Festival Timitar 2009


Ouverture du festival Timitar

par Benjamin MiNiMuM Email

Pour la première soirée de sa sixième édition, le festival Timitar (signes en amazigh) se contente d’une seule scène mais la place Al Amal qui peut accueillir 80 000 personnes est presque pleine. Avec plus de 346 000 habitants (recensement 2004), Agadir est la première ville berbère au monde et ce festival en l’honneur de cette culture est chaque année très attendu

 
Ahwach, Rays et Raïssas
La plupart des musiciens traditionnels berbères se sont formés lors de rencontres festives et musicales rythmant la vie rurale. Dans le Souss au sud du Maroc les troupes d’Ahwach mélent chants, danses et poésies, durant des nuits entières. Ces groupes sont dirigés par des rays (hommes) ou raïssas (femmes). Maîtres musiciens, chanteurs et chanteuses expérimentés, ce sont les stars du monde berbère.
 

Raîssa Rakya Talbensirt
Ce soir accompagnés par les mêmes 10 musiciens et 5 danseuses nous découvrons tour à tour Rakya Talbensirt et Aârab Atigui. La première a additionné quarante années de carrière, elle est aimée et très respectéeet s’es lié avec le second au milieu des années 70.
 
Rayss Aârab Atigui
Les deux chanteurs ont longtemps fait équipe et, si Aârab Atigui s’est envolé seul vers le succès grâce ses tubes des années 80, ils partagent encore occasionnellement comme ce soir le même orchestre. La formation rassemble une dizaine de musiciens : banjos traditionnels, percussions, batterie et ribabs, instrument à corde unique et frottée par un archet dont le manche évoque la croix berbère. L’esprit de communion avec le public est évident, les vers sont repris par la foule et la musique énergique mène irrémédiablement vers la transe.
 


Extrait de la performance de Rayss Aârab Atigui

 

Carlinhos Brown le bahianais africain

 
Carlinhos Brown  en terre africaine

Portant une impressionnant couvre chef en paille, à mi chemin entre la coiffe indienne et celle d’un pharaon, Carlinhos Brown fait une énergique entrée en scène qui importe l’esprit du carnaval de Bahia en terre amazighe. C’est la première fois de sa vie que le musicien brésilien se produit au Maroc ou même en Afrique. Il est très excité par cette rencontre avec cette terre, qu’il considère comme celle des ses ancêtres. La situation le rend prolixe, à l’aide de mots arabes et de bribes de français, il communique son enthousiasme au public et diffuse un message d’amour et de paix sans abandonner une seconde de l’esprit festif qui l’anime. Musicalement il navigue avec souplesse entre les différentes esthétiques abordées durant sa carrière, samba, latin jazz ou pop. Il offer un show varié, dynamique et coloré qui ne laisse pas les marocains indifférents.

 


Carlinhos Brown en concert à Timitar

 

Vibrations gnawas


Hamid el Kasri
La soirée se termine avec l’un des maîtres gnaouas les plus appréciés du Maroc, Hamid el Kasri. Ils sont 15 sur scène dont le batteur Karim Ziad, co-programmateur du festival de musiques gnaoua d’Essaouira qui s’est tenu la semaine dernière. Les cordes alertes du guembri et la voix puissante du mâalem  sont soutenues par des arrangements musclés (percussions, claviers, guitare, basse, violon et trompette. Au premier rang de jeunes marocains hurlent de bonheur. La foule ondule, la ville vibre, cette première soirée s’achève sur une nouvelle transe joyeuse et libératrice.

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