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  Photo du festival de Fès
Edito du festival de Fès
En direct du festival de Fès des musiques sacrées du monde
 
Photo du festival de Fès
Danseur accompagnant l'Ensemble des femmes Tartit au Musée Batha.

Question d’essence

Que reste-t-il des peuples disparus ? Quelques ossements entre deux couches sédimentaires, des pointes de flèches, des pièces de bronze, des formes anthropiques aux parois des cavernes…

Mais que nous disent ces vestiges de la culture de ceux dont ils sont les témoins ? Si aucune science ne décrit la parade amoureuse d’il y a cinq ou dix milles ans, cette connaissance est contenue dans la musique et dans la danse.

Telle est l’essence de l’art au cœur des traditions : fournir aux sociétés un vecteur pour transmettre, par-delà la mémoire des générations, ce qui fonde les mœurs des civilisations, donnant sens aux rituels de la vie.

Tartit

Inexorablement confrontés à la survie de leur mode d’existence, les jeunes Tamasheks du groupe Tartit ont trouvé dans les musiques du monde un médium culturel adapté à la perpétuation des valeurs de leur société. L’impact de la danse qui figure l’envol d’une troupe de gazelles prend une force décuplée quand le danseur enchaîne un mouvement qui rivalise, par sa dextérité tranchante, avec une figure chère aux breakers hip-hop. Empoignant sa guitare électrique, le musicien danseur épouse dans la foulée le rythme lancinant du tambour tindé que jouent seulement les femmes. Qu’elle se passe à New York, Bamako ou dans un camp de réfugiés aux franges du désert, cette scène figure, pour les enfants de nomades urbanisés, le lien avec la vie de campement que menaient leurs parents. Elle porte aussi les clés permettant aux publics du monde de saisir, en ce moment intense, l’essence vive d’une culture menacée de disparition.

Panti Pusaka Budaya

Ombrelles blanches qui se découpent sur la muraille. Son cristallin du gong kebyar que se renvoie l’écho. Délicatesse des costumes, précision du jeu des yeux, mouvement subtil de l’annulaire frémissant comme l’aile du papillon. Tous ces détails exquis de la danse balinaise auraient été mieux servis dans un lieu plus intime. Les caméras de Mondomix corrigent heureusement cet effet de lointain… Goûtant le privilège des premiers rangs, tout loisir nous était offert de savourer l’émerveillement. Le répertoire présenté par l’ensemble d’I Made Djimat est une synthèse des formes principales de la chorégraphie balinaise. Un choix judicieux permettant d’apprécier les scènes inspirées de la tradition hindouiste sans être familier des codes de la danse.

Le jeu de masques, en clôture de spectacle, donnait à I Made Djimat — fils du célèbre I Made Mario, qui fit connaître à Antonin Artaud la danse balinaise, précise le programme — toute la mesure de son talent et notamment celui de clown. Masque blanc de vieillard à longue chevelure blanche, masque de serviteur au chapeau rouge et or, masque de courtisane, de commerçant hindou ou de singe parlant, il enchaîne les rôles en chantant à tue tête, interpelle la foule, lui lance des baisers, tousse, caresse sa moustache… L’essence du comique émane de cet homme à la faconde truculente, et son jeu le transmet par les zygomatiques.

François Bensignor
  Vidéo du festival de Fès
  Interview et concert de l'Ensemble des femmes Tartit...

  Vidéo du festival de Fès
  Interview et images de la soirée consacrée à la danse traditionnelle de Bali avec Panti Pusaka Budaya....

 
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