Day 3 - Explosion finale, éruption musicale
Pour cette dernière soirée de concerts, l'équipe de Mondomix arrive au début des festivités pour ne pas rater une miette, pour ne pas avoir le sentiment de passer à côté de quelque chose. Les américains de Crocodiles ouvrent le bal avec un rock un peu psyché, un peu pop. Mené par un chanteur au déhanché prononcé et looké façon rock – lunettes noires, blouson en cuir, slim – ce groupe de San Diego s'il est sans grande originalité est assez agréable à écouter.


Immersion rapide dans l’Amérique profonde avec le fondateur du 13th Floor Elevators, Roky Erickson. Exit les jeunots en délire devant les platines, place aux rockers à l’ancienne. Fermez les yeux, imaginez-vous sur la Route 66 dans un gros truck une bière à la main, c’est là le décor idéal pour écouter du Erikson. Un peu cliché ? Oui, mais la musique aussi.


Changement de génération, de style, de performance. Du haut de ses vingt ans, Dominique Young Unique électrise la salle dès son apparition sur scène.



Outre sa plastique très avantageuse, sa pêche, son sourire et son flow font danser le public. Sur une base qui mêle funk, électro, pop, house, elle pose ses mots à un débit impressionnant. Venue des Etats-Unis, la fraîche Dominique nous transmet un peu de la chaleur de Miami. Aussi à l’aise sur scène qu’en interview, elle nous raconte ses débuts et ses motivations après sa prestation :
On retrouve ensuite Oy mais dans le cadre du groupe Filewile. Alors qu’hier elle était dans son univers enfantin, un peu fragile, un peu timide, avec Filewile elle a un autre visage et devient un peu tigresse. Pêchu, le concert ameute du monde. Pas étonnant, les sonorités électros servent de tremplin aux dub, funk, pop, jazz, trip-hop qui tour à tour se bousculent, se croisent et finalement fusionnent pour se transformer en magma qui explose à nos oreilles. Génial !



Décidément la soirée prend des allures de tornade. Une autre tempête musicale nous emporte. L’américain d’origine ghanéenne Blitz The Ambassador et ses musiciens nous soufflent dessus un hip hop comme on aimerait en entendre plus souvent.


Un flow en forme de bourrasque, une pluie d’influences, un déluge de feeling. Une découverte qu’on n’est pas prêts d’oublier et qu’on suivra à l’avenir. Regardez les images pour en juger par vous-même :
On reste aux USA avec une des têtes d’affiche de cette année. Tout le monde s’est passé le mot pour assister à ce live et la salle est bondée. Gonjasufi, l’ovni du désert du Nevada a balancé du gros son. Entouré de ses musiciens, l’ambiance est rock et les grosses basses au rendez-vous. L’esprit mystique est moins présent que sur l’album et l’énergie tranquille de l’homme aux dreads prend le relais. Aussi surprenant sur cd que sur scène.



Il est tard, très tard, mais pas assez pour entamer nos forces. Les Wooden Shjips vont même nous en redonner. Avec un rock psychédélique made in San Francisco, ils nous emmènent flotter en orbite autour de leur planète. Rythmique entêtante, basse puissante, guitare grasse, orgue planant sont les principaux ingrédients de ces musiciens au look improbable mais à la musique envoutante. Ce festival porte bien son nom, assurément.




C’est (déjà !) l’heure du bilan. Trois jours où le temps s’est écoulé aux rythmes des découvertes, des surprises et des rencontres. Les Trans Musicales ont encore une fois brillé et su démontrer à quel point elles savaient pointer le doigt sur les bonnes formations. On n’a qu’une hâte : se propulser dans le temps et arriver en décembre 2011. Je vous laisse deviner ce qu’il se passe à cette période.
L'équipe en transe : Rémi Crepeau, St. Ritz & Sara Taleb
Merci et bravo à l’équipe des Trans Musicales pour son accueil et la belle organisation, à l’équipe de Mondomix qui permet la mise en place de ces reportages, à Rémi Crepeau et St. Ritz, une équipe de choc.
Day 2 - A la recherche des nouveaux sons
Loin des questions météorologiques qui continuent de faire bavarder les politiques, la ville d’irréductibles bretons entame sa deuxième journée de chaudes festivités. Ici, le débat tourne plus autour des concerts d’hier et de ceux à venir. Qui sera LA révélation des Trans 2010 ? Et début de week-end oblige, la densité de population au Liberté est plus importante que la veille.
C’est d’ailleurs là-bas que nous rencontrons Pierre-Antoine Grison, Dj de Donso que nous avons vu jeudi. Connu aussi comme étant Krazy Baldhead, pseudo sous lequel il mixe en solo, il nous explique l’aventure Donso :
A la tombée du jour, on se prépare tout doucement, on se conditionne pour tenir jusque tard dans la nuit. On commence alors le trip du Parc Expo avec le combo franco-américain Paris Suit Yourself (PSY pour les initiés), expérience nouvelle aux confluences des genres. Si la ligne directrice est rock, une kyrielle de styles se greffent et s’entrechoquent pour un résultat inclassable. Aussi éclectique qu’esthétique, le groupe est un ovni jusqu’au bout de ses musiciens. Mené par un chanteur charismatique et hyperactif, la formation offre un set à la fois énergique et planant.



Changement d’ambiance avec le duo Raph Dumas & The Primaveras accompagné de l’ensemble instrumental catalan Mil.Lenària (appelés Cobla, ces orchestres sont très actifs dans la région catalane). Dit comme ça, on ne se doute pas que cela fait une vingtaine de musiciens sur scène ! Raphaël Dumas le DJ et Alex Augé le saxophoniste mènent tout ce beau monde en bons chefs d’orchestre. Dans l’après-midi, ils nous avaient présenté leur troupe :
Si l’idée est originale et intéressante, le résultat sur scène est un peu inégal. Festif, joyeux, le concert présente néanmoins quelques longueurs.
Après le big band, l’artiste solo. Oy, qui officie aussi dans le groupe Filewile, arrive à occuper toute la scène alors qu’elle est seule derrière ses machines. Enfin, pas tout à fait…Des petites poupées l’accompagnent et composent avec elle. L’univers de l’enfance envahit la salle pas très réceptive au début mais qui s’est doucement laissé envouter par l’ambiance aux saveurs d’électro, de soul et de scat. Belle surprise que cette jeune femme d’origine ghanéenne et suisse.

On a même eu la chance de la rencontrer après le concert pour apprendre à la connaître un peu mieux.
On poursuit avec un show à l’américaine. Millimétré, carré, chorégraphié, le concert de Janelle Monae est à classer dans la catégorie des « moments sympas ». La belle se fait désirer dans une ambiance futuriste avant d’apparaître sur scène. Et d’un coup elle est là, avec sa banane sur la tête, ses musiciens barrés et ses choristes excentriques (oui, oui, on a même eu le droit à une none). Groovy, très soul, la prestation de Janelle est…sympa. Pas plus mais pas moins non plus.



A l’approche de l’énorme hangar 9, la foule devient plus compacte. Il faut jouer des coudes pour y entrer, la sécurité ferme des portes, trop de monde à l’intérieur. Qui joue ? Une reine Sri Lankaise dont le royaume s’étend des frontières de l’électro jusqu’aux horizons hip hop. En trois lettres : M.I.A.


Dès les premières notes, la machine de guerre est en route. En amazone, M.I.A mène le combat. Parfois gesticulant sur toute la scène en compagnie de deux soldats-danseurs roux (renvoyant ainsi à son clip réalisé par Romain Gavras), parfois derrière un grand pupitre, elle fait de la scène son domaine. Elle en impose par sa présence, elle irradie dans son treillis à paillette. Pas de répit, ni pour les oreilles, ni pour les yeux. Un concert qui semble avoir surpris du monde dans le public (on est loin de l’ambiance « Paper Plane ») mais qui est à l’image de M.I.A : sans concessions.

Avant de partir, on fait le dernier petit tour de rigueur. Celui du dernier verre, celui où on croise des connaissances, celui où on se fait rentrer dedans par les imbibés. Mais c’est surtout le dernier petit tour qui permet de faire des découvertes. Comme les Concrete Knives. Contrairement à leur nom, ils sont made in France. Comme ne l’indique pas non plus le nom, ils font de la pop punchy, du rock acidulé. Vraiment pas mal, mais il ne faudrait pas qu’ils tombent dans le travers du rock teenage, ça en deviendrait vite lassant.
L'équipe en transe : Rémi Crepeau, St. Ritz & Sara Taleb
Day 1 - Plongées sensorielles
Il paraît que c’est la panique en France. Il paraît que la neige a fichu la pagaille. Il paraît-même que c’est de la faute de Météo France tout ça (?). Ah bon ? Parce qu’à Rennes, le premier jour des Trans Musicales a commencé sous un ciel bleu et un soleil radieux.
Après en avoir (un peu) profité, l’équipe Mondomix va s’enfermer au « Liberté », point névralgique où se retrouvent public, organisateurs, médias, pros etc. A l’Étage, dans une salle sombre Lena Deluxe, jeune chanteuse-guitariste lilloise entourée d’un bassiste et d’un batteur, nous invite dans un univers où le folk plane, où le rock se love dans la pop. Si la jeune fille arrive à séduire, elle manque un peu d’assurance. Les années à venir devraient y remédier, et c’est tout ce qu’on lui souhaite.

Après le triptyque « ballade, repos, apéro » (c’est mieux que « métro, boulot, dodo » non ?), direction le Parc Expo. Une belle série de concerts nous attend, let’s go !

21h. Une blonde, une brune. Une batteuse platine qui tambourine ses fûts, une guitariste androgyne à la voix surpuissante. Efficace, percutant et sans fioritures. Les amplis bavent le rock’n’roll de The Pack A.D. Duo tout droit venu du Canada, ces filles n’ont pas froid aux yeux et enchaînent des titres pêchus et bien pensés. Mention spéciale à l’excellent dernier morceau où Becky chante sur un rythme de la batteuse Maya avant de faire gicler sur le public une avalanche de riffs ravageurs. Pour une entrée en matière, il n’y aurait pas pu y avoir mieux.
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Direction le Hall 3 où on arrive à la fin de la prestation de Lars & the Hands of Light. Sur une scène où flottent des gants médicaux gonflés à l’hélium, façon pis de vache, une joyeuse bande de danois domine la scène. Pas vraiment le temps d’apprécier leur musique, mais on a beaucoup aimé le rappel durant lequel ils nous ont invité à entrer dans le « Comic Strip » de Serge Gainsbourg.


Retour Hall 4. The Phenomenal Hand Clap Band fait partie des bonnes surprises de la soirée. Si vous les croisez un jour dans votre quête du graal musical, ne vous fiez pas à leurs coupes de cheveux façon beatniks de New-York. Ni à leur début de prestation quelque peu laborieux. Un synthé un peu trop présent, une tentative de chant en portugais made in Brasil assez ratée…mais les américains se sont vite rattrapés. L’ambiance monte crescendo portée par un mélange de rock, de touches funk, d’electro. Feu d’artifice de styles au service du feeling, la fin de la prestation restera mémorable.





On enchaîne avec les adolescents d’Egyptian Hip Hop. Ados dans leur dégaine/attitude/fringues/coupe de cheveux, certes, mais pas dans leur musique. Bien au contraire, ils pourraient donner de bonnes leçons à nombreux zicos. S’ils sont capables de créer un rock aussi léché, psyché, planant à seulement 18 ans, l’avenir est à surveiller de près.


La soirée est déjà bien entamée et le public aussi. On file voir Donso, rencontre franco-malienne entre électro et Afrique. Si le penchant pour l’électro est plus accentué que celui des sonorités africaines, le mélange se fait bien. D’instruments traditionnels en platines, de solos de guitares en beats frénétiques, là encore la montée d’adré arrive au fur et à mesure du set. La danse s’invite aussi à la partie, juste ce qu’il faut pour un public venu cherché la transe. Plus énergique que ce que laisse penser l’album en tout cas !




Après une certaine heure, les hangars se transforment en dancefloors géants et la soirée part en Jungle ou en électro-core selon les envies de chacun. Oreilles sensibles s’abstenir. On erre de halls en vestibules, de sons en styles…avant d’être rattrapés par le sommeil et la faim. Il est temps de rentrer ! Il y a encore deux jours de Trans !



L’équipe en transe : Rémi Crepeau, St. Ritz & Sara Taleb



13.12.10 16:06:34,
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