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Comme à son habitude, la communauté des brésiliens
de Paris, s'est décidée au dernier moment à venir soutenir
les deux artistes de Récife en bivouac au Bataclan (haut lieu parisien
du rock & roll)et c'est finalement devant une salle comble que Geraldo Azevedo est entré sur scène.
Pour parler de la prestation du chanteur folk song, il ne fallait pas prononcer
le mot première partie - les organisateurs y tenaient beaucoup -
mais co-vedette ou s'emmêler dans des périphrases. D'ailleurs,
une heure avant le début du concert, la façade du Bataclan
hésitait encore entre afficher le nom Lenine en gros et celui de
Geraldo Azevedo en caractères plus petits dessous ou l'inverse. Finalement
l'affaire s'est soldée par un G. Azevedo accolé à un
Lenine sur une même ligne, le tout en capitale. Et c'est bien à
deux concerts que nous avons assistés. Pendant une heure et demie
Azevedo a tenu les promesses de ses albums live, enchaînant prouesses
guitaristiques et ballades éprouvées, accompagné par
une foule à l'unisson. Le chanteur a remporté un joli succès
et l'on aurait pu craindre que la salle gentiment satisfaite se vide entre
les deux prestations.
Dix minutes plus tard personne n'avait bougé et l'accueil chaleureux
fait à Lenine et à son gang se transforma au bout de deux
titres -magistralement exécutés- en triomphe. Malgré
le chapelet de dates qu'il vient de faire dans toute l'Europe du Nord, Lenine
est en pleine forme. Voix sans faille, guitare joueuse et plaisir évident
de se produire à Paris en compagnie de ses trois joyeux acolytes.
Sur disque, Lenine brasse les styles avec habilité, sur scène
il se joue des extrêmes avec bonheur les ambiances rock, presque grunge,
succèdent aux chansons dépouillés avec autant de grâce
que de groove. C'était un concert impeccable et chaleureux, et Paris
a fait une ovation à un grand artiste fondamentalement brésilien,
totalement moderne et finalement universel.
Benjamin MiNiMuM
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