Délices musicaux, rencontres avec les artistes, escapades nocturnes, vivez en direct tous les temps forts du festival Les Suds à Arles en compagnie de notre intrépide et infatigable rédacteur en chef , Benjamin MiNiMum !
En milieu d’après midi, on retrouve au Musée Départemental Arles Antique l'un des virtuoses qui la veille a fait vibrer les pierres du Museon Arlaten. Invité du salon de musiques d'Abaji, Erik Marchand explique le lien entre les musiques bretonnes et orientales. Cousinage dans la modalité et la sensibilité que quelques notes chantées suffisent à exprimer. Duo amusant entre un musicien libanais loquace et passionné et un chanteur breton habité, humble et précis. Un pas de plus entre deux mondes.
Les Violons Barbares
Plus tard, place Paul Doumer, l'Est parle à l'Est, témoin du formidable brassage qui s'opère à Strasbourg depuis quelques années. Les Violons Barbares est un nouveau projet qui rassemble le percussionniste de l’Hijaz Car, Fabien Guyot, le dompteur Bulgare de gadulka, déjà investi dans le groupe Boya, Dimitar Gougov, et un sorcier du morin khoor mongol et du chant diphonique Enkh Jargal dit Epi. Enthousiasme et virtuosité font bon ménage et se propagent à travers la petite foule réunie devant la scène.
La Kreiz Breizh Akademi
En cette même fin d’après midi, sur la scène Nina Berberova, les élèves de la Kreiz Breizh Akademi d 'Erik Marchand, démontrent que la musique bretonne n'est ni morte ni fermée. Elle court vers l’Orient. 12 jeunes prodiges (violons, flûtes arrangées, contrebasse, mandoline, mandole, oud, harpe, percussions orientales et deux magnifique voix) interprètent un répertoire de Centre Bretagne, actualisé à la lumière des échanges entre principes de tonalité et de modalité. Les arrangements ont été crées par des virtuoses à cheval entre Orient et Occident, qui à l’instar du oudiste d’origine algérienne Mehdi Haddab (DuOud, Speed Caravan), présent dans le public, ont jalonné leur apprentissage. Ces musiciens portent l'espoir du dialogue : ils contribuent à la consolidation d’un langage musical d’échanges entre les civilisations.
Rajery
Moment des plus précieux dans la cour de l'Archevêché: le musicien malgache Rajery nous offre un peu de sa précieuse intimité avec sa fidèle valiha, harpe tubulaire en bois, garnie de câbles de freins en guise de cordes. Arpèges de cristal auxquels répondent des mélodies soyeuses : Rajery impose sa douceur avec force. Cet homme d'actions, totalement investi dans l'aide et l'éducation de jeunes handicapés ou défavorisés et la dynamisation de la scène musicale de Madagascar est avant tout un musicien inspiré. Aussi préoccupé de préservation des traditions que d'expérimentations, cet homme au sourire inaltérable est un fabricant de bonheur.
Rajery en solo
Ten Aqui Envoûtant autrement, mais toujours dans la cour de l'Archevêché : Ten Aqui, Deux groupes occitans se sont pliés en 4 pour inventer de nouvelles directions au sein d'une formation inédite. D'un côté Ténaréze, inventeurs de folklores et d'instruments gascons, de l'autre les marseillais de D'Aqui Dub, activistes occitans et « dubistes » convaincus. A n'en pas douter, leur union est une force. Ils offrent une foison de propositions pas toutes de même pertinence, de vives inventions qui se bousculent parfois mais n'oublient pas de surprendre. Ni Frédéric Mistral, ni Frank Zappa n'auraient désapprouvé.
Ten Aqui
Le bal Balkanique de Shantel
Après le feu d’artifice sur le bord du Rhône le grand bal du 14 juillet éclate place de la république, orchestré cette année par le dj et musicien allemand Shantel et sa poignée de gitans, venus de différents horizons balkanique.
Deux violons, une trompette, un trombone, un accordéon, un batteur, deux chanteuses, tous au meilleur de leur forme, mènent un train d’enfer. Au centre Shantel qui virevolte entre platines, micro, caisse claire et guitare. Amusant, tonique et efficace, le show atteint vite son objectif. On danse, on gesticule, on crie et l’on rit. Lui assène ses tubes « Disko Partizani », « Disko Boy » nous emmène sur sa Planet Paprika ou saute de scène se faufilant, au centre de la foule pour enflammer encore un peu plus l’affaire avec une reprise du classique révolutionnaire italien « Bella Ciao ».
La rencontre de l’expresso et de l’alcool de prune est explosive, cette nuit on aura un peu de mal à s’endormir.