Festival Les Suds à Arles 2009


Episode 4 : La fête des rois

par Benjamin MiNiMuM Email

 

Au quatrième jour, pour être sur d'aller au bout de l'intense semaine on ralentit un peu la cadence et on rate des concerts.
Excusez-moi, Aly Keita, Olivier Renne, Fanfaraï et Jean-François Lissard, de ne pas avoir profité de vos scènes en ville ou de votre sieste musicale. Accordez-moi le pardon, Guylain Renaud et Rajery, de ne pas vous avoir rejoints dans les musées de la ville. L’envie de sieste, sport local absolu, était le plus fort. Au réveil, Ti Coca et Wanga Négès, ne m’en voulez pas, mais il aurait fallu un petit verre de rhum pour pleinement profiter de votre chaloupé canaille aux Moments Précieux.
 
Ce soir, nous voulions être en forme pour notre rendez-vous amoureux avec l’Algérie et trois de ses rois.
Kamel El Harrachi
Le premier est un prince naturel, fils du créateur de l’hymne chaâbbi Ya Rayah. Kamel El Harrachi s'empart de son héritage avec fougue, sa voix est élégamment rocaillaleuse et son chant habité. 
Kamel el Harrachi reprend le flambeau paternel et reprend Ya Rayah



 
 
King , Rey , Roi du Raï
 
Plus personne non plus ne dispute le titre de Khaled dans l’aristocratie du raï. Il est l’égal des plus grands chanteurs populaires de notre époque, et peut-être même de quelques autres.
Sa voix est magnifique lorsqu’il chante avec son accordéon sur les tripes, prêt à donner son blues le plus vrai. Khaled sait très bien sauter en apnée dans ses profondeurs, mais il est aussi très joueur. Ses musiciens le savent, et lui préparent des surprises à chaque concert. A lui alors de déjouer la farce, à lui de préparer un piège encore plus fort. Ses musiciens sont excellents, ce soir (il y a même Karim Ziad derrière la batterie) mais ce sont surtout des potes ceux avec lesquels le rei of raï vient d’enregistre son meilleur album depuis une bonne décennie : Liberté, enregistré comme à ses tous débuts avec le pionnier Martin Meissonnier. Depuis, son groupe et lui sont en état de grâce et Khaled conserve son titre de roi de la paix et de la joie.
Le début du concert de Khaled
 
 
 
 
Pasco, Mehdi, Mounir, Hermione et Simo
Il ne faut rien louper de ce qui se passe ensuite à l’Atelier des Forges : les deux sets des Visiteurs du soir (Dj Big Buddah et VJ Dennis Dezen) et le concert de Speed Caravan avec la participation annoncée du chanteur soufi tunisien Mounir Troudi. Lorsque j’arrive, Mehdi Haddab et sa bande montent sur scène. Ce soir, ils relèvent deux défis : unir leur musique aux images de Patrice Meunier et accueillir le chant mystique de Mounir. Mehdi, avec son alter ego bassiste Pasco, Simo aux percussions et Hermione derrière ses machines a décidé de jouer la partie en blues apocalyptique et d’en tirer un alliage imparable : rock révolté, électro hystérique sont les matières sur lequel le virtuose place ses taksims osés, ses clins d’œil funambules. En grand chanteur mystique, le Tunisien peut alors aller chercher plus haut cet amour absolu qui guide son chant. Ce concert est historique, il est d’ores et déjà un étalon pour les prestations à venir de l’Atelier des Forges.
 
 
 
Actuellement le bloggeur est en déblogage partiel mais promet de revenir très vite avec Jorge Pardo & Augustin Carbonnell, Yom, Cesaria, Diego Carrasco,  Sur Sudha, La Horde Melingo, DJ RKK, Lo Cor de la Plana et la Tellinade

 

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