Rajasthan à l’Andalousie, sillonnent le monde de son flux électrisant, il l’est aussi des musiques mystiques gnawa, maloya et bien sûr qawwali. La rencontre musicale entre lui et Faiz Ali Faiz remonte à 2006, quatre ans après, un premier album « Jaadu » a baigné de sa lumière les bacs à disques. Sur scène l’envoûtement est total. La voix du pakistanais soutenu par ses musiciens et ceux de Robin s’élève et nous entraîne dans le cosmos.

 

                            
                                            Thierry Robin et Faiz Ali Faiz, unis pour le meilleur et le meilleur

 

Dans la foule, les têtes dodelinent, les sourires naissent et les jambes se dégourdissent. Une partie du public a les yeux rivés sur une fillette d’environ six ans qui enchaînent des pas de danse, précis empruntés au Flamenco et même au Kathakali indien. Après un tel concert on se sent légers et libérés de nos soucis. Merci encore chers guérisseurs d’âmes.

                               The Origina apin Crétin
                                          The Original Lapin Crétin

Aux Ateliers de Forges la fanfare est balkanique et les lapins crétins. La soirée est animée visuellement par l’équipe du jeu vidéo les Lapins Crétins. Le public a suivi les consignes et les grandes oreilles ont poussé sur la tête des arlésiens, découpées dans du papier, cousus de tissus fluos ou ornées de lumières clignotantes, elles battent la mesure sur les rythmes endiablés des Roumains de Vagabontu. Sans autres carottes, ni usage de piles alkaline, l’ambiance reste survoltée jusqu’à 4 heures.


POMM POM POM POM POM POM ! TCHIKA, TCHIKA, TCHIKA!!! AY AY AY!!! (La fanfare) KRI KRI KRI KRI KRI (Les lapins) OH PUTAING CON ! (Un Marseillais égaré)
 

La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (Episode 3, 16 juillet)

par Benjamin MiNiMuM Email

                            
C’est fatal, quand je suis à Arles, il y a toujours un moment ou deux où je me transforme en cigale, renoue avec un lointain passé dans le showbiz et me mets à chanter.

 

Ce matin après avoir discuté sérieusement avec les jeunes stagiaires motivés, qui travaillent à la radio des Suds et les éducateurs locaux qui suivent cette belle entreprise, après avoir  deviser joliment avec Françoise Nyssen la directrice d’Actes Sud, les choses se sont un peu gâtées. Jean François Veran et Alain Arsac, du duo Fatche D’eux, arrivent avec leurs instruments pour illustrer leur conte pour enfant « Léon, l’âne provençal ». Au fil des éditions j'ai developpé une certaine complicité avec ces deux arlésiens incontournables. Lorsque Manu Théron du Cor de la Plana, autre fidèle du festival, les rejoint  au micro de la radio et les accompagne au saladier, mes scrupules s’envolent et ma voix s’échappe  - contre chants à peu près juste, mais bonne humeur totale.

 

                     Alain Arsac au plateau de métal, Jean François Véan à l'accordéon et Manu Théron au saladier en pyrex


Alain Arsac au plateau de métal, Jean François Véran à l'accordéon et Manu Théron au saladier en pyrex

 

Après ça apéro bien mérité et au bonheur ! En sirotant un verre de Cristal, alcool anisé fabriqué à Marseille , un premier choc émotionnel me frappe de plein fouet. La jeune chanteuse d’origine tunisienne Emel Matlhouti vient de prendre le micro et sa voix paradisiaque active immédiatement les lacrymales. A peine remis, la jeune espagnole Rocio Marquez prend la relève d'une voix chargée d’une même force évocatrice, d’un même charme irrésistible. Deux  promesses de frissons.


                    


             
Ballaké Sissoko accorde sa kora pendant que Vincen Ségal évoque leur belle amitié

                       

Après midi studieuse, entrecoupée d’une séance photo dans un havre de paix luxueux du quartier de la Roquette. Début de soirée à guichet fermé avec Vincent Segal et Ballaké Sissoko. L’intitulé des concerts de la cour de l’Archevéché, « Les Moments Précieux », semble avoir été inventé pour leur musique qui traverse époques et les civilisations, voyage de l’empire Mandingue au classicisme Européen. Kora et violoncelle enroulent leurs notes avec sensualité rebondissent sur les pierres gorgées de soleil et séduisent les oiseaux qui s’élèvent vers le ciel. Instant exquis dont je dois vite m’extraire à cause d’une stupide panne de batterie d’appareil photo.


                    
                     Démonstration de douceur métisse par Ballaké Sissoko et Vincent Segal

 Ce soir j’ai enfilé un t-shirt sombre ainsi, Sabine et Isabelle ne verront rien des bougnettes occasionnées par les tagliatelles au filet de rouget. Pour goûter ces belles spécialités dont je vous vante les mérites salissants depuis trois jours, il faut trouver le restaurant la Comédie, non loin du Théâtre Municipal Arlésien.

 



                     Rocio Marquez


                                            Rocio Marquez en état de grâce
 

 

Au restaurant Stéphane, le photographe qui m’avait indiqué le lieu me prévient d’un problème surgit au cœur de la programmation. Diego el Cigala la star flamenco a subit un important retard du à une grève d’Air Iberia. Son concert va prendre deux heures de retard. L’incident profite à Rocio Marquez qui au lieu d’assurer une petite demie heure de spectacle voit celui –ci augmenter d’une heure. Heure qu’elle met à profit pour confirmer le grand talent l’on avait pressenti lors de l’apéro et mettre le Théâtre sous le charme de son flamenco tendre et intense.

                            

                       

                         Rocio Marquez est l'une des grandes découvertes de cette édition des Suds
 

 

                        Diego El Cigala
                                 
Diego el Cigala en version cubano lounge 

 

 

Cigala arrive sur scène vers minuit encore très énervé contre Ibéria, son concert est principalement constitué de son répertoire cubain. Ce n’est pas ce que je préfère chez lui et sachant que les concerts prévus au Ateliers ne seront pas décalés, j’y cours écouter Axel Krygier.

 

                          
                                 Diego El Cigala commence son récital avec 2 heures de retard

 



                    Axel Krygier, un Argetin au charme mutin


                                     Axel Krygier, un Argetin au charme mutin

 

Le souriant multi instrumentiste et chanteur argentin propose un univers subtil entre exotica électro, musiques de danses latines et pop surréaliste, à l’arrière scène des images amusantes ou intrigantes souligne la douce étrangeté de sa création.


                      
                                       Axel Krygier et sa ménagerie bruitiste

Malheureusement le public est éparse retenu par Cigala au Théâtre Antique. Je n’ai pas le courage d’affronter le rock progressif et plaintif de l’Enfance Rouge qui prend ensuite la scène.  Il est beaucoup plus amusant d’aller dans les loges chanter de la gorge à la façon mongole avec Axel Krygier.


Brrrrrrrwhwawhawharrwhwawhawharrwhwawhawharrwhwawhawharrwhwawhawharrwhwawhawha, ou quelque chose dans le genre !
 

La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (Episode 2, 15 juillet)

par Benjamin MiNiMuM Email

Après mon premier direct de l’année à la radio des Suds (papotages, bredouillages et musiques vivantes) en compagnie de Philippe Krümm, qui avait assuré les jours précédents ce rôle d’animateur matinal, je me suis inquiété de couvrir ma tête, mise en danger par un soleil des plus vigoureux - il fait entre 30 et 34 degrés ici cette semaine. C’est donc avec un charmant chapeau de paille que je me rends place Nina Berberova pour cet instant clé de la journée d’un festivalier : l’apéro découverte. Pendant que Marie JO (si vous suivez un peu vous savez qu’elle est la chef d’orchestre de cette symphonie arlésienne des sens) présente des artistes qui jalonnent la programmation du jour, nous autres, pauvres pêcheurs nous nous abreuvons de boissons anisées et trompons notre faim à coups de poignées de cacahuètes ou de chips. Là encore retrouvailles, tapes dans le dos et bises, qui fonctionnent par trois sous la législation bisoutière arlésienne.

 

 

Ensuite quand le monde tourne rond, le déjeuner assimilé, on se dirige vers un transat ou un lit pour une sieste musicale ou non, mais providentielle. Que nenni, je suis puni et dois rejoindre sans délai ce clavier d’ordinateur à partir duquel je vous écris. Avec toutes ces belles choses croisées la veille, ce n’est pas seulement la sieste mais aussi les concerts diurnes auquel je dois renoncer.

 

                     François Rossé et Miyeko Miyazaki


                    La tendre et libre complicité  de François Rossé et Miyeko Miyazaki

 

Je me libère vers 20 heures pour goûter les charmes innovants et improvisés nés de la rencontre de la virtuose japonaise du koto, Mieko Miyazaki et du chahuteur éclairé des conventions pianistiques, François Rossé. Etonnant et très très enthousiasmant. Je retourne après cela aux sucres lents en compagnie cette fois d’Antoine Chao, le frère de Manu, journaliste aguerri (aux côté de Daniel Mermet) et fondateur de l’association Radio Ephémère qui assure le bon fonctionnement de cette radio dont je vous parlais au premier paragraphe et fête dix ans d’existence en 2010. Ce soir sa charmante compagne l’a rejoint. Comédienne, Sylvie travaille en ce moment sur deux pièces au festival d’Avignon. En quittant cette bonne adresse (La comédie) les bougnettes du jour s’étalent sur une chemise pistache et émanent d’une plâtrée de spaghettis aux coques.

 

                   


                               L'Afro Rock selon Justin Adams et Juldeh Camara

 

Théâtre Antique pour une soirée assez Rock N’Roll. Justin Adams, guitariste anglais, directeur artistique auprès de Robert Plant et réalisateur du dernier Tinariwen dialogue  ce soir avec  le gambien Juldeh Camara. Devenu expert de grooves mandingue, Justin offre au joueur de riti (violon à une corde) et de kogolo (Banjo à deux cordes) un élan juste et idéal. Ca swingue et ça chaloupe sévère sur les vieilles pierres.

 

                      

                     

                                Justin Adams et Juldeh Caùmara font swinguer les vieilles pierres

 

 

                                      


                             Eugene Hütz  de  Gogol Bordello vu dans Mondomix

 

Pour la seconde partie c’est le Bordello Gogol  qui s’y colle. Imaginez un croisement naturel entre la Mano Negra (décidément on tourne autour du pot ce soir) et le Taraf de Haïdouks, sous l’impulsion d’une bande de russos new yorkais sportifs et délurés. Un authentique instant d’énergie pure mené par le charismatique Eugene Hütz et ses acolytes métissés. Ca peut vite fatiguer, ou vous replonger direct dans les moments les plus rebelles de votre adolescence.

 

                         

                                           Gogol Bordello tiennent leurs promesses et mettent le oaï

                     


                                           Kouyaté et Neerman, duo fusionnel

 

 

Bon après ça, un petit effort sous forme de marche à pied pour rejoindre les ateliers des forges et un ultime concert des passionnants Kouyaté et Neerman. Le premier est balafoniste malien, le second est vibraphoniste européen et leur association fonctionne à plein régime. Tour à tour ludique, terriblement énergique et toujours virtuose ces deux là réussissent à créer un univers surprenant et d’une imparable beauté.

 

                                           

                                                         De l'art de finir la soirée en beauté  grâce à Kouyaté - Neermann

 

Pour (se) finir, il reste quelques verres à boire en bonne compagnie et très peu d’heures de sommeil. GLOUGLOU- GRRRRR mais quand même : ZZZZZZZZZZ !!!!

 

 

La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (14 juillet 2010)

par Benjamin MiNiMuM Email

13H30, en ce jour de fête nationale, j’attrape les Suds au vol, plus de 48 heures après l’ouverture de ce festival indispensable à mes étés depuis un bail de 10 ans renouvelé chaque année.


Mes amis, sympas, me disent que je n’ai rien raté de vraiment important, mais à leurs sourires je sens bien que ce n’est pas vrai. Les prestations arlésiennes de Beñat Achiary, Guylaine Renaud, Matina de Peira, Jan Dau Melhau, Jan Mari Carlotti ou encore Salif Keita et Anthony Joseph manqueront tristement à mes souvenirs de sudiste convaincu.

 

                    Raul Barboza


                                                Raul Barboza, magicien argentin

 


Après un agréable déjeuner marocain sous tonnelle, j’embraye le pas à Marie José Justamond, maître d’œuvre artistique de cette folle semaine, nous partons picorer les délices du jour. Première étape : le château du domaine d’Avignon en Camargue. Raul Barboza accordéoniste de descendance guarani et adepte du chamamé, traite son instrument comme son frère, il en tutoie l’âme et les soufflets. Inventive, onirique tout autant que cadencée, la musique qu’ils font ensemble nous transporte loin et nous caresse de près. Certains spectateurs, envoûtés, plongent dans un sommeil léger où la musique est reine et guide la rêverie.



                     Sieste


                                                        Une sieste avec les anges

 


Ensuite et rapidement le musée d’Arles Antique où se termine un salon de musique animé par ce cher Patrick Labesse (Le Monde, Mondomix). Il reçoit Ballaké Sissoko et Vincent Segal, fraîchement honorés par une victoire du jazz catégorie album international. J’assiste à la fin d’une discussion aussi passionnante qu’aérienne qui se clôt sur un duo splendide entre une des plus belles koras d’Afrique et un violoncelle savant et acrobate. A déguster ci-dessous.

 


                     


                                Le salon de musique de Ballaké Sissoko et Vincent Segal

 

 

Redémarrage vers le musée d’Arlaten pour une aubade. Là on m’arrête net : Les aubades se déroulent le matin, à partir de la fin d’après-midi il faut parler de sérénade. Cette année cet espace, crée par Armand Mistral, est en réfection et le public est accueilli dans la rue. Des fenêtres et balcons surgissent des chanteurs italiens, des percussionnistes provençaux ou des souffleurs languedociens. Ils badinent avec le front de libération de la Mandoline resté sur le trottoir. La joie est dans l’air et c’est encore plus amusant quand le spectacle occupe la rue et qu’elle rebondit sur les pavés.

 



                       Serena avec Patrick Vaillant


                               Patrick Vaillant nous joue la scène de la sérénade perchée

 

 

Fin de journée en compagnie d’un proche collaborateur. Squaaly  aka Big Buddha, est l’homme de fulgurances inoubliables, derrière ses platines comme derrière son clavier d’ordinateur, ces mixs sont souvent en avance sur leur époque et ses chroniques régulièrement en retard dans la boîte à lettre de son rédacteur en chef favori.

 

Aujourd’hui, venu à Arles  en voisin marseillais avec la mère de ses enfants et leur « con de chien » (patronyme officiel du guilleret animal), il est à l’heure. Ensemble nous goûtons un apéro avant et un repas de pâtes aux seiches après la création de Giovana Marini autour des chants de femmes des rizières de la plaine du Pô. Cette grande dame de la chanson italienne engagée détient  tant d’histoires à raconter et les narre avec tant de bonne humeur, que l’on ne sait plus ce qui nous enthousiasme le plus de sa verve ou de ses chants. Pour ces derniers elle est accompagnée par deux complices aux tessitures complémentaires. Patrizia Nassini (voix de tête) et Francesca Breschi (basse) aident la légende à faire revivre les chants anciens au plus proche de leurs couleurs d’origine. Un régal, tout comme les spaghettis aux seiches qui me firent arborer,  pendant le bal survolté des Balkan Beat Box  puis à l’After du club taurin, la Muleta, une chemise blanche rehaussée de bougnettes (tâches provençales, occasionnées par des projections de sauce), animé par le célèbre (aux Suds) DJ Uzun. Mais de toute façon, les afteristes, égayés par le tourbillonnant dj résident, sont trop préoccupés par l’exercice du remplissage de verre et la pratique de l’art des retrouvailles, pour remarquer de si infimes détails. Dieu, et K2R, Merci !

 

 

                       

 

                           Un bal du 14 juillet furieusementorchestré par Balkan Beat Box

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