SAMEDI 29 MAI
 
  Tout de blanc vêtu, Youssou est un prince de la mélodie
 
 
   
 
Le Concert Spirituel
3'01
 
Youssou N'Dour en répétition
3'19
       
 
     
 
Youssou N'Dour
7'17
 
 
   
 
 
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Dans la vieille ville de Fès ceinte de muraille, dédale de ruelles, la porte est un modèle offert à la pensée.
Franchir le seuil des arches monumentales qui donnent accès à la médina, c’est se projeter dans l’autre réalité d’un monde où l’automobile n’a pas droit de cité. Franchir les lourdes boiseries ouvragées qui signalent l’accès d’un riad dans les hauts murs aveugles renforçant l’étroitesse des venelles, c’est pénétrer dans l’univers intime d’un rêve d’artiste. L’ordonnancement harmonieux des espaces, des cours, des étages frappe autant que la richesse raffinée des mosaïques et arabesques ornant murs et voûtes. Tout ici appelle à l’équilibre, à la mesure, à l’harmonie. Voilà qui fait de Fès une ville spirituelle.


Musée Batha : Le Concert Spirituel dirigé par Hervé Niquet.

France

LECONS DE TENEBRES DE CHARPENTIER

En ce samedi après midi, l’ensemble d’Hervé Niquet, le Concert Spirituel, a donc une place toute naturelle sous les frondaisons touffues du chêne multicentenaire du jardin du Musée Batha. Venu en nombre, le public de mélomanes friands de musiques classiques est traversé des silhouettes décalées de voyageurs de l’excentrique. La spiritualité hippie semble encore résister à la loi des bobos… Les mélodies baroques s’épanouissent à travers la douceur ombragée de l’après-midi. Ici encore, la musique d’Antoine Charpentier ouvre les portes de l’esprit à la contemplation de la mesure inspirée par le Grand Architecte de l’Univers.

Bab Makina : Youssou N'Dour et l'orcestre du caire de Fathy Salamh
Sénégal, Egypte

EGYPTE (MESSAGES DE PAIX)

La nuit venue, une intense effervescence règne aux alentours de Bab Makina. En groupes compacts, les Fassis déambulent le long des remparts cernant la place du concert. Ceux qui ne peuvent pas s’offrir un billet d’entrée profiteront au moins de la musique, mais aussi du message…
Ce n’est pas un hasard si Youssou N’Dour a choisi la ville de Fès pour le lancement de la tournée qui suivra la sortie de son nouvel album, Egypte, dont la pochette est ornée du nom d’Allah en caractères arabes. Le répertoire qu’il nous fait découvrir sur scène est entièrement dédié aux grands Marabouts qui sont à l’origine des confréries musulmanes les plus influentes en Afrique de l’Ouest, et notamment au Sénégal. Or, c’est à Fès que l’un d’eux, Cheikh Tijiane Cherif, a fondé sa confrérie, la Tijianiyya. Ses adeptes viennent en pèlerinage auprès de son mausolée.
L’atmosphère électrique des grandes premières a sur Youssou N’Dour un effet stimulant. C’est un homme de chalenge et celui de convaincre ses auditeurs du message de tolérance contenu dans la religion musulmane, qui est la sienne, est un défi à la hauteur de l’ambassadeur international pour l’Unesco qu’il est aussi. Dans le contexte politique glissant toujours plus loin vers les affres du conflit religieux, Youssou N’Dour a choisi de faire entendre une autre voix. Et quand la sienne s’élève sous la lune, c’est comme s’il frappait à la porte du paradis (pour paraphraser Bob Dylan).

Youssou a pris son temps pour trouver la formule acoustique qui siérait le mieux à sa voix. La conjonction des arrangements pour violons modernes orientaux de l’Égyptien Fathy Salamah avec les sons wolofs des sabars ou mandingues du duo balafon / kora évite tous les pièges du placage plus ou moins forcé. La capacité d’improvisation des virtuoses égyptiens au ney et au oud est proprement phénoménale. Quant aux sabars, ils nous mènent une danse à rebondir jusqu’au plafond d’étoiles. Tout de blanc vêtu, Youssou est un prince de la mélodie. La puissance de son salut au maître de la confrérie des Mourrides, Cheikh Amadou Bamba, n’a d’égal que la beauté du timbre étrangement intact de sa voix. Les huit chansons de l’album ne peuvent nous rassasier de ce bonheur d’écoute que l’on voudrait se prolonger jusqu’au bout de la nuit. Youssou remercie, descend de scène pour aller saluer Viviane Wade, épouse du président sénégalais installée au premier rang, puis offre à Fès un dernier “Tijianiyya”, comme une promesse de se revoir au seuil de la porte…

François Bensignor


L'Equipe de Mondomix en direct de Fès :

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