Le deuxième jour du Festival a démarré paresseusement. Les arlésiens
sont sans doute épuisés par les festivités précédentes (" Rencontres
Internationales de la photographie "). Toujours est-il que le public
est rare dans les animations, les rencontres de quartiers ou les
scènes en villes. A 19h 30, Rokia Traoré investissait la cour de
l'archevêché avec sa jolie voix et ses jolies chansons. Le public
des " Moments précieux " -nom de ces rendez-vous quotidiens- lui
a fait un bel accueil (les rappels étaient particulièrement réussis).
A 21h 30 la soirée cubaine a débuté au théâtre antique avec Orquesta
Aragon. Vénérable institution (ils existent depuis 1939), ils débarquaient
de 14h d'autocar -puisqu'ils sont en tournée mondiale- et étaient
épuisés. |
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Mais dès qu'ils ont commencé à jouer, ils ont oublié leur fatigue
et se sont donnés sans compter. C'était incroyable de voir ces vieux
routards de la musique afro cubaine jouer avec autant d'enthousiasme,
sans être blasés. A un moment, les techniciens ont été complètement
débordés : les musiciens du groupe ont ramené vers le devant de
la scène les timbales, installant eux même les micros en dansant.
Quelques morceaux plus tard, ils ont invité des filles du public
(et pas les plus moches) à monter sur scène. Le groupe s'est alors
mis à jouer en formation réduite. Et pour cause : plus de la moitié
de l'Orquesta Aragon était en train de danser avec les jolies spectatrices.
Les cubains ont fait un tabac. A 23h 30, les P18 (groupe qui mélange
musique afro cubaine et électronique) sont montés sur scène. Très
vite, les gradins se sont vidés même si quelques spectateurs forcenés
dansaient avec entrain. Les étoiles brillaient sur Arles, comme
si le ciel se préparait aux feux d'artifice du 14 juillet. C'est
à dire demain.
Magali Bergès |