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Version complète: La crise des festival : Jérôme Gallabert du Sakifo Musik festival (Ile de laRéunion)
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Comme chaque année dans son numéro d'été Mondomix va consacrer une partie de son éditorial aux festivals de musiques du monde. Ayant conscience que la conjoncture sociale et politique rend l'aboutissement de ces entreprises de plus en plus complexe, nous pensons qu'il est temps de vous donner la parole pour exprimer ces difficultés, mais peut-être aussi celui d'affirmer votre singularité, garant du dynamisme de notre filière

Interview de Jérôme Gallabert du Sakifo Musik Festival (6-10 août 2008) par Benjamin Minimum pour Mondomix.

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Au delà des choix esthétiques, quelles valeurs défendez-vous à travers votre festival ?

« Avancer, suivre son instinct, avec conviction défendre ses idées, rester libre, honnête, ouvert, et partager », c’est ainsi que débute le texte de présentation de l’édition 2008 du festival.
Comment cela se traduit-il concrètement ?

Nous essayons de proposer une programmation éclectique, avec une diversité de genres musicaux et des artistes d’origines multiples, en laissant une belle place aux groupes « en développement » comme l’atteste notre participation au programme « Détours ».
Jusqu’à quel point votre public adhère à ces valeurs ?

La fréquentation du festival a été en constante augmentation depuis 2004, et l’on a pu constater que le public nous fait confiance et se prête volontiers au jeu de la découverte.
Votre public est il composé de communautés distinctes, si oui, lesquelles et comment en tenez vous compte ?

L’Ile de la Réunion est un « patchwork » de population diverses, c’est une île très métissée ; notre programmation est donc à l’image de l’océan Indien avec des artistes venant d’Afrique, d’Inde, d’Australie, de Madagascar, de l’Ile Maurice. Nous tenons compte également de la condition sociale de certains habitants de l’île à travers la possibilité d’assister à des concerts gratuits
Au delà de la musique quelle est l'importance des autres formes d'expressions dans votre festival?

Nous avons créé cette année une scène gratuite dédiée au Slam.
Un de nos partenaires proposera des animations sur son stand, avec notamment l’organisation de battles de danse hip-hop, l’exposition d’une fresque géante de photos prises en direct, et des matchs d’improvisation ayant pour sujet la musique.
Quelles idées nouvelles aimeriez-vous développer?

Nous créons cette année le Sakifo Maurice, initiant une démarche d’« exportation » du festival dans d’autres pays de la zone océan Indien, afin de mutualiser les coûts en faisant bénéficier les pays voisins de la venue d’artistes internationaux.

Après la création « Natiebumcello » en 2007, nous continuons à favoriser les rencontres entre artistes réunionnais et extérieurs au travers de créations (résidence Lo’JoLo Griyo « Bazar Kréol » en 2008).
Recherche de subventions, bouclage des budgets, obtention de visas pour les artistes programmés, quelles sont les plus fortes difficultés rencontrées dans l'organisation de votre manifestation?

Le Sakifo bénéficie de peu de subventions publiques (moins de 15% du budget). Nous sommes donc dans l’obligation de nous appuyer sur des partenaires privés, et sommes tributaires des recettes de billetterie.

Pour ce qui est des visas, nous sommes dans une situation particulière : la Réunion étant située hors de l’espace Schengen, les visas accordés pour la France ne sont pas valables. Les tourneurs et nous même devons donc demander des autorisations de travail afin d’obtenir des visas avec extension Schengen, et pour cela fournir une quinzaine de documents pour chaque groupe.
Est-il aujourd'hui plus difficile de faire vivre votre projet que lorsque vous avez démarré? Et si oui en quoi?

Le budget est de plus en plus difficile à boucler du fait de l’augmentation des tarifs des billets d’avion, de l’hébergement, et de la difficulté de pérenniser les partenariats, malgré la notoriété et le succès d’estime grandissants dont bénéficie le festival. Et puis nous sommes dans une perpétuelle remise en question, avec le désir d’améliorer le festival d’année en année aussi bien du point de vue de l’organisation, que de la programmation, en proposant plus de concerts et un nouveau festival dans l’île voisine.
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