Susana Baca
Le dernier jour d'un festival a toujours des allures de lendemains de
fête. On s'empresse d'échanger les n° de téléphone
qu'on griffonne sur des bouts de papier en se tapant dans le dos. Et surtout,
on repense aux jours qui viennent de s'écouler, à tous les
moments forts. Il y en a eu beaucoup : Femi, Busi
Mhlongo, Rajery, Néba Solo et Frédéric Galliano,
les gnawas, Susana
Baca... Mille bravos aux Musiques Métisses pour la justesse
de leur programmation. Derrière tout cela, il y a Christian Mousset,
fabuleux découvreur de talents et homme éminemment respecté
des artistes. Merci Christian (heu... Ca ne fait pas un peu remise d'Oscar
ce passage?..)
Nous n'avons qu'un regret : avoir raté l'interview de Dadâa,
une dame de 95 ans. Cette ancienne esclave guide aujourd'hui les Gnawas
Ouled de Marrakech. Il fallait la voir danser le reggae sur la grande
scène avec les Gnawa Diffusion ! Souad Massi voulait l'interviewer
pour Mondomix, Susana Baca rêvait de la serrer dans ses bras...
mais nos rendez-vous se sont ratés.
Sous le grand chapiteau, la nuit latine a débuté avec Magaly
Bernal -chanteuse prometteuse- accompagnée par les 12 musiciens
de Estrella de la Charanga. Puis, gracieuse et bouleversante, est arrivée
Susana Baca. Quand elle chante, elle semble si apaisée qu'une joie
profonde émane d'elle et irradie les spectateurs. Après
un concert sans surprise de Asere (Cuba) et Toto la Monposina (Colombie),
les Orquesta Aragon -vieux routiers de la salsa- ont mis un point final
à cette fiesta bon enfant. Ay ! Que Viva Angoulême !
Magali Bergès |
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. Susana Baca

. Susana Baca
. Mamar Kassey
. Rajery
Spécial dédicace des Musiques Métisses d'Angoulême, Rajery (Madagascar) envoie une carte postale
sonore à son amie la chanteuse comorienne Nawal (avec qui il a travaillé).
Lorsqu'il a entonné cette chanson de Nawal, un grand silence s'est installé
dans la salle de presse et les autres interviews se sont arrêtées.
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Susana Baca
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Orquesta Aragon
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Toto la Monposina
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Au début, le ciel poivre et sel diffuse une facétieuse
pluie gracile dont la menace n'a d'autre but que de souligner le seul point
que n'ont pu dominer les impeccables organisateurs du festival des Musiques
Métisses, les aléas du temps. Mais les dieux sont beaux joueurs
et conscients que les rythmes et les chants qui s'élèvent
leur sont finalement dédiés.
Le vent se lève poussant le pollen à fertiliser les curs
qui vont danser et le soleil déjà l'accompagne.
Angoulême n'est pas le monde, mais lui ressemble. Si les musiciens
qui, la semaine durant, vont nous accorder leurs faveurs viennent principalement
d'Afrique ou des îles (de Cuba à la Guyane) chaque continent
a délégué des citoyens libres et fiers de se rencontrer,
de se métisser.
Il serait vain ici de décrire chaque sentiment qu'ont fait naître
les magiciens qui se sont succédé sur l'une des trois scènes
plantées sur l'île de Bourgines, je ne m'y essayerais donc
pas. Cependant je ne pourrais jamais oublier l'ensorcellement provoqué
par Busi Mhlongo, la douceur de Cesaria Evora, la révolution
transe pacifiste des Gnawa Diffusion, la rêverie engendrée
par la musique éthérée de Rajery, l'envoûtante
rencontre des balafonistes de Néba Solo et des machines de Frédéric
Galliano, l'inépuisable force de Femi Kuti et l'angélisme
de Susana Baca.
Une image me hantera longtemps, celle qu'en témoin privilégiés
mes yeux ont volée en coulisse entre le dernier morceau et le rappel
du formidable concert de Femi Kuti. Sitôt éloignés
des regards des spectateurs, Femi prend son fils dans ses bras, l'installe
à ses côtés sur le bord extérieur de la scène.
Sa femme s'assied à leurs côtés, sa sur face à
eux continue de danser dans l'obscurité du grand chapiteau, Femi
tape dans les mains du petit-fils de Fela qui à peine éveillé
chante et crie sa joie. Les gestes de Femi sont vifs tendres et précis,
de son corps s'élève une fumée magique qui part rejoindre
la clameur du public ivre de bonheur.
Benjamin MiNiMuM
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