Les faits
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26-29 novembre 2008 : le « 11 septembre » indien Après plus de 3 jours de terreur, le bilan des attentats de Bombay (Mumbai) est lourd : au moins 172 morts et près de 300 blessés, sans compter le choc moral, économique et touristique qui n’a pas fini de toucher l’ensemble de l’Inde. Ce que l’on appelle déjà le 11 septembre indien, fait suite à une série d’actes terroristes de plus en plus fréquents en Inde, visant directement les symboles les lieux de vies et de libertés. Des cibles de choix Les lieux attaqués étaient pour la plupart stratégiques, ciblant manifestement les étrangers et les symboles de la réussite économique et culturelle de l’élite indienne. Le Taj Mahal Palace en est bien sûr l’un des meilleurs exemples, d’autant plus qu’il appartient à l’industriel Ratan Tata, issu de l’une des plus riches et célèbres familles d’entrepreneurs indiens. La gare Chhatrapi Shivaji (ex-gare Victoria) est elle inscrite au patrimoine de l’UNESCO comme « symbole de Mumbai en tant que principale ville portuaire de commerce du sous-continent indien dans le Commonwealth britannique » (site de l’UNESCO). Inde-Pakistan Le monde est à présent à l’affût de l’évolution des relations indo-pakistanaises qui s’étaient nettement améliorées ces derniers mois. L’Inde a, dès le premier jour des attaques, pointé son voisin du doigt et l’accuse depuis longtemps de soutenir secrètement les groupes armés du Cachemire, tels Lashkar-e-Taiba, principale organisation suspectée à l’heure actuelle. Certains membres du gouvernement indien menacent de suspendre le processus de paix qui a débuté entre les deux pays en 2004, ne voulant pas laisser passer le massacre sans réagir. Le président pakistanais Asif Ali Zardari, après avoir démenti toute implication, a proposé son aide pour l’enquête et enjoint à ne pas se laisser prendre par la folie des événements et jouer ainsi le jeu des terroristes. En dehors des hautes sphères politiques, si l’Inde est réputée pour sa tolérance envers les multiples religions qui la composent, un envenimement des relations entre communautés hindoues et musulmanes est à craindre. En effet, leur cohabitation ne se fait pas sans heurts au quotidien, même si elles se sont grandement améliorées en regard des carnages qui ont eu lieu lors de l’indépendance de l’Inde en 1947. L’une des revendications de Lashkar-e-Taiba concerne le statut des musulmans dans la société indienne et la discrimination dont ils font régulièrement l’objet. L’Inde face au terrorisme et à ses contradictions Enfin, il ne faut pas oublier qu’un terrorisme hindou émerge petit à petit. De récentes enquêtes ont permis d’identifier les responsables de différents attentats, dont certains sont hauts-placés dans la sphère religieuse. Ces attaques n’avaient pas forcément été revendiquées et ont souvent été attribuées trop hâtivement aux islamistes. Quelque soit la religion ou l’idéologie dont émanent de tels actes de barbarie, ils ont de tous temps et en tous lieux été synonymes d’atteinte à la dignité et à la liberté de l’homme. Aujourd’hui, fière d’une croissance économique fulgurante, riche d’une multitude de cultures millénaires attirant des milliers de touristes en quête de beauté et de spiritualité, la plus grande démocratie du monde est le théâtre quotidien d’horreurs inconcevables et d’apparence archaïque qui pourraient la déstabiliser en profondeur. Laure Guyot
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