Transmusicales : le final !

Cette belle édition des Transmusicales s'achèvent sur un beau final. Au Hall 4, nous filons écouter The Narcicyst, rappeur d'origine irakienne. Accompagné d'un ensemble à cordes et de deux choristes (qui nous on grattifié d'une belle reprise du "On & on" d'Erykah Badu), l'artiste a donné le ton d'entrée de jeu : "N'écoutez pas ce qu'on vous raconte à la télévision. Les Arabes veulent la paix". S'ensuit un bon concert, servi par une belle énergie et un flow nourri de propos engagés et plein d'humour, à l'image du titre P.H.A.T.W.A. Dans les jours qui viennent nous vous en dirons plus sur cet artiste prometteur avec un reportage vidéo réalisé pendant le festival.
Rodriguez
La soirée se poursuit avec la prestation de Sixto Rodriguez. Cette légende oubliée du rock-folk des années 70 ("Cold Fact" et "Coming reality" en 1972) est aujourd'hui redécouvert près de 40 ans après avoir débuté, pour notre plus grand bonheur. Ici un extrait de son célèbre et planant "Sugar Man" :
Push Up !
Alors que nos forces bien entammées par quatre nuits de transes musicales semblaient disparaître dans les dernières notes de Rodriguez, le retour au Hall 4 est salvateur. Depuis la scène, les musiciens du collectif Push Up ! , mené par la sublime Sandra Nkake, nous balance un groove soul-rock implacable. Un vrai plaisir de les voir sur une grande scène !
Les Transmusicales s'achèvent ici pour nous. Ce fut un vrai bonheur ! Vivent les Transes et vive Rennes !
Jean-Sébastien Josset
Transmusicales : Jour 3
Pour cette troisième journée des Transes nous migrons aux Parc exposition où les Hall s'apprêtent à accueillir les poids lours de cette 31e édition. Nous sommes pas déçus. Au programme : Jessie Evans, The Gaggle, Slow Joe & The Ginger Accident et pour finir en beauté, Major Lazer...
Jessie Evans

La saxophoniste californienne au look des années folles, Jessie Evans est un phénomène. Au delà de son parcours géographique, qui mérite toutefois un petit détour originaire de Californie, elle décide de s’installer et d’enregistrer à Berlin en s’octroyant à l’occasion plusieurs séjours au Mexique Mrs Evans a également un parcours musical d’une dizaine d’années. Attachée dès l’origine à un style punk rock new wave, illustré par sa participation aux groupes The Vanishing, Autonervous ou Subtonix, sa rencontre avec Toby Dammit (ancien batteur d’Iggy Pop entre autres) l’a ouverte à une autre influence, les musiques africaines. Madame mêle ainsi punk rock, pop et afro beat, alliance formidablement excentrique, à l’image de la personnalité de la dame, et dont le résultat est évident : ça marche !
Interview (en anglais) de Jessie Evans :
Jessie Evans en live :
Gaggle

Chorale punk funk psychédélique déjantée venue de Londre, coposée d'une vingtaine de chanteuses (Lipsstick, Peachy Bitch, Polydorou, Wunderla...) Gaggle (en argot militaire cela signifie un détachement inoccupé) n'a pas mis longtemps à imposer leurs couleurs aux Transmusicales. Nous avons eu la chance de les saisir en action dans la journée lors d'une séance photo chorale !
Slow Joe and the Ginger Accident

Lorsqu’en 2007, Slow Joe, chanteur indien habitant une île au large de Goa, rencontre le guitariste français Cedric de la Chapelle, ce dernier tombe inévitablement sous le charme. Et on le comprend bien, Slow Joe, qui a été surnommé ainsi en Inde du fait de sa « lenteur naturelle pour tout », est un véritable crooner dans la pure tradition d’un artiste comme Frank Sinatra auquel il doit en partie l’envoûtement opéré sur Cédric de la Chapelle puisqu’il lui a entonné quelques chansons de son répertoire.
Sur la scène du Hall 4, les deux hommes, accompagnés des trois musiciens formant le « Ginger Accident », Alexis Morel à la basse, Lucas Spirli au clavier et Josselin Varengo à la batterie, ont fait vibrer le public au son blues et soul mettant en avant la voix magistrale du chanteur. Véritable personnage, Slow Joe sait meubler les temps morts entre deux morceaux, notamment en réitérant à maintes reprises sa gratitude envers un public qu’il découvre pour la seconde fois, le groupe s’est déjà produit en ouverture des Transmusicales mercredi dernier, à grand renfort de « thank you so much, you are beautiful, thank you ».
Que ses compositions soient emmenées par le quartet ou a capella, la voix de Slow Joe en fait l’un des artistes les plus inattendus du festival.
Major Lazer

Il commence à être de notoriété publique que les deux DJs Diplo et Switch, AKA Major Lazer créent à chaque apparition sur scène un dancefloor géant en provoquant chez le commun des spectateurs des mouvements de bassins endiablés. On dit aussi qu’ils s’illustrent surtout par leur lubricité sans limite… Eh bien, ceci n’est pas une légende urbaine, on confirme tout !

L'Agenda 21 des Trans

A l'heure où tout le monde se focalise sur le futur de notre planète, qui sera débattu au sommet sur le climat à Copenhague la semaine prochaine, il est bon de rappeler que de nombreux acteurs de la vie culturelle de notre pays ont déjà mis en place des démarches pour recycler les déchets et éviter le gaspillage. Les Transmusicales de Rennes appliquent un agenda 21 (programme d'action en cohérence avec la politique de développement durable qui s'appuie sur l'économie, le social et l'environnement) depuis 2004. Aux transes les gobelet sont consignés, il est possible de se procurer de l'alimentation bio, le tri est sélectif...
Jihane Bensouda, Stéphane Ritzenthaler et Jean-Sébastien Josset
Jour 2 : Le liberté en Transe
Ce deuxième jour des Transes s'annonce sous les meilleurs hospices avec une programmation alléchante. Pour le goûter nous avons rendez-vous à Hawaï avec un certain Framix...
Depuis près de dix ans maintenant, Framix Also Known As Kasamix lorsqu’il signe des remixes pour Brooklyn Beats se place sur la scène mondiale comme un objet musical non identifié. Habile « bricoleur du son », le jeune chanteur, accompagné de ses cinq « friends », élabore un savant mélange de country et de reggae, joyeusement agrémenté de guitares hawaïennes. Le tout, emmené par une mise en scène rétro-futuriste qu’on doit surtout aux « look » des musiciens, garantit la transmission de l’excellente vibration qui règne sur la scène.
Sur la scène du « 4 Bis », située en face du Village, Framix, arborant son insigne de shérif, nous a offert en milieu d’après-midi, « à l’heure du goûter » selon ses propres propos, un concert original où l’audace flirtait avec la décontraction. Les « Happy animals » du nom de son opus sorti en mars dernier nous ont même accordé, pour notre plus grand bonheur, une version extra longue du tube « The Mistake », entrecoupée de solos à la guimbarde. Bafouant les quelques 6000 kilomètres qui séparent Hawaï du Texas, Framix invente un monde où Houston et Honolulu sont limitrophes de Kingston.
Après 5 années de fermeture pour travaux, la salle du Liberté, située quasiment en plein centre de Rennes, a enfin réouvert ses portes pour accueillir cette seconde soirée des Transmusicales, placée sous le signe de l'éclectisme et de l'innovation musicale.
V.V. Brown

Sous une pluie battante nous nous faufilons rapidement dans l'enceinte du Liberté archi-bondé pour arriver dans la salle du rez-de-chaussé où se produit V.V Brown.
Chanteuse compositrice, multi-instrumentiste et productrice, VV Brown, ancienne choriste de Madonna, a, du haut de ses 24 ans, une énergie qui défie la chronique. Connue surtout pour ses compositions r’n’b pour les Pussycat Dolls ou encore les Sugababes, la jeune anglaise a sorti son premier album « Travelling like the light » en juillet dernier. Du rock pop au funk en passant par le doo-wop, la voix chaude aux accents soul de Vanessa a déjà conquis la planète entière. Outre Atlantique, Mrs Brown a notamment composé un titre pour la série « Desperate Housewives », en France c’est la BNP qui a utilisé le clip de son titre « Leave » pour en faire un spot publicitaire. Mélangeant moderne et rétro, autant par ses morceaux que par ses vêtements, VV Brown semble encore marquée par son éveil musical, lorsque ses parents lui faisaient écouter Aretha Franklin, Les Rolling Stones, Ruth Brown, Elvis Presley ou Queen, sans oublier surtout la musique de Super Marioland.
Abraham Inc.

Nous avons à peine le temps de nous rafraîchir que nous entendons les premières notes, funky-klezmero-hip-hop du concert d'Abraham Inc, projet regroupant le clarinettiste David Krakauer, le tromboniste Fred Wesley et pionnier du hip hop klezmer Socalled. Nous ne voyons pas passer l'heure de concert passer. Le public est chauffé à blanc et exulte sur le fameux "tweet tweet"...
"Tweet tweet", en studio :
Hook and the Twins
Première grosse sensation, voire pour nous le meilleur moment de la soirée, les incroyables musiciens venus de Bristol, Hook and the Twins (Tom Havelock et Marcus Efstratiou).
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Fondé en 2007, Hook and the Twins offre un son influencé par le rock est allemand, "Krautrock", de Can ou Neu ! Soutenu par l'imposante rythmique de Marcus Efstratiou, Tom Havelock, chanteur multi-instrumentiste, nous a littéralement mis hors du temps, avec des vocalises envoûtantes et un jeu de scène à couper le souffle. Un moment unique, une expérience démente.
Le clip de son fameux "Bang Bang Cherry" !!!!!
Rendez-vous tout à l'heure au Hall 4 du Parc Expo avec Slow Joe & the Ginger Accident et Jessie Evans...
Jihane Bensouda, Stéphane Ritzenthaler (Photos) et Jean-Sébastien Josset
Ca y est, la 31e édition des Transmusicales est ouverte !
Rendez-vous incontournable depuis 31 ans, les Trans' de Rennes donnent chaque année une saveur de fête avant les fêtes de fin d'année à la capitale bretonne. Dans les rues, où les Bars sont aussi en Trans, les festivaliers sont déjà présents scrutant leur programme pour savoir où ils vont pouvoir étancher leur soif de découvertes et d'émotions musicales. En ce qui nous concerne, une fois les bagages déposés et la galette de sarazin avalée, nous filons à la mythique scène rennaise de l'Ubu, véritable "laboratoire des musiques d'aujourd'hui"...

où nous attendait la première sensation forte de cette édition 09 des Trans', Slow Joe & The Ginger accident. Ce duo est le fruit d'une rencontre en Inde entre un musicien lyonnias, Cédric de la Chappelle et un chanteur-crooner-poète indien de 66 ans, Slow Joe. De cette aventure humaine, naît une musique émouvante influencée par le blues et la soul afro-américains. Mais les textes et le charisme de cet étrange poète qu'est Slow Joe, donnent ce supplément d'âme qui nous révélent un univers musical riche et encore inconnu. Nous reviendrons en images sur cette rencontre vendredi, à l'occasion de la prestation du duo sur la scène du Hall Expo...
Transformer

La deuxième partie de soirée à été assurée par un set vraiment chaud du quatuor Transformer, révélation des derniers mois de la scène de Brighton. En puisant son inspiration dans le répertoire post-punk anglo saxon des 80's, Transformer réinjecte à coups de guitares et de beats bien sentis toute l'énergie de la scène actuelle (à l'image de cette reprise de "Sweet Dreams" d'Eurythmics), délivrant ce qu'il qualifient de "Disco New wave". Leur prestation d'hier soir, porté par le déjà très charismatique chanteur Johny Giles, a tout simplement emporté la salle de l'Ubu. Nous n'avons pas de peine à croire que de l'autre côté de la Manche, beaucoup les considèrent déjà comme l'un des meilleurs groupes émergeants.
Breakage

La soirée s'est poursuivie et achevée avec un set de James Boyle (rien à voir avec Suzan, je vous rassure !) aka Breakage. Depuis le début des années 2000, ce prolifique producteur et DJ anglais de la scène Drum'n'bass enchaîne les disques (une trentaine !) et les collaborations prestigieuses (Equinox, Threshold, Roots Manuva pour son single "Run 'Em Out").
C'est sur ces infrabasses envoûtantes, emportant les oiseaux de nuit dans une transe joyeuse, que s'achève cette belle première soirée...
JS Josset



07.12.09 19:15:46, 