Suds à Arles


La 15éme édition des Suds à Arles en mode MiNiMuM (14 juillet 2010)

par Benjamin MiNiMuM Email

13H30, en ce jour de fête nationale, j’attrape les Suds au vol, plus de 48 heures après l’ouverture de ce festival indispensable à mes étés depuis un bail de 10 ans renouvelé chaque année.


Mes amis, sympas, me disent que je n’ai rien raté de vraiment important, mais à leurs sourires je sens bien que ce n’est pas vrai. Les prestations arlésiennes de Beñat Achiary, Guylaine Renaud, Matina de Peira, Jan Dau Melhau, Jan Mari Carlotti ou encore Salif Keita et Anthony Joseph manqueront tristement à mes souvenirs de sudiste convaincu.

 

                    Raul Barboza


                                                Raul Barboza, magicien argentin

 


Après un agréable déjeuner marocain sous tonnelle, j’embraye le pas à Marie José Justamond, maître d’œuvre artistique de cette folle semaine, nous partons picorer les délices du jour. Première étape : le château du domaine d’Avignon en Camargue. Raul Barboza accordéoniste de descendance guarani et adepte du chamamé, traite son instrument comme son frère, il en tutoie l’âme et les soufflets. Inventive, onirique tout autant que cadencée, la musique qu’ils font ensemble nous transporte loin et nous caresse de près. Certains spectateurs, envoûtés, plongent dans un sommeil léger où la musique est reine et guide la rêverie.



                     Sieste


                                                        Une sieste avec les anges

 


Ensuite et rapidement le musée d’Arles Antique où se termine un salon de musique animé par ce cher Patrick Labesse (Le Monde, Mondomix). Il reçoit Ballaké Sissoko et Vincent Segal, fraîchement honorés par une victoire du jazz catégorie album international. J’assiste à la fin d’une discussion aussi passionnante qu’aérienne qui se clôt sur un duo splendide entre une des plus belles koras d’Afrique et un violoncelle savant et acrobate. A déguster ci-dessous.

 


                     


                                Le salon de musique de Ballaké Sissoko et Vincent Segal

 

 

Redémarrage vers le musée d’Arlaten pour une aubade. Là on m’arrête net : Les aubades se déroulent le matin, à partir de la fin d’après-midi il faut parler de sérénade. Cette année cet espace, crée par Armand Mistral, est en réfection et le public est accueilli dans la rue. Des fenêtres et balcons surgissent des chanteurs italiens, des percussionnistes provençaux ou des souffleurs languedociens. Ils badinent avec le front de libération de la Mandoline resté sur le trottoir. La joie est dans l’air et c’est encore plus amusant quand le spectacle occupe la rue et qu’elle rebondit sur les pavés.

 



                       Serena avec Patrick Vaillant


                               Patrick Vaillant nous joue la scène de la sérénade perchée

 

 

Fin de journée en compagnie d’un proche collaborateur. Squaaly  aka Big Buddha, est l’homme de fulgurances inoubliables, derrière ses platines comme derrière son clavier d’ordinateur, ces mixs sont souvent en avance sur leur époque et ses chroniques régulièrement en retard dans la boîte à lettre de son rédacteur en chef favori.

 

Aujourd’hui, venu à Arles  en voisin marseillais avec la mère de ses enfants et leur « con de chien » (patronyme officiel du guilleret animal), il est à l’heure. Ensemble nous goûtons un apéro avant et un repas de pâtes aux seiches après la création de Giovana Marini autour des chants de femmes des rizières de la plaine du Pô. Cette grande dame de la chanson italienne engagée détient  tant d’histoires à raconter et les narre avec tant de bonne humeur, que l’on ne sait plus ce qui nous enthousiasme le plus de sa verve ou de ses chants. Pour ces derniers elle est accompagnée par deux complices aux tessitures complémentaires. Patrizia Nassini (voix de tête) et Francesca Breschi (basse) aident la légende à faire revivre les chants anciens au plus proche de leurs couleurs d’origine. Un régal, tout comme les spaghettis aux seiches qui me firent arborer,  pendant le bal survolté des Balkan Beat Box  puis à l’After du club taurin, la Muleta, une chemise blanche rehaussée de bougnettes (tâches provençales, occasionnées par des projections de sauce), animé par le célèbre (aux Suds) DJ Uzun. Mais de toute façon, les afteristes, égayés par le tourbillonnant dj résident, sont trop préoccupés par l’exercice du remplissage de verre et la pratique de l’art des retrouvailles, pour remarquer de si infimes détails. Dieu, et K2R, Merci !

 

 

                       

 

                           Un bal du 14 juillet furieusementorchestré par Balkan Beat Box

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