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Version complète: Crise des festivals : José Bel de Fiest'a Sète
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Comme chaque année dans son numéro d'été Mondomix va consacrer une partie de son éditorial aux festivals de musiques du monde. Ayant conscience que la conjoncture sociale et politique rend l'aboutissement de ces entreprises de plus en plus complexe, nous pensons qu'il est temps de vous donner la parole pour exprimer ces difficultés, mais peut-être aussi celui d'affirmer votre singularité, garant du dynamisme de notre filière

Interview de José Bel du Festival Fiest'a Sète, du 25 juillet au 8 août 2008 par Benjamin Minimum pour Mondomix.

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Au delà des choix esthétiques, quelles valeurs défendez-vous à travers votre festival ?

L'ouverture au monde, la découverte et de rencontre des cultures à travers la musique. Des valeurs à l’image de Sète, cité portuaire ouverte sur la mer. Concrètement nous nous attachons à rester centré sur notre identité de festival de musiques du monde avec une programmation thématique par soirée autour d’une double formation (voir triple avec des afters) sur un pays, un style musical ou encore la rencontre d’artistes.
Nous travaillons à faire connaître les musiques d’ailleurs, les musiques qui viennent de cultures bien différentes de notre monde occidental : l’Afrique, l’Amérique Latine, les musiques tziganes… Globalement ce sont plutôt des musiques du sud qui nous concernent, musique qui au départ du concept « musiques du monde » étaient hors du champ des musiques occidentales, en gros sous influence anglo-saxonne. Ces musiques au fort contenu culturel sont porteuses de valeurs humanistes et éloignées des impératifs consuméristes de notre société.

Tous les ans nous explorons de nouveau de nouveau territoires comme l’Ethiopie cette année. Notre programmation met à l’honneur aussi bien des artistes de renommée internationale mais surtout de nombreux jeunes talents et découvertes, et nous proposons tous les ans des soirées uniques et exclusives créées pour le festival (soirée Soul & Funk Revue cette année). Grâce à des escales musicales dans différents villages autour de Sète, port d’attache du festival, nous avons aussi développé la rencontre de ces musiques avec différents publics sur différents territoires où ce type d’offre culturelle est trop peu présent.
Jusqu’à quelle point se public adhère à ces valeurs ?

La progression constante du festival depuis plus de 11 ans en terme notamment de fréquentation et de rayonnement national nous amène à penser que l’adhésion du public est importante. Le développement des concerts dans les villages autour de Sète et dans les différents quartiers de la ville en plus de la semaine au Théâtre de la Mer, et le succès rencontré par ces différentes manifestations nous conforte dans cette idée.

En parallèle du festival, nous avons développé de nombreuses rencontres musicales avec des professionnels (musicologue, auteur, journaliste…) qui permettent d’explorer un courant musical (son histoire, ses valeurs) présenté pendant le festival. Là aussi, le succès croissant de ces rendez-vous souligne l’intérêt et l’adhésion du public.
Votre public est il composé de communautés distinctes. Si oui, lesquelles et comment en tenez-vous compte ?

Comme beaucoup de festival, par manque de moyens, nous n’avons pu réellement faire une étude complète de nos publics pour disposer de ce type de données. On constate, selon les lieux des concerts, mais aussi selon la thématique musicale, que la présence de certaines communautés est plus ou moins importante. Pour les soirées dans les quartiers dit « zone urbaine sensible » avec une population d’origine étrangère importante, le public est d’autant plus varié. Pareil pour des soirées thématiques à forte identité, telle que le flamenco, il semblerait que la communauté hispanique soit plus présente.
Quelle importance accordez-vous à la présentation des musiques ?

Il est très important pour nous de présenter la richesse des musiques que nous mettons à l’honneur pendant le festival. C’est pour cela que nous avons développé des rencontres musicales avec des spécialistes des musiques en amont et pendant le festival, avant les concerts. Nous offrons au public une brochure qui donne le maximum d’informations culturelles sur la thématique de chaque soirée. De plus une présentation orale se fait avant chaque concert par des journalistes, musicologue ou par le directeur artistique du festival.
Au delà de la musique quelle est l’importance des autres formes d’expression dans votre festival ?

Depuis ses origines le festival est très lié aux arts plastiques puisque la ville de Sète est riche dans ce secteur (les Frères Di Rosa , Combas, réalisateurs des premières affiches du festival). Et donc chaque année nous avons un travail spécifique avec un artiste pour réaliser l’affiche de l’édition en cours. Nous proposons en plus toute une série d'expositions pendant le festival, ainsi que tout au long de l’année.
Quelles idées nouvelles aimeriez vous développer ?

Vu le jeune âge du festival, nous nous concentrons à maintenir notre formule : le choix de programmation thématique par soirée axé sur les musiques du monde, ainsi que la création de soirées uniques autour d’un thème. Cela va à l’encontre de la tendance actuelle qui va plutôt vers l’éparpillement musical, et des programmations que l’on pourrait qualifier de « macédoine ». Mais cela implique beaucoup plus de travail et une grosse prise de risque financière.
Quelles sont les plus fortes difficultés rencontrées dans votre organisation ?

La taille plus que réduite de notre structure (1 seul permanent à l’année), et les exigences administratives de plus en plus complexes, nous posent des problèmes dans tous ces secteurs.
Par ailleurs, vu le taux d’autofinancement de notre structure ( 80 %) le bouclage des budgets est toujours plus qu’incertain.
Est il aujourd’hui plus difficile de faire vivre votre projet que quand vous avez démarrez ?

Il semblerait que ce soit plus difficile car notre région connaît une inflation de manifestations proches des musiques du monde sur un territoire réduit et sur la période de l’été.
Quelles pourraient être les alternatives à votre fonctionnement actuel ?

L’inflation des coûts et budgets artistiques notamment, face à la stagnation des aides des collectivités publiques n’est pas simple à gérer et si l’on devait connaître une baisse de fréquentation, nous serions automatiquement amené à revoir notre projet.

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