Musée
Batha :
Tallis Scholars
Grande Bretagne
SPLENDEURS A LA CHAPELLE
ROYALE DES TUDOR
Du film des journées passées
entre petit taxi, thé à la menthe, belles et
brèves rencontres, l’esprit essentiellement
préoccupé d’artistes et de musiques,
la mémoire ne retient que ce qui va nourrir les réflexions
futures. Emporté au gré des mélodieuses
polyphonies chrétiennes de la Renaissance anglaise
interprétées par le Tallis Scholar sous la
direction de Peter Phillips, l’esprit s’évade
en un parcours rétrospectif. Une semaine s’est écoulée
dans le tourbillon du festival et l’on comprend déjà qu’il
aurait été vain de vouloir accomplir tout ce
que l’on s’était promis de faire. Des
Rencontres de Fès, qui ont lieu chaque matin autour
du thème “une âme pour la mondialisation”,
seuls nous sont parvenus quelques échos. L’intervention
commune, mercredi matin, de Leïla Chahid, représentante
de l’OLP en France, et de la cinéaste juive
Simone Bitton a marqué les esprits par sa pertinence
de vue.
Bab
Makina : Miriam Makeba
Afrique du Sud
CHANTS TRADITIONNELS
ET SPIRITUALS
Le film "Témoins pour la
Paix" du cinéaste Abraham Ségal, projeté jeudi
après-midi, pousse la réflexion dans ses retranchements les
plus intimes. Tourné en situation lors d'un voyage de militants
Juifs français dont Stéphane Hessel, il témoigne de ce qui
est devenu le no man's land frontaliers entre Israël et les
Territoires palestiniens.
La question déchirante est posée
de l'indispensable engagement des Juifs favorables à l'appel
du Bloc de la Paix, Gush Shalom, contre l'effarant engrenage
destructif enclenché par le gouvernement d'Ariel Sharon,
qui conduit Israéliens et Palestiniens vers une société peut-être
pire encore que celle de l'apartheid.
L'apartheid, précisément, est au programme du spectacle de
Miriam
Makeba. Mais pour fêter les dix ans de son abolition.
Celle que l'on a surnommée Mama Africa incarne mieux que jamais
trente ans de lutte pour la reconquête de la dignité des Noirs
en Afrique du Sud, comme aux Etats-Unis, où son mariage en
1968 avec le dirigeant des Black Panthers, Stokeley Carmichael,
mit un terme à une carrière en pleine ascension. De la génération
de Mandela, comme lui, elle trouve encore l'énergie pour parcourir
le monde avec un message d'espoir à l'adresse des peuples
opprimés. Sa seule présence montre que la persévérance finit
toujours par payer. Certes, ce ne sont pas les portefaix de
la médina, ni les jeunes gens qui s'entassent dans les ateliers
d'artisans du cuivre qui sont venus l'applaudir ce soir. Mais
le fait qu'elle puisse aujourd'hui saluer depuis la scène
l'ambassadeur d'Afrique du Sud venu l'écouter en la personne
d'un Noir reste un symbole d'espérance.
Avec
la douce autorité de ses 72 ans, l'imposante Mama Africa tour à tour guide
et se laisse guider par ses sept musiciens, qu'elle traite affectueusement comme " ses
enfants ". Le début de leur show alterne des morceaux inspirés des traditions
zoulou ou xhosa et des titres élaborés selon les standards américains de la variété internationale.
On leur préfère ceux dont les premiers accords provoquent le fameux effet "madeleine
de Proust". Sur "A wimowé, a wimowé.", lancinant refrain d'un de ses premiers
tubes sud africains des années 1950 avec les Manathan Brothers, repris en français
par Henri Salvador, sa voix gronde telle celle d'une lionne. Sur "Malaïka", elle
a perdu la souplesse virtuose de ses jeunes années. Mais sur "Pata Pata", la
joie du rythme et de la danse demeure parfaitement intacte. Le public qui en
raffole se lève d'un bloc pour une ovation unanime.
François
Bensignor
L'Equipe de Mondomix en direct de Fès :
Marc Benaïche, Réalisation
multimédia & Production
François Bensignor, Textes & Interviews
Arnaud Cabanne, Réalisation vidéo
et son
Janine Langlois-Glandier, Associée
Catherine Zbinden, Coordination & Production
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