Mali Pop
Retour sur la carrière d'Amadou et Mariam à l'occasion de la sortie de "Welcome to Mali". Ils seront au studio 104 de France Inter pour un live à ne pas manquer, retransmis en direct sur les ondes d'Inter le lundi 1er décembre à 21 heures.
Rencontre avec Amadou et Mariam à l'occasion de la sortie de leur nouvel album, "Welcome to Mali". Naïfs Amadou et Mariam ? Pas si sûrs, leur message est très clair : tout le monde est le bienvenue au Mali. A bon entendeur...
Welcome to Mali
Amadou et Mariam ne laissent pas indifférents. Leur approche moderniste de la musique africaine agace les puristes mais enthousiasme les amoureux de rythmes afro rock « uptodate ». Leurs refrains d'amour simples et directs insupportent les amateurs de chansons à texte, mais délivrent un message clair et positif en direction de leurs concitoyens. Leur succès les rend suspect aux yeux des intellectuels de l'africanité et réjouit les africains pour qui leur popularité est un signe d'espoir. Encore plus qu'avec leur précédent album produit par Manu Chao, ce « Welcome To Mali » s'adresse davantage aux amateurs de pop internationale de qualité qu’aux aficionados de musiques roots.
Le couple le plus célèbre du Mali reçoit ici l’appui de quelques membres des plus en vue de la musique populaire actuelle. En démarrage le talentueux touche à tout afro sensible british, Damon Albarn (Blur, Gorillaz), leur offre la production du tube « Sabali » qui s’inscrit dans la vague de revival electro 80. Il s’amuse encore avec eux le temps d’un « Ce n’est pas bon » dont le texte mitraille naïvement en direction des politiques. Plus loin c’est le guitar hero M qui produit « Masiteladi » à coup de riffs acérés et de ligne de chant efficace. Trois visiteurs de la funk planet apportent leur contribution : le « Prince » français Juan Rozoff apporte un contrepoint chaloupant sur « Je te kiffe », le rappeur canadien d’origine somalienne Knaan lâche son flow sur « Africa » et le nigérian le plus aimé des usagers du métro parisien, Keziah Jones, colore de blufunk « Unissons nous ». Quelques minutes de silence après le dernier titre, c’est Tiken Jah qui vient narrer l’histoire de ses ancêtres Fakoly, constructeurs de l’empire mandingue. Malgré ce luxuriant casting, « Welcome to Mali » garde le cap grâce au travail soigné de Laurent Jaïs et Marc Antoine Moreau leurs fidèles producteurs qui ont veillé à ce que le groove et la fraîcheur inaltérable du duo ne se noient (parfois de justesse) dans un effet catalogue de featurings branchés et d’effets spéciaux de saison.
A l’arrivée les boucles electro disco, les clins d’œil aux sons vintage (des années 60 à nos jours), réussissent l’harmonie avec la kora (celle de Toumani Diabaté), le kamélé n’goni (guitare des jeunes), le violon à une corde ou du classique trio basse batterie, guitare. Tout finalement concoure à appuyer ce qu’Amadou et Mariam ont toujours fait de mieux : un rythm n’ blues africain décomplexé, amoureux et euphorique. Et l’on ne se plaindra pas qu’ils veuillent partager avec nous leur bonheur.