JEUDI 3 JUIN
 
  Avec la douce autorité de ses 72 ans, l'imposante Mama Africa tour à tour guide et se laisse guider par ses sept musiciens, qu'elle traite affectueusement comme " ses enfants "
 
 
   
 
Tallis Scholars
3'07
 
Miriam Makeba
3'03
 
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Les minarets et les terrasses dévalant des collines surmontées de remparts se découpent dans la clarté sépia de la pleine lune. La douceur de la nuit apaise l'harassante agitation de la médina, alourdie par l'étouffante poussière du grouillement des ruelles. Le silence s'installe avec l'obscurité, propice à la méditation.

Musée Batha : Tallis Scholars
Grande Bretagne

SPLENDEURS A LA CHAPELLE ROYALE DES TUDOR

Du film des journées passées entre petit taxi, thé à la menthe, belles et brèves rencontres, l’esprit essentiellement préoccupé d’artistes et de musiques, la mémoire ne retient que ce qui va nourrir les réflexions futures. Emporté au gré des mélodieuses polyphonies chrétiennes de la Renaissance anglaise interprétées par le Tallis Scholar sous la direction de Peter Phillips, l’esprit s’évade en un parcours rétrospectif. Une semaine s’est écoulée dans le tourbillon du festival et l’on comprend déjà qu’il aurait été vain de vouloir accomplir tout ce que l’on s’était promis de faire. Des Rencontres de Fès, qui ont lieu chaque matin autour du thème “une âme pour la mondialisation”, seuls nous sont parvenus quelques échos. L’intervention commune, mercredi matin, de Leïla Chahid, représentante de l’OLP en France, et de la cinéaste juive Simone Bitton a marqué les esprits par sa pertinence de vue.

Bab Makina : Miriam Makeba
Afrique du Sud

CHANTS TRADITIONNELS ET SPIRITUALS

Le film "Témoins pour la Paix" du cinéaste Abraham Ségal, projeté jeudi après-midi, pousse la réflexion dans ses retranchements les plus intimes. Tourné en situation lors d'un voyage de militants Juifs français dont Stéphane Hessel, il témoigne de ce qui est devenu le no man's land frontaliers entre Israël et les Territoires palestiniens. La question déchirante est posée de l'indispensable engagement des Juifs favorables à l'appel du Bloc de la Paix, Gush Shalom, contre l'effarant engrenage destructif enclenché par le gouvernement d'Ariel Sharon, qui conduit Israéliens et Palestiniens vers une société peut-être pire encore que celle de l'apartheid.

L'apartheid, précisément, est au programme du spectacle de Miriam Makeba. Mais pour fêter les dix ans de son abolition. Celle que l'on a surnommée Mama Africa incarne mieux que jamais trente ans de lutte pour la reconquête de la dignité des Noirs en Afrique du Sud, comme aux Etats-Unis, où son mariage en 1968 avec le dirigeant des Black Panthers, Stokeley Carmichael, mit un terme à une carrière en pleine ascension. De la génération de Mandela, comme lui, elle trouve encore l'énergie pour parcourir le monde avec un message d'espoir à l'adresse des peuples opprimés. Sa seule présence montre que la persévérance finit toujours par payer. Certes, ce ne sont pas les portefaix de la médina, ni les jeunes gens qui s'entassent dans les ateliers d'artisans du cuivre qui sont venus l'applaudir ce soir. Mais le fait qu'elle puisse aujourd'hui saluer depuis la scène l'ambassadeur d'Afrique du Sud venu l'écouter en la personne d'un Noir reste un symbole d'espérance.
Avec la douce autorité de ses 72 ans, l'imposante Mama Africa tour à tour guide et se laisse guider par ses sept musiciens, qu'elle traite affectueusement comme " ses enfants ". Le début de leur show alterne des morceaux inspirés des traditions zoulou ou xhosa et des titres élaborés selon les standards américains de la variété internationale. On leur préfère ceux dont les premiers accords provoquent le fameux effet "madeleine de Proust". Sur "A wimowé, a wimowé.", lancinant refrain d'un de ses premiers tubes sud africains des années 1950 avec les Manathan Brothers, repris en français par Henri Salvador, sa voix gronde telle celle d'une lionne. Sur "Malaïka", elle a perdu la souplesse virtuose de ses jeunes années. Mais sur "Pata Pata", la joie du rythme et de la danse demeure parfaitement intacte. Le public qui en raffole se lève d'un bloc pour une ovation unanime.

François Bensignor


L'Equipe de Mondomix en direct de Fès :

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