THE NEW TESTAMENT OF THE BLACK WORLD MUSIC BY PROPHET JUJU-MAN


Je milite pour la musique afro-caraïbéenne, pour celle qui est peu connue, et celle qui n'a même pas commencé à se faire connaître : des Sounds Systems de Cartagena (Colombie) en passant par les jeunes rappeurs panaméens, la Punta rock des noirs garifuna du Belize, le Bachata de République Dominicaine, et tant d'autres que je vais decouvrir moi-même sur place. En descendant au sud, c'est le Rapso de Trinidad, puis encore plus au sud vers la Guyane, on trouve les passionnantes musiques inédites de ces authentiques bushmen, nègres marrons.
L'histoire des musiques noires est en train d'être réécrite par ces nouvelles nations qui n'ont pas pu encore s'exprimer. Jusque-là on attribuait tout aux pays les plus connus : Cuba et la Jamaïque. Mais les échanges musicaux entre l'Afrique et l'Amérique ne se sont pas arrêtés, loin de là. Si les premiers échanges se sont faits sous le signe de l'esclavage et de la captivité, ceux de l'ère moderne se font sous le signe de la liberté et de l'identité marronne : la Champeta afro-colombienne est ainsi le premier mouvement musical né de cette liberté moderne de fin de siècle. Les noirs sont toujours au plus bas de l'échelle sociale, mais ils sont libres de faire ce qu'ils veulent dans leurs républiques indépendantes. Et les républiques indépendantes afro-colombiennes, ce sont les Sounds Systems, régis par des lois et des systèmes d'organisation alternatifs. C'est là où crie la liberté afro-colombienne d'aujourd'hui, et où se créent les bases d'un avenir diffèrent dans lequel la culture sera le remède à tant de violence qui ravage ce beau pays qu'on appelle Locombia.

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La musique des Amériques Noires
La musique des Amériques Noires
dossier Marion Provansal et Lucas Silva