La Nuit du Destin
Mercredi 16 septembre, les musulmans du monde entier célébraient la Nuit du Destin (Laylat Al Qadr). L’évocation de cette nuit, célébrée entre le 26 ème et le 27 ème jour du mois de ramadan, apparaît dans la sourate 97 du Coran titrée « La Destinée ». Il y est écrit que cette nuit marque le moment où le Coran est descendu du Ciel vers la terre. Le culte pratiqué en cette nuit serait meilleur que mille mois et elle garantit paix et salut jusqu’à l’aube.
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C’est donc dans cette perspective que l’Institut des Cultures d’Islam a eu l’ingénieuse idée d’inviter cinq confréries soufies pour animer la soirée entièrement consacrée à la Nuit du Destin, la tariqa Alâwiyya, la tariqa Burhaniya, la tariqa Naqshbandia, la tariqa Shâdhiliyya Yashrûtiyya et la tariqa Boutchiciya.
Dans la cour de l’Institut, aux alentours de 21 heures 30, des tapis étaient disposés sur le sol afin que le public déchaussé, prenne place.


Le soufisme est un mouvement spirituel, mystique et ascétique de l’Islam, apparu au VIIIe siècle. A l’origine inscrit dans la tradition sunnite, le mouvement s’est rapidement étendu au courant chiite. Le terme soufi, dont la traduction exacte reste incertaine, renverrait à la Sagesse divine et le soufi serait celui qui possède cette sagesse, cet être parvenu à la réalisation spirituelle totale.
Certains théologiens expliquent ce mouvement par des révélations ésotériques transmises au prophète Mahomet en même temps que le Coran, qu’il n’aurait partagées qu’avec quelques uns de ses compagnons.

Les récitations des versets du Coran et autres prières qui ont suivi, étaient chargées du même mysticisme que celui que l’on perçoit lorsqu’on arrive dans un pays musulman de nuit et qu’on entend l’appel à la prière du muezzin aux alentours de 5 heures du matin. Une voix s’élevait toujours en premier, pour être rejointe par toutes les autres au bout de quelques instants, et ainsi ces quelques quarante voix, féminines et masculines, ne formaient plus qu’une. La célébration convoquait chez le spectateur non seulement l’ouïe mais aussi la vue, une quarantaine de personnes, hommes et femmes, tous vêtus de djellabas blanches.

Sur la scène de la cour de l’Institut, les représentants de chaque confrérie (Shaykh) nous livraient une lecture et une interprétation du sens de cette nuit. Si les soufis tendent à l’intériorisation, à l’amour de Dieu, à la contemplation et à la sagesse, c’est à travers le Djihad – guerre intérieure que l’homme mène contre son égo – qu’ils peuvent prétendre à cette élévation.
Jihane Bensouda



17.09.09 16:34:33,
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